@maQiavel "La droite au contraire a tendance à conserver des structures anciennes menacées de destruction par le mouvement de la modernité."
Mais dans ce cas, votre "droite" ne peut en aucun cas inclure le fascisme, mouvement moderne par excellence, dont la forme esthétique était le futurisme, "Le fascisme, en s’appuyant sur ces nouvelles formes de la modernité picturale, montre son désir de provoquer une rupture avec le passé, mais aussi sa fascination pour la technique et la vitesse." Le futurisme avait pour meneur un Marinetti déclarant que les villes devaient être rasées et reconstruites tous les 10 ou 20 ans afin que rien d’ancien ne soit conservé (je cite en substance et de mémoire). On est loin du conservatisme.
Votre droite définie comme "tendance à conserver des structures anciennes menacées de destruction par le mouvement de la modernité" ne peut pas non plus inclure l’objectivisme d’Ayn Rand, dont l’oeuvre est pourtant considérée comme l’emblème de l’individualisme américain triomphant le plus radical. Et, du coup, faudrait-il placer Ayn Rand qui n’est guère conservatrice et même esthétiquement assez proche du futurisme... à votre gauche ?? https://fr.wikipedia.org/wiki/Objectivisme_(Ayn_Rand)
Ces catégories de "gauche" et de "droite" n’ont donc manifestement aucune cohérence constante, ce sont de mauvais emballages avec des contours conceptuels emmêlés qui aboutissent à des absurdités et des contradictions. Tandis que parler d’opposition collectivisme/individualisme ou de progressisme/conservatisme, c’est clair et cohérent. Seulement voilà : on peut par exemple être à la fois progressiste et collectiviste (Lénine) tout comme on peut être à la fois progressiste et individualiste (Ayn Rand). Et les deux grosses couilles du coq français "gauche/droite" ne permettent pas de nommer cette réalité.
@maQiavel Donc, il y a une tendance progressiste d’un côté et une tendance conservatrice de l’autre. Je trouve ça bien plus clair si on le dit comme ça ! Et ainsi on sort d’un débat politicien limité à la France et à ses petites mafias, ça permet de poser des repères qui ont du sens et même de donner une définition bien concrète de la politique comme une combinaison de conservatisme et de progressisme : la politique est l’art de choisir à quel endroit il faut conserver les choses et à quel endroit il faut faire le choix du progrès. De cette manière, en utilisant de tels mots, on quitte les abstractions artificielles, on entre dans une approche vivante et organique, car on peut dire qu’un organisme (par exemple notre corps) doit lui aussi constamment choisir ce qu’il conserve et ce qu’il fait progresser. Et on peut aller encore plus loin en définissant des formes de pathologies sociales en rapport avec ces notions de progrès et de conservation. Bref, les termes ont un sens, les mots sont vivants quand la pensée est vivante. Et seule une pensée vivante est apte à comprendre la vie et à entrer en relation avec la vie.
@maQiavel "On pourrait même appeler ça « zorglub » que ça ne me dérangerait pas non plus, tant que le mot décrit une des permanences de modifications des représentations mentales engendrées par la modernité."
Je préférerais encore zorglub parce que ça serait au moins plus moderne et une marque de progrès sémantique (je suis gauchiste, enfin zorglubiste : le changement sémantique, c’est maintenant !)
Sérieusement, je pense que les mots, et particulièrement en politique, ont une puissance magique. La foule est un animal plus ou moins domestiqué et un animal ne peut réagir qu’à un nombre limité de mots humains. Il faut bien les choisir.