Le débat de fond est ici passionnant : notre système politique est arrivé aux limites qui confinent à l’absurde de ce que Roland Veyl dénonce.
La campagne référendaire de 2005 en est la stricte métaphore : comment peut-on voter non à un traité auquel s’est rallié la quasi totalité des "représentants" du peuple ? De deux choses l’une. Soit la majorité du peuple est un ramassis d’analphabètes incapables de juger avec raison, entendez avec respect des élus, sur l’avenir européen, soit ces mêmes élus sont les garants non de la souveraineté populaire mais des choix du "gouvernement" de Bruxelles.
Chacun peut se faire une opinion sur ce dilemme. En revanche le fonctionnement de notre démocratie est bien interpellé : le peuple doit "bien voter", sinon il est récusé. On peut élargir la focale et s’apercevoir que les pays qui élisent des gouvernements qui n’ont pas l’heur de plaire aux "maîtres du monde" sont très vite intégrés dans l’axe du mal.
Il existe ainsi des élus qui ne sont pas légitimes non pas parce qu’ils ont usurpé le pouvoir mais parce qu’ils ne ne se soumettent pas aux diktats des US et de leurs alliés.
Monsieur Levy ne manque pas d’air, si la pire des calamités qui puisse arriver à un présumé coupable c’est de pouvoir s’offrir les conditions de détention dans lesquelles il se trouve, pourquoi n’a-t-il pas choisi le sort commun des détenus provisoires sans argent et souvent noirs ? Il n’aurait pas ainsi dilapidé son patrimoine ou plutôt celui de sa femme.
La quantité de sottises débitées sur ce plateau est absolument renversante.
La seule "morale" de cette histoire c’est que certains peuvent tout s’acheter. Mais le pire peut-être est l’achat des moyens de défense : on le répète à l’envi, tous les moyens seront mis, même les plus coûteux pour sauver D$K. Même si on ne peut préjuger des conclusions de cette affaire, on sait pertinemment qu’un acquittement dans ces conditions ne prouverait rien du tout quant à sa culpabilité ou son innocence.
Arrêtez vos pleurnicheries et vos indignations Messieurs, mais D$K a objectivement de la chance, sa fortune et
surtout celle de sa femme lui évitent le sort commun. Et ce n’est pas
fini. Quelle que soit l’issue de la procédure judiciaire et
indépendamment de son implication dans l’affaire, il aura tous les
moyens financiers pour se défendre, qu’il plaide coupable ou non
coupable.
Imaginons un employé de l’hôtel noir qui soit inculpé pour viol par une
cliente, un minuscule entrefilet dans la presse new-yorkaise sauf si la
présumée victime est une personnalité en vue.
Et jamais ce présumé coupable n’aurait été considéré comme une victime.
Ce que je trouve particulièrement choquant dans cette affaire c’est le traitement médiatique dominant : on dirait que D$K est l’emblème de la France entière et que son arrestation est une atteinte à la Nation. Strauss-Kahn n’est pas jusqu’à nouvel ordre l’élu des français.
On a même eu droit ce matin aux imprécations de monsieur B.H. Lévy sur France-Inter qui est allé jusqu’à pasticher Coluche en affirmant sans rire qu’il y avait des hommes plus égaux que d’autres face à la justice et que D$K était de ceux-là !
La loi égale pour tous, oui, à condition d’épargner les plus puissants.