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@Qiroreur
Soral n’a pas lu le Coran, pas plus que la Bible, Kant, Julius Evola et tout le reste. Il faudrait d’ailleurs consacrer toute sa vie à l’étude pour acquérir la légitimité intellectuelle de s’exprimer sur autant de sujets.
Sa soeur a dévoilé il y a quelques temps le pot aux roses qui explique à la fois son apparente "grande culture" et les nombreuses incohérences ou inconséquences qui constituent sa vision du monde, notamment le manque d’actualisation de son savoir (on a toujours l’impression d’entendre un vieux marxiste des années 70). Soral est un autodidacte qui a dévoré les "Que sais-je ?" en quantités industrielles durant sa jeunesse pour pouvoir se constituer rapidement le capital intellectuel que son éducation ne lui avait pas permis d’acquérir, et ce afin de pouvoir donner le change et briller dans les soirées mondaines. Il l’a d’ailleurs confessé à plusieurs reprises de manière plus ou moins ironique, se présentant parfois comme un pseudo-penseur post-moderne jouant avec les paradoxes (la dialectique). Quelqu’un avait d’ailleurs avance l’idée ici qu’il présentait de nombreux signes d’hypermnésie.
D’où cette double impression d’avoir affaire à un savoir encyclopédique mais en réalité très superficiel. C’est ce qui explique la séduction qu’il peut exercer sur des gens venant d’horizons très divers mais qui eux-mêmes ne possèdent pas de formation intellectuelle avancée.
Soral était bon quand il se cantonnait à faire de la sociologie pop, de la critique antiféministe et de la vulgarisation politique. Ses limites apparaissent très vite en théologie ou en géopolitique...
@yoananda
Ce n’est pas une question d’indulgence, un journaliste politique n’est pas censé passer son temps à gueuletonner dans les restaurants de la capitale avec la classe politique. Cette consanguinité mondaine est totalement désuète, au même titre que tous les avantages que les députés s’octroient par habitude, sans même avoir conscience d’enfreindre des règles élémentaires.
Si tu ne l’as pas remarqué, Zemmour est depuis un moment un politique qui se fait passer pour un "journaliste". Durant la campagne présidentielle, il se réunissait chaque semaine avec Buisson et De Villiers pour définir une stratégie d’union des droites où le FN serait appelé à jouer le rôle de parti d’appoint identitaire sous-traitant pour le compte de la droite les questions d’identité et d’immigration que la bourgeoisie libérale et affairiste a toujours eu des scrupules à manipuler, un peu à la manière du parti communiste des années 80 qui sous-traitait la question sociale pour le compte du PS et de la bourgeoisie de gauche.
Pendant toute la campagne, il a tiré à boulets rouges sur les candidats souverainistes et continuellement traité MLP de "candidate d’extrême-gauche" ou "communiste" alors qu’elle était à peu près la seule à parler justement d’immigration (pas beaucoup mais quand même). C’est la raison pour laquelle cette dernière, pas tout à fait dupe, a toujours refusé de passer dans son émission, ayant très bien compris que Zemmour n’était plus dans une posture de commentateur politique mais cherchait à la torpiller (sur son point faible, à droite). Il faut reconnaître qu’il y est assez bien parvenu en lui retirant toute crédibilité auprès de l’électorat de droite sensible aux thèses identitaires. En revanche, le vieux fantasme d’union des droites semble avoir vécu, les Républicains - ou ce qu’il en reste - semblant de plus en plus graviter vers le centre-droit dans la périphérie d’En Marche.
Zemmour et Buisson n’arriveront à rien car ils n’ont pas le courage ni la détermination de faire réellement de la politique. Le problème, c’est qu’ils ne poussent pas l’objectivité jusqu’à réaliser leur propre impuissance. Quand on entend Buisson, c’est formidable : il tance les uns et les autres, donne des leçons de politique, d’histoire et de morale. Il sait ce à quoi aspire le peuple de France et quand ce dernier ne va pas dans son sens, c’est évidemment parce qu’il est "aliéné". Mais au fond qu’est-ce qu’il a accompli, à part avoir eu l’honneur de jouer le réac de service pour les campagnes électorales de Sarkozy ? Il y aura toujours un Sarkozy ou un Macron pour démentir leurs analyses et leurs commentaires politiques.
C’est ce que Rochedy appelle à juste titre la "droite Châteaubriand" qui se complait dans la déploration et l’idéalisation stérile du passé. Si on accepte les présupposés idéologique de Zemmour, il reste en effet à poser la question des responsabilités, des moyens et des actions à entreprendre. C’est quand même un peu facile de faire de MLP et de Philippot les seuls responsables de l’échec collectif continu du camp national-souverainiste. Or, sur ce point, il n’a strictement rien à dire. A chaque fois qu’on lui dit "Que faire ?", il se rétracte dans sa coquille de conservateur en ajoutant avec un rien de mépris qu’il ne se mêle pas de politique et mène une "guerre idéologique" contre la gauche. On voit le résultat...
@yoananda
Non, gueuletonner avec des politiques dans les bonnes adresses de la capitale ne fait pas partie du "boulot" de journaliste.
Ce n’est pas seulement une perception mais une analyse. Zemmour, à part taper sur les souverainistes, les gaullistes et les frontistes pour le compte de la droite buissono-sarkozyste, et exalter la France qui tombe, je ne vois plus trop ce qu’il apporte au débat d’idée... même sur l’Islam, il n’est pas très clair et adapte en réalité son opinion à son interlocuteur (j’ai remarqué qu’il avait tendance à reprendre à son compte une partie des arguments de ses contradicteurs, c’est efficace sur le plan rhétorique mais pas très clair idéologiquement...). Un coup c’est la remigration, un coup c’est Renan... c’est sûrement cette labilité qui explique qu’il soit encore à l’antenne.
@yoananda
Zemmour vend des centaines de milliers d’exemplaires, il a une chronique et une émission de débat sur RTL et une émission dédiée sur Paris Première... Objectivement, il ne risque pas grand-chose. Ses "dérapages" sont toujours contrôlés et s’inscrivent dans l’économie médiatique : c’est la dose thérapeutique de "politiquement incorrect" qui justifie les "indignations" de la gauche. Paradoxalement, je le trouvais beaucoup plus intéressant en chroniqueur culturo-mondain lorsqu’il descendait les baudruches de la gauche et les hypocrites de la culture française dans l’émission de Ruquier. Face aux politiques, il se révèle en fin de compte plus complaisant, voire obséquieux. On sent qu’ils le connaissent, qu’ils évoluent dans le même univers.
@yoananda
Sapir doit penser à conserver sont statut d’enseignant-chercheur et directeur de l’EHESS. Accusé d’accointances avec les Russes et de complaisance avec le FN, le meilleur moyen de montrer patte blanche à ses pairs est encore d’endosser la thèse officielle sur "l’immigration stable" depuis les années 70.
Tous ces "intellectuels" qui passent leur temps à diagnostiquer les problèmes et à théoriser la situation avec plus ou moins de pertinence - de Zemmour à Sapir en passant par Onfray - ne sont pas des hommes d’action.
S’il leur faut choisir entre dire une vérité et dire une demi-vérité pour ne pas risquer leur position, leurs chiffres de vente en librairie - Onfray et Zemmour tirent à plus de 100000 exemplaires - ils choisiront systématiquement la demi-vérité ou le sophisme.
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