Il faut vraiment ne rien comprendre à rien pour avoir cru ne serait-ce qu’à la possibilité d’une politique "alternative" au MO de la part de Donald Trump, mais on en attend pas moins des pieds nickelés de la dissidence du net.
Trump a toujours dit qu’il ferait "payer" à ses alliés le soutien diplomatico-militaire des USA, il n’a jamais annoncé qu’il renverserait la table, et bien voilà, c’est le retour à l’ordre du pétro-dollar et à la géopolitique traditionnelle des USA dans la région (pacte du Quincy).
Les antisystèmes de tout poil, soraliens, antisionistes, "patriotes" et autres experts de forum encore cocus sur toute la ligne. Ah oui, Trump allait s’allier avec les Russes et se mettre en pointe de la révolte globale des nations contre les méchants sionistes et leurs alliés saoudiens qu’il accusait d’avoir fomenté le 11 septembre et de financer le terrorisme international... on allait voir ce qu’on allait voir.
L’ironie, c’est que Trump a balayé par cette seule visite les efforts - relatifs mais réels - entrepris par le "sioniste" Obama pour désengager les USA de la région, modérer le soutien à Israel et renvoyer Iraniens et Saoudiens à leur responsabilité respective. Là, c’est la fête à Riyad, l’orgie en prévision à Tel-Aviv. L’Etat profond ne pouvait pas rêver un président plus zélé, de même que l’AIPAC et les néocons adeptes de la rhétorique du combat messianique du "bien contre le mal" revenue en force au coeur de la diplomatie américaine à travers le discours de Trump aux nations arabes (comprendre sunnites), sans parler des caciques du parti républicain qui sont en rut. Le "mal" étant l’Iran et les chiites.
En échange du cadeau à 380 milliards de dollar - à mettre en rapport avec les 10 petits milliards ridicules obtenus par la diplomatie française accusée à l’époque de se "soumettre" aux Saoudiens - Trump s’est en effet engagé à combattre dans les années à venir l’influence iranienne (et donc russe...) dans la région. Il leur a même accordé le blanc-seing sur la question des droits de l’homme.
Autant dire que les réseaux saoudiens vont avoir les coudées franches dans les années qui viennent pour financer la propagande wahhabite et la progression de l’islamisme radical.
Tous ces "patriotes" donneurs de leçons devraient redescendre de leur petit perchoir et se demander s’ils ne font pas partie eux aussi du problème plutôt que de la solution.
Si tu as des arguments, tu es libre de les exposer et de les détailler, je les lirai avec intérêt. Dire que les miens sont des "clichés" en citant un (mauvais) contre-exemple (le low-cost, soit un modèle économique singulier basé sur la réduction délibérée des coûts et le marketing), ce n’est pas argumenter. Je précise que je ne cherchais pas à polémiquer stérilement avec toi (sinon j’aurais écrit un message de trois lignes).
Le low cost a été développé dans les pays occidentaux pour palier à l’appauvrissement de la classe moyenne, en permettant aux "victimes de la mondialisation" de continuer à consommer malgré la stagnation ou la diminution des revenus. Autrement dit, cela revient surtout à subventionner les autres économies puisque les produits à bas coût sont principalement fabriqués à l’étranger, c’est plus une généralité qu’un cliché.
J’ai quand même pris soin de contextualiser mes remarques, qui sont surtout valables pour les pays riches et développés. Le reste, ce sont des choix, qui ont leurs avantages et leurs inconvénients, le problème étant qu’il faut ensuite les assumer devant la population. On ne peut pas tout avoir : la puissance économique et industrielle, la monnaie bon marché, les produits pas chers, la main d’oeuvre bien payée, la balance commerciale excédentaire...
Après, si tu penses que la France est en mesure d’exporter des produits pas chers et de concurrencer des pays d’Asie ou du Maghreb, c’est sans doute possible, mais il faudra baisser drastiquement les salaires.
Remarque aussi que les Allemands résistent stoïquement à tous les pays européens qui les incitent en vain à consommer davantage des produits importés. Va savoir pourquoi, on a plus besoin de leurs belles bagnoles, de leurs machines-outils (Mélenchon citait récemment l’exemple d’une industrie de tri où tout était français... à part la machine chargée de faire le tri, made in germany) et de leurs produits manufacturiers qu’eux ont besoin de nos voitures, de nos machines et de nos produits.