Sauf que Finkielkraut a clairement appelé à voter Macron.
Espérons qu’à l’avenir les Français n’adopteront jamais cette mentalité délirante de victime et ne suivront jamais les fanatiques appelant à la désignation de bouc-émissaires qui "causent tous leurs problèmes".
Vu les conneries économiques que Mitterrand a initiées ou laissées faire ("on rase grattis" en 81 puis "vive la crise" en 84, sans parler de la gestion de l’euro laissée aux Allemands), il aurait été préférable que ce dernier n’ait pas professé un tel mépris pour la chose financière.
Car cette indifférence aristocratique vis-à-vis de l’argent se doublait d’un goût du luxe (pour ne pas dire de la flamboyance) et des dépenses somptuaires qui ont explosé sous le "règne" de Mitterrand. Par ailleurs, c’est le Mitterrandie qui a officialisé en France le culte de l’argent sous sa forme la plus méprisable incarnée par l’arrivisme de bas étage et la vulgarité d’un Bernard Tapis, un type qui n’a jamais rien inventé ni rien produit mais qui a détruit plusieurs entreprises et des dizaines de milliers de vie de salariés.
Et toi, tu es une caricature de musulman occidental qui idéalise la vie "en Islam" d’autant mieux qu’il n’a pas à subir les tribunaux islamiques, la police des moeurs au quotidien, etc... tout en profitant cyniquement du confort économique et social que tu fais semblant de mépriser.
Oui, à mon avis un autre parti ne ferait pas beaucoup mieux avec les mêmes idées et subirait les mêmes avanies. La critique justifiée du FN ne doit pas servir de cache-misère ou de justification à la faillite idéologique d’une certaine forme de souverainisme. Le non-renouvellement des hommes (NDA et Philippot comme "jeunes") et des idées (Asselineau et son CNR) en sont deux autres marqueurs que l’échec des Le Pen ne doit pas occulter. A côté de ça on a des dilettantes comme Guaino qui donnent des leçons de politique à tout le monde sans jamais se mouiller, et Polony qui cherche un tortueux chemin de crête dans les médias entre souverainisme, écologie et critique (feutrée) de l’immigration de masse.
Il y a un problème d’offre politique qui remonte au minimum aux années 90. De Maastricht (92) à la présidentielle de 2017 en passant par le référendum de 2005 et les échecs répétés de la synthèse souverainiste (Chevènement en 2002 qui avait un boulevard...),la progression du FN est peut-être plus la sanction de ce vide politique que la cause qui viendrait expliquer tous les revers électoraux subis par les uns et par les autres depuis 20 ans.
Je lis beaucoup la presse britannique et le déni prend chez eux une forme très particulière. Nombre de commentateurs libéraux mais aussi conservateurs outre-Manche et outre-Atlantique ont vu ou plutôt ont voulu voir dans les attentats en France l’échec du système français d’intégration et le produit de la laïcité honnie (décrit comme un véritable "sécularisme national"). Des chercheurs américains ont même suggéré que que la "culture politique française" était le substrat du terrorisme. Le New York Times a alimenté l’été dernier la pseudo-polémique autour du burkini en ouvrant ses colonnes au CCIF. Obama ne s’est pas rendu à Paris après les attentats de Charlie Hebdo car il ne voulait pas que sa présence soit interprétée comme une défense des caricatures du prophète. Les médias anglo-américains n’ont pas adhéré très longtemps à l’esprit Charlie et n’ont pas diffusé les caricatures à de très rares exceptions.
Globalement, l’idée selon laquelle le multiculturalisme anglo-saxon serait la solution (et non une partie du problème) reste dominante dans les analyses que l’on peut lire dans les médias. A chaque attentat en France, les problèmes des banlieues françaises et des difficultés sociales de la "jeunesse immigrée" sont complaisamment mis en scène dans les médias pour discréditer le "modèle français" et mettre en valeur le communautarisme anglo-saxon, promoteur de carrières et portuer d’espoir. Les Français ne savent pas intégrer, ils restent prisonniers de leur mentalité coloniale alors que le système multiculturel hérité de l’Empire Britannique a fait ses preuves et démontré son efficacité à faire cohabiter des cultures différentes au sein d’un même espace (même si celui-ci était colonial...). L’Islam a donc vocation à trouver toute sa place dans ce système intrinsèquement supérieur qui ne saurait être profondément remis en question.
Pourtant les villes anglaises ont été régulièrement frappées depuis une dizaine d’années mais il n’y a jamais eu aucune remise en cause du modèle social ou de la politique de sécurité. On est très loin en tout cas de la crise d’identité nationale provoquée en France par les attentats.