"Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée" Descartes
"Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sait rien" Socrate
"Que sais-je ?" Montaigne
Voilà les meilleurs antidotes de la démagogie.
Car ce qu’on appelle populisme n’a rien à voir avec le bon sens du peuple. C’est un corpus d’opinions élaboré pour déclencher des prises de positions émotionnelles à partir d’une stratégie de communication très sophistiquée d’exploitation de situations ou d’événements. (Les prières de rue, le ciblage des Roms après les incidents de l’été 2010, les dangers de l’immigration depuis le printemps arabe, etc..). Autrement dit le populisme est la nouvelle appellation de la démagogie et ceci n’est pas neutre. Il faut , de la part des stratèges de la démagogie faire croire que ce qu’ils instillent dans l’opinion vient du peuple lui-même. La rhétorique sarkozienne illustre parfaitement le fonctionnement de cette démagogie. L’incipit préféré de ses discours est "je n’ai pas été élu pour laisser faire ou laisser passer..."suit alors une énormité à forte valeur émotionnelle pour justifier une nouvelle loi sécuritaire.
Ce que Maryse Souchard appelle populisme (de droite et de gauche) n’est pas le rejet des élites par le peuple, mais le mécanisme par lequel des responsables politiques donc des élites parlent à la place du peuple pour mieux leur imposer leur point de vue en dehors d’un débat rationnel.
Mais
enfin pourquoi associez-vous de manière compulsionnelle le terme de
populisme à tous les mouvements d’extrême-droite, laissant planer
l’idée que dès qu’on est raciste, fasciste,nazi, anti islam et/ou
anti immigrés on est "populiste" comme si ces
ignobles idéologies étaient spontanément populaires !
On
peut être d’accord avec les propos de l’auteur de cette vidéo. Mais
la manière dont il qualifie ces groupes abjects de « populistes »
distille de manière subliminale et insidieuse une idée qui elle
aussi est particulièrement nauséabonde : populiste est dérivé
de peuple et quelle que soit la manière dont on définit le
populisme, il induit l’idée que le peuple aurait un « background »
foncièrement raciste voire nazi. Oubliant que les thèmes
d’identité nationale, d’anti islamisme, de racisme et de xénophobie
n’ont pas été imposés par l’opinion. Ils ont été instillés dans
le débat public par ceux qui nous gouvernent ou par des chefs de
partis qui n’ont rien à voir avec les mouvements populaires, mais
qui ont besoin de développer les tendances les plus abjectes pour
faire passer leurs projets ou gagner des électeurs.
Ce
que vous appelez populisme c’est en fait de la démagogie. Mais
qualifier cette démagogie de populisme grave dans l’inconscient
collectif une association répugnante et fantasmagorique entre le
peuple et les idéologies que vous dénoncez .
On pourra toujours opposer ceux qui défendent Kadhafi et ce qui soutiennent les rebelles. Tant qu’on est parole contre parole ou témoignage contre témoignage, on n’en sort pas .
En revanche, si quelqu’un peut m’expliquer comment le pays d’Afrique qui a le premier rang de de développement humain avait à sa tête depuis plus de 40 ans un fou sanguinaire près à massacrer son peuple, j’attends son argumentaire et les éléments objectifs sur lequel il peut s’appuyer.
Et pourtant c’est bien cette maxime qui fonde en droit la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen, inspirée de Rousseau et des jurisconsultes hollandais (Grotius en particulier), elle instaure une valeur d’égalité à laquelle chacun peut légitimement se référer . En effet l’utilité à laquelle se réfère Singer, dans la lignée philosophique déjà fort ancienne de Bentham, n’est qu’une valeur relative : ce qui est utile pour les uns peut être nuisible pour d’autres, ce qui est utile à un moment donné peut devenir nuisible plus tard et de quel droit une majorité imposerait-elle à une minorité ce qui l’arrange ?
Que faudrait-il penser d’un pouvoir législatif qui jugerait utile de ne plus rembourser les médicaments à des incurables ou à des personnes de plus de 75 ans ?
N’oublions pas qu’au nom de la rationalité calculatrice, on a fait travailler des enfants de 7 ans, enfermer des indigents et les contraindre à travailler dans des manufactures, exterminé des homosexuels , des juifs, des gitans ou des communistes, etc.. On trouve toujours de bonnes raisons utilitaires pour condamner et éliminer au nom de l’intérêt général.