Le sens qu’il faut lui donner, c’est que Medialter est bien à l’image du Français moyen, persuadé qu’il est plus noble de garder les mains propres à ne rien faire, en théorisant cet état par-dessus le marché, que de se salir les mains en s’activant dans le monde réel (où l’on ne peut rien faire, bien entendu, parce que les juifs, parce que les illuminatis, etc.).
Medialter s’excuse en disant "je n’ai rien à vendre". Je suis un saint, un intouchable, le vil argent n’a aucune prise sur moi. Il ne comprend même pas le caractère égoïste et narcissique de son propos. Multipliez cet attitude à l’échelle d’un pays et vous expliquez déjà un bon nombre de nos difficultés, sans avoir recours aux Juifs ou aux Américains. "Je n’ai rien à vendre", "C’est pas de ma faute", "pas mes histoires", etc... ou comment transformer l’inaction en vertu.
Voltaire fustigeait déjà cet état d’esprit au XVIIIème siècle, caractéristique de l’aristocratie oisive et courtisane, qui passait son temps à persifler les bourgeois et les roturiers qui prétendaient trouver une dignité dans les commerces les plus ingrats : on sait comment cela s’est terminé.
Pauvre type... c’est à cause des cyniques et des frustrés dans votre genre que nous en sommes arrivés là. Pire que les méchants, il y a les médiocres qui ne font rien à part passer leur temps à couvrir d’ironie et de sarcasmes ceux qui tentent de défendre leurs valeurs. Triste conséquence, aussi, d’un cartésianisme dévoyé qui amène rapidement les Français à choisir l’état de commentateur et de râleur, au bistrot ou sur internet, plutôt que n’importe quel autre métier...
Nos chères zélites adorées se décomposent littéralement de honte face à la "générosité" des Allemands. Mon Dieu ! Le pays des Droits de l’Homme, en-dessous de tout, humilié par sa population intolérante qui résiste aux injonctions humanitaires de la "société du spectacle" et tend l’oreille aux sirènes "populistes" du repli-sur-soi (nouveau nom indien du Français, le "Repli-Sur-Soi").
La situation actuelle vient rappeler cruellement à nos socialos démagogues qu’il existe un lien entre le degré d’organisation et le succès économique d’un pays et la mentalité, voire la moralité, de sa population. Les droits de l’homme ne flottent pas avec les grands esprits (acteurs, profs de science po, etc.) dans le ciel éthéré des "valeurs", mais sont étroitement liées - comme le savaient d’ailleurs les Lumières - à l’abondance matérielle d’une société et au bien-être de ses citoyens.
Or, "le pays des droits de l’homme" ne fait plus illusion - même plus auprès des immigrés - avec ses 5 ou 6 millions de chômeurs réels, ses problèmes sécuritaires, ses 10 millions de pauvres, ses déficits en pagaille, ses salariés précarisés, sa crise structurelle, ses conflits communautaires assourdis à coups d’aides sociales et plus gravement son absence de tout projet collectif autre que la République, la République, la République.
Etant donné qu’on ne peut même plus avoir une agriculture "compétitive", je suppose qu’on nous donnera bientôt à bouffer des lois, des droits et des institutions.
"supérieur" est peut-être un mot excessif ou inapproprié, mais on entre dans la sémantique. Il est simplement important de rappeler que Tocqueville était démocrate, et qu’on ne peut pas le présenter (même subtilement) comme un adversaire de la démocratie sous prétexte qu’il en percevait les dérives ou effets pervers potentiels.