@Zatara "La bureaucratie serait alors un symptôme tardif, qui gonflerait de manière Kafkaïenne que parce qu’il subsisterait les cicatrices de ces "manœuvres" individuels, s’entassant les unes après les autres, sans que personne ne vienne y remettre de l’ordre..."
Il y a sans doute de ça. Et en même temps, comme c’est souvent le cas dans les processus morbides, il est difficile de trouver une unique cause première (la "source du mal"). La bureaucratie produit de l’abstraction, de la tyrannie, de l’irresponsabilité et de la frustration. Qui à leur tour reproduisent évidemment de la bureaucratie. Mais comment savoir qui a été le premier bureaucrate de l’humanité ? Le plus important est de savoir comment on en sort. Par l’action concrète, libre, responsable et enthousiaste.
Voilà, une bureaucratie capitaliste, dont l’administration bancaire est un des pires exemples. Alors qu’au début, le terme désignait un appareil administratif lié à l’Etat Chinois et à l’URSS, on trouve aujourd’hui de nombreux exemples de ce totalitarisme absurde dans le privé. C’est là aussi qu’on voit à nouveau combien la dualité droite-gauche est une diversion dans les débats et à quel point elle passe à côté de l’essentiel.
@Le Celte Je crois que c’est encore plus grave que d’être transformé en fourmilière, parce que la fourmilière est une organisation très efficace (même si ce n’est guère un idéal humain) dans laquelle un bureaucrate servirait de repas aux ouvrières actives ou aux larves. Déjà dans une ferme ou un atelier de mécanique, que ferait-on d’un bureaucrate ? Alors dans une fourmilière !! A table, les soeurs, yabon la protéine !! Skronch, skronch...
@Zatara Oui et il y a aussi la notion d’abstraction qui est essentielle dans le "bureaucratisme". Parce que lorsque le travail est concret, on peut toujours se référer à une certaine réalité pour valider ou invalider un geste, une méthode, un effort. Et alors la réalité est supérieure à tout, c’est elle qui sanctionne, c’est le critère de référence (un moteur démarre ou ne démarre pas, par exemple). En l’absence de cette réalité concrète, un "petit chef" peut vous tyranniser infiniment en vous ordonnant de refaire ce que vous pensez avoir déjà bien fait, et sans vous donner le critère du "bien fait", ou en vous donnant des informations contradictoires qui changeront de semaines en semaines.
J’ai deux copains d’enfance qui sont passés par une école (pour adultes) où certains prof se comportaient ainsi de manière systématique avec les étudiants. Les exercices étaient toujours critiqués d’une manière vague et fumeuse mais aucune véritable correction n’était apportée, de sorte que les étudiants étaient constamment humiliés et frustrés sans pouvoir progresser ni même savoir ce qui leur était demandé. Au bout d’un moment, mes amis sont partis, en fait dès qu’ils se sont rendu compte que ces profs étaient eux-mêmes incapables de faire quoi que ce soit de concret dans la discipline qu’ils prétendaient enseigner. Les mauvais profs utilisaient du blabla pour cacher leur nullité et comme ils étaient mal à l’aise (ayant peur d’être démasqués) ils tentaient de se créer une aura mystérieuse et une sorte d’inaccessibilité en étant abscons et sadiques. Ca marchait avec les plus faibles, certains développant même une sorte de consentement masochiste à l’humiliation permanente au contact de ces tyrans capricieux. Ce sont d’ailleurs ces faibles qui ont eu leur diplôme, en apprenant sans le savoir à devenir eux-mêmes des pervers manipulateurs et des tarés nuisibles, tout en restant fondamentalement incompétents professionnellement, bien entendu. Mes amis ont quant à eux accompli leurs projets par d’autres voies et sont aujourd’hui reconnus pour leurs compétences pratiques.
@Zatara "Je ne vois pas la bureaucratie recouvrir la réalité financière...pour moi, c’est autre chose... mais pourquoi pas.".
Cela peut en effet se discuter. Le concept de bureaucratie est encore assez jeune et sa définition n’est pas totalement fixée. "Hannah Arendt conçoit la bureaucratie comme le pouvoir « d’un système complexe de bureaux où ni un seul, ni les meilleurs, ni le petit nombre, ni la majorité, personne ne peut être tenu pour responsable, et que l’on peut justement qualifier de règne de l’Anonyme ». Dans ce cadre, la bureaucratie ne permet pas de contrôle et met en place une « conspiration involontaire » qui peut exécuter des actes qu’aucun individu n’appuierait, mais dans lesquels tous sont finalement complices : « dans une bureaucratie pleinement développée, il ne reste plus personne avec qui l’on puisse discuter, à qui l’on puisse présenter des griefs, sur qui les pressions du pouvoir pourraient être exercées »" (Wiki) Cette définition cadre assez bien avec le monde de la finance.