@maQiavel Tout d’abord, notons que cette discussion commencée le 2 juillet à 18h 41mn, et que vous avez vous-même orientée vers la question du débat GD, porte dès le départ sur le thème de la contradiction. Je dis ça juste pour resituer le débat.
Ensuite il me semble qu’il y a peut-être un piste pour comprendre pourquoi on ne se comprend pas.
1. Ce qui m’importe à moi, c’est de savoir si le logiciel GD peut être utilisé pour présenter un véritable projet politique innovant à la population, sans malentendu. Je réponds NON à cette question : car je pense, d’ailleurs comme Michéa (dans l’entretien plus haut), Chouard, Asselineau et bien d’autres, qu’il faut proposer et soutenir des initiatives concrètes en dépassant le clivage GD. Contestez-vous ce dernier point (et donc contestez-vous Michéa à cet endroit ?)
2. Je crois comprendre que de votre côté vous estimez que le logiciel GD, bien qu’il faille le réactualiser, reste opérationnel pour étudier la société française et en discuter entre passionnée de sociologie. Je n’ai rien de spécial à opposer à ça, j’y suis seulement indifférent. Je n’y participerai pas moi-même, mais cela ne me dérange pas que des gens trouvent une satisfaction intellectuelle dans cette approche.
3. Les contradictions (nous y voilà !) apparaissent quand on superpose 1 et 2 sans s’en rendre compte. Pourquoi ? Parce que si on se situe sur le terrain de l’efficacité en termes de démocratie, il faut que le peuple puisse utiliser aisément le logiciel qu’on lui propose et non qu’il soit seulement compréhensible par des experts en sociologie ou en histoire politique. Il n’est pas question dans ce cas de dire que le peuple peut avoir une compréhension superficielle des cornichons ou des Inuits, enfin, de "la gauche" et de "la droite".
"Ce qui n’est pas clair du tout chez le respectable Michéa - comme chez tous les intellectuels "purs" - c’est comment il instancierait concrètement son projet démocratique. En termes d’institutions, de process, tout ça...
Car c’est quand on rentre dans ce genre de considérations précises et concrètes, au delà des déclarations générales donc, que commencent les vraies difficultés et les plus difficiles défis "intellectuels", et les vrais problèmes et risques aussi."
Je suis d’accord. Je ne trouve même rien à ajouter.
"Par exemple, vous arrivez à me faire dire que la gauche est essentiellement libérale. Je me demande bien d’où ça sort. "
Ca sort exactement de votre propos : "la gauche ultralibérale est celle qui est la plus cohérente avec elle-même."
Si la gauche ultralibérale est celle qui est la plus cohérente avec elle-même, cela signifie qu’elle est en accord avec son essence qui est d’être libérale (et même ultra-libérale). Cela ne vous semble pas couler de source ? Maintenant, si c’est le "essentiellement" qui vous tracasse, je m’en fous, on peut le retirer, il n’a aucune importance formelle. Vous pouvez le remplacer par "fondamentalement libérale", ou bien par "par nature libérale" ou bien par "programmée dès le départ pour être libérale" ou bien il suffit de reprendre votre citation exacte : la gauche ultralibérale est celle qui est la plus cohérente avec elle-même.
Et puisqu’il est question de Michéa, rappelons qu’il propose une sortie du capitalisme financier fondée sur une véritable démocratie... passant par un dépassement du clivage gauche/droite. Ce qui est parfaitement clair en conclusion de cet entretien.