| Rédaction | Depuis | Articles publiés | Commentaires postés | Commentaires reçus |
|---|---|---|---|---|
| L'inscription | 0 | 2423 | 0 | |
| 1 mois | 0 | 0 | 0 | |
| 5 jours | 0 | 0 | 0 |
@Zatara
Non c’est pas criminel. Dans les pays pauvres, faire beaucoup d’enfants est une adaptation nécessaire liée à la mortalité infantile et aux besoins de la population (les enfants travaillent très tôt pour aider la famille, comme autrefois dans les campagnes françaises).
Le plus souvent , les religions viennent justifier et renforcer cette adaptation, en assignant la femme à son foyer et en lui donnant pour seul devoir de faire le plus grand nombre possible d’enfants. C’est pourquoi on considère que l’éducation des mères est un critère fondamental dans la transition démographique d’un pays, puisque une femme éduquée aura tendance à faire moins d’enfants et à investir davantage dans l’éducation de ces derniers au lieu de les mettre au travail dans les champs. A partir de là, un cercle vertueux s’enclenche : la natalité diminue, en particulier dans les régions pauvres et les campagnes, le niveau d’éducation des femmes et des enfants s’améliorent, le pays décolle économiquement...
Les problèmes se posent quand le développement économique n’est pas associé à une dynamique de transformation sociale, comme on le voit en Afrique, où les structures religieuses et tribales résistent au développement. Résultat, la natalité, au lieu de reculer, explose, car la hausse relative du niveau de vie et de l’accès aux soins fait régresser la mortalité infantile avec des conséquences funestes dans les campagnes et les quartiers pauvres qui n’ont plus assez de ressources pour nourrir la population, en dépit du développement... d’où guerres, migrations... le risque étant que cette démographie galopante ne finisse par enrayer le décollage économique de l’Afrique, longtemps annoncé mais qui peine à se matérialiser.
@Qiroreur
C’est pourquoi les démographes sont en train de rectifier leurs courbes. On est passé d’une projection de 9 milliards d’habitants à la fin du siècle à 11 milliards. Cette sous-estimation est liée au fait que les scientifiques ont appliqué le modèle de transition démographique observé en Occident et en Asie (amélioration des conditions de vie -> accès à l’éducation des femmes -> baisse de la natalité) au continent africain. Or, la natalité ne diminue pas dans les pays africains les plus dynamiques. L’amélioration des conditions de vie et notamment de l’accès au soin a entraîné une explosion démographique dans certaines régions qui n’a pas été compensée par la croissance économique et l’éducation en raison de la résistance des structures tribales et religieuses (la femme est là pour faire des enfants et les nourrir).
@Qiroreur
1) Je n’ai pas contesté la gabegie, je la constate
2) Je n’ai pas parlé des médicaments (je suis plutôt d’accord, mais là il faudrait aussi s’attaquer au lobby pharmaceutique tout puissant en France)
3) Je ne suis pas un idéaliste qui a proposé des changements radicaux
4) J’ai pas dit qu’on était les meilleurs du monde
5) Je n’ai pas justifié le statu quoi, intellectuel ou je ne sais quoi.
6) Je ne crois avoir donné dans la caricature outrancière des classes moyennes ni écrit que l’on voulait transformer les gens en esclaves.
Bref, inutile d’aller plus loin, tu ne veux entendre que ce que tu as décidé d’entendre et tu caricatures ce qui ne va pas dans ton sens.
Je connais un peu le sujet (formation professionnelle) donc je me suis contenté de te dire que ta manière d’aborder le problème n’est pas forcément "réaliste". On ne met pas comme ça des gens sur la voirie pour "aider à entretenir", c’est juste que ça ne marche pas comme ça.
@Qiroreur
Déjà tu simplifies cyniquement mon propos à l’extrême pour le qualifier de "généraliste", mais passons.
Ensuite, j’ai "proposé" quelque chose : mettre fin au cumul des aides et créer un guichet unique et universel.
Je ne vois pas trop l’intérêt d’engager ce genre de débat avec toi, sachant que j’ai une sensibilité plutôt libérale - pas au sens "punitif" - sur le sujet et que tu as des idées conservatrices bien arrêtées. Pas moi. Je n’ai aucune "proposition à formuler" même si je partage certains de tes constats. Le problème, c’est qu’à l’instar de beaucoup de conservateur adepte d’une pensée faussement pragmatique, tu ne sais pas de quoi tu parles visiblement, notamment en termes de formation, sans vouloir te vexer.
(suite)
Ex : je connais une personne qui fait une fixette sur les smartphones et les écrans plats dont les assistés et les chômeurs s’équiperaient selon lui à tire-larigot grâce au RSA. Vous pouvez lui expliquer de toutes les manières que ce raisonnement est absurde, il n’en démordra pas. Ce qui le dérange profondément, c’est que des gens qu’il perçoit comme inférieur à lui aient accès en France à un certain "confort" d’existence qui devraient à ses yeux leur être refusé.
Là encore on voit que l’on reste un vieux pays catholique. L’idée que l’existence est essentiellement une purge et qu’il faut soit en baver au boulot ou endurer sa pauvreté reste profondément ancrée dans la mentalité collective. A droite, cela donne l’idéologie des "coups de pieds au cul", à gauche l’hypocrisie mondaine et le misérabilisme social.
Une économiste américaine (dont le nom ne me revient pas, malheureusement) a longuement étudié les comportements de consommation des populations pauvres, à la fois dans le monde occidental et dans les pays les plus déshérités, et a toujours fait le même constat : aussi indigents soient-ils, les gens vont avoir tendance à privilégier les dépenses dites de confort aux dépenses dites alimentaires ou essentielles. Par exemple, elle a rencontré des gens gagnant moins de deux dollar par jour (le seuil de pauvreté absolue) qui préféraient économiser et se priver de nourriture pour pouvoir acheter un vieux téléviseur. Les pauvres se comportent donc exactement comme les riches : ils veulent accéder au loisir et à leur propre version du "luxe". Comme l’avait subodoré Voltaire au XVIIIème siècle, le superflu est une chose très essentielle. La satisfaction des besoins non utilitaires et "superficiels" est inscrite dans la nature humaine. Sans cela, pas d’art, pas de musique, pas de création, pas de spiritualité. A contrario les sociétés qui ont historiquement consacré l’utilitarisme - c’est à dire les sociétés communistes - sont devenus des prisons à ciel ouvert.
Malheureusement, ce genre d’analyse à la fois pragmatique et intelligente est impossible en France où la pauvreté est analysée non pas comme un état mais comme un concept, d’ailleurs tant à gauche qu’à droite. A l’image caricaturale du profiteur qui vole le pain de la bouche des classes moyennes (Wauquiez et le retour des "classes dangereuses") répond la stéréotypie et le lyrisme abstrait d’un Mélenchon idéalisant les pauvres et les démunis. Et au fond ces deux images renvoient à la vieille dialectique bourgeoise et chrétienne du XIXème siècle : le pauvre décrit alternativement comme un parasite asocial et antinational (vision de Javert) ou comme le porteur christique et prométhéen des souffrances et des espérances de l’humanité (Jean Valjean).
Maintenant essayez d’expliquer ça à des vieux réacs remplis de bile qui pensent que tous ceux en-dessous d’eux devraient en chier plus qu’eux dans la vie ou à des gauchistes qui confondent l’argent et le caca, bon courage...
Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Ubuntu, PHP, MySQL, CKEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
Contact / Mentions légales / Cookies et données personnelles / Charte de modération


