Denis Robert a dit qu’il avait prévenu EC avant l’interview que la question des chambres à gaz lui serait posée...
Si c’est vrai et qu’EC a pu se préparer à répondre à ce type de question je ne vois pas ce qu’on peut reprocher à Denis Robert... si EC ne voulait pas aborder le sujet il lui suffisait de décliner l’interview (qu’il n’était absolument pas forcé de faire)...
Maintenant si c’est faux qu’EC le dise (il l’a peut-être déjà dit je n’en sais rien)... mais cela étant on attend quand même plus d’un journaliste qu’il donne systématiquement à l’avance ses questions à l’interviewé... même dans le journalisme mainstream, en général, ça ne fonctionne plus comme ça.
Ce phénomène de faux souvenirs est bien connu mais la plupart des témoignages ne rentrent pas dans le contexte que vous décrivez (la croyance en l’existence d’un événement est forte pour quasiment tout le monde au point d’être érigé en certitude, il n’est pas étonnant de retrouver de nombreux témoignages sur cet événement dans ce milieu puisque même des faits qui n’ont rien à voir avec lui sont interprété comme en faisant partie) car quand ils ont eu lieu ce n’était pas dans un contexte où le génocide et les chambres à gaz étaient devenus des sujets ultrasensibles... il faut se remettre dans les années 1945-50-60’s... à ce moment c’était un sujet peu médiatisé et qui n’intéressait pas grand monde (sauf les gens concernés victimes ou bourreaux)... on avait même tendance à l’éluder... il n’y avait donc pas de pressions particulières qui auraient poussé (inconsciemment ou pas) les témoins (ne faisant pas forcément partie des groupes concernés) à correspondre à un discours dominant érigé en certitude... ensuite à partir des années 80 90 le contexte change.
Maintenant je me pose tout de même la question suivante... cette question des chambres à gaz est tout de même hyper-documentée et a été hyper-traité depuis des décennies par des historiens de tous bords (et pas que sur la base de témoignages)... comme la plupart des grands événements historiques... alors pourquoi est-ce justement cet événement là que des "révisionnistes" ou "négationnistes" s’acharnent à ce point à discuter ? ... pourquoi sont-ils hypercritiques sur cet épisode de l’histoire et pas sur d’autres... qu’est-ce qui les motive profondément ? ... et ne me dites pas l’amour de vérité s’il vous plait ...l’amour de la vérité ne s’orienterait pas toujours dans le même sens et sur le même sujet... il s’exercerait avec la même intensité tatillonne sur pleins d’événements historiques différents... la guerre du Péloponnèse, la prise de Constantinople, les croisades etc etc etc etc... las... nos apprentis chercheurs exercent leur amour obsessionnel de la vérité sur le même point et comme par hasard avec le même but (ils pourraient par exemple chercher à montrer que l’on minimise la Shoah mais étrangement aucun ne travaille dans ce sens...) bref il y a quelque chose d’un peu trop équivoque dans cet amour de la vérité à géométrie variable pour qu’on ne s’interroge pas sérieusement sur leurs arrière-desseins...
De très fortes probabilités... admettons... mais alors je dirais pareil pour n’importe quel événement historique... disons par exemple qu’il y a des très fortes probabilités que la bataille de Stalingrad ai eu lieu...
le secret était conservé autant que possible par les bourreaux de façon à tuer un maximum de personnes par surprise (sinon, il n’y aurait eu aucune raison de déguiser les lieux d’intoxication en salles de douches de façon à ce que des groupes importants y pénètrent docilement.)
Autant que possible comme vous dites... oui et surtout pour les nouveaux arrivants (et pour les gens de l’extérieur) en particulier les convois de déportés raciaux qui n’ayant pas encore mis les pieds dans un camp pouvaient ne pas être au courant ou en douter comme d’une des nombreuses rumeurs de guerre qui circulaient... le secret en revanche n’était pas aussi facile à garder pour les déportés résidents dans les camps et les komandos éparpillés autour...
Oui d’ailleurs qu’est-ce que font (entre autre) les historiens depuis des décennies sinon essayer justement de chiffrer le nombre de victimes... il n’y a d’ailleurs pas de consensus sur la question et de nombreux groupes de victimes... les Juifs, les Tziganes, les civils non juives de certains pays occupés, les bombardés même les militaires en particulier à l’Est... c’est un travail en cours et qui n’aura jamais de fin car évidemment personnes n’apportera jamais la preuve que tant de Tziganes sont morts pendant la guerre et dans quelle proportion exacte ils sont morts de mauvais traitement, de faim, d’épidémies, de gazage... cela étant cette incertitude statistique n’empêche pas qu’il y ait des certitudes sur les différents moyens utilisés pour arriver à ces bilans incertains...