De toute façon, l’élection de Macron a été compris par tous et partout comme un référendum sur l’Europe venu effacer les 10 années de confusion politique qui ont suivi le rejet du traité de 2005 par les mêmes Français.
C’est la première leçon à tirer : les eurosceptiques n’ont rien tiré de ce référendum et ils en portent la responsabilité. A plusieurs niveaux :
- division et incessantes guerres de clochers
- faiblesse conceptuelle de la pensée "souveraino-souverainiste" progressivement rongée par la théorie du complot
- entre-soi sur internet
- négativisme, catastrophisme, déclinisme
- mépris de la population générale et des contribuables (les fameux "moutons"), on le voit avec les membres de l’UPR qui expliquent maintenant que les électeurs sont des "animaux" répondant schématiquement aux injonctions médiatiques et à la communication abêtissante
De plus, avec le recul, il aurait sans doute été préférable que le FN ne préempte pas la critique de l’UE et de l’euro. L’abandon brutal de la dédiabolisation dans la dernière ligne droite avant l’élection et la confusion sur l’euro resteront les deux principales erreurs de MLP.
Quant au débat de l’entre-deux-tour, la stratégie, selon plusieurs médias, aurait été directement inspirée par le diagnostic psychopathologique de Macron tel qu’il a été dressé par un "psychiatre" italien lié à Casa Pound dans une vidéo publiée quelques jours avant le débat :
En gros, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, le FN aurait basé sa stratégie sur un gros délire interprétatif de psychologie de bazar applicable à n’importe quel homme né après 1968 : "Viscéralement attaché à sa maman, son narcissisme reposant sur un égo à la fois fragile et démesuré l’amène à écraser les gens afin de surcompenser son complexe d’infériorité"
Le charlatan auteur de ce pénétrant portrait prétend en outre avoir déduit tout cela de l’étude de photos (morphopsychologie) complétée opportunément par la "biographie" de Macron. Le tout en 8 minutes.
Mais cela aura visiblement été suffisant pour persuader les cadres du FN qu’il suffirait de faire interpréter à MLP un rôle de mégère castratrice aux bras ensorcelants pour faire s’effondrer en direct le fragile petit Macron aux traits fins d’homme-enfant. Consternant, à ce niveau.
Au final, la vieille ficelle antifasciste de Tonton aura encore une fois, une ultime fois, marché. La "victoire culturelle" revendiquée abusivement par Zemmour, De Benoist, Fillon et tant d’autres à droite qui se sont fourvoyés sur l’importance de ce concept marxiste, emprunté à une époque où les grandes idéologies façonnaient le débat politique, aura été insuffisante pour obtenir la victoire dans les urnes.
Un peu facile aussi de faire des Le Pen et de Philippot les bouc-émissaires d’une faillite collective et d’insuffisances à tous les niveaux.
Mais ce n’est pas grave. Tout va continuer comme avant. Zemmour va continuer à chroniquer quotidiennement la mort de la France sur RTL et vendre ses essais très lucratifs sur le déclin français, pareil pour Onfray qui a déjà annoncé la publication de 14 ouvrages pour lutter contre Macron, et je ne parle même pas des pourfendeurs du système sur internet qui vont continuer à vomir sur l’UE, l’euro, les moutons, le sionisme, la mère Denis, etc...
Je pense plus à une pause tactique. Elle sait que le FN entre dans une zone de turbulences qui risque de faire imploser le parti ou tout au moins de perdre beaucoup d’influence dans la vie publique. Elle n’a rien à gagner à rester là à incarner l’égérie identitaire de service bloquée par sa tante.
Et elle a bien choisi son timing pour montrer qu’elle s’en allait pour des raisons politiques (tout en disant évidemment le contraire).
- la "sarkozyste" : écraser sans ménagement Valls en lui refusant l’investiture, quitte à en faire un ennemi déclaré - la "mitterrandienne" : garder Valls à portée de main et en faire son souffre-douleur politique à l’instar de ce que Mitterrand a fait avec Rocard après l’avoir écarté de la direction du PS
La deuxième stratégie est la plus efficace mais demande un certain doigté et une méchanceté qui n’est sans doute pas dans le caractère de notre nouveau Président-Roi.
Autre possibilité : organiser un petit duel entre Valls et Placé façon Games of Thrones pour distraire la populace, c’est à celui qui rampera le plus vite jusqu’aux pieds de Macron pour recevoir l’investiture d’En Marche dans la Creuse
Je ne sais pas de quoi vous parlez par "contre-sens mathématique", je ne crois pas avoir fait des additions et des soustractions et je n’ai jamais dit que l’UPR avait la possibilité de prendre des voix au FN - je crois avoir été assez clair à ce sujet en annonçant une désillusion pour les membres de l’UPR.
J’ai dit, si ce n’était pas encore assez clair, que - selon moi - la présence de multiples petits candidats souverainistes aux idées plus ou moins arrêtées ou folkloriques contribuaient à discréditer aux yeux du public un certain nombre de thématiques (en l’occurrence : souverainisme, social, ruralité). On le voit à chaque élection.
Concernant Asselineau, je n’ai jamais douté du fait qu’il ait obtenu ses parrainages par ses propres moyens compte tenu des méthodes de l’UPR et de la motivation de ses militants. Concernant les "combines", je pensais surtout à Poutou dans la mesure où aucune donnée factuelle ne semble pouvoir expliquer comment il a obtenu 200 ou 300 parrainages en une dizaine de jours. Connaissant les relations historiques entre socialistes et trotskystes, et compte tenu du conflit opposant ces deux courants à celui du Mélenchon, j’en ai tiré la conclusion que le parti socialiste avait cherché à mettre la candidature Poutou dans les jambes de Mélenchon, et je ne pense pas être très loin de la vérité même s’il s’agit d’un simple déduction.
Dans un message précédent, vous disiez (ou une personne avec votre pseudo) que 1% n’était pas négligeable, que ça pouvait faire perdre une place au second tour, etc. Faudrait savoir.
Ca doit remonter à 15 jours, drôle de méthode puisque je parlais de tout à fait autre chose dans un contexte différent (de mémoire que chaque pourcentage comptait dans une stratégie électorale de second tour, mais j’ai la flemme d’aller chercher).
Que voulez-vous que je vous dise ? Que l’UPR est le futur de la politique française ? Qu’Asselineau est un immense homme politique, le meilleur depuis De Gaulle, et encore, c’est à voir si le Général était à la hauteur ?
Pour moi, l’UPR est désormais un non-sujet. Asselineau n’a voulu tirer aucune leçon de son échec et considère même "détenir la vérité". Pire :
« Certes, étant totalement inconnu du grand public encore quinze jours avant le premier tour, et ayant été scandaleusement non-médiatisé pendant dix ans, j’ai obtenu un faible score au premier tour par rapport à ceux obtenus par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Mais quiconque regarde les choses avec objectivité se rendra compte que je suis le seul qui aurait pu battre Emmanuel Macron au second tour, pour la simple et bonne raison que je suis le seul qui aurait pu rassembler sur son nom des électeurs venus de tous les horizons. »
Le type fait 0,9% mais pense qu’il aurait battu Macron au second tour. Honnêtement, je pense que c’est de la mégalomanie.
Il faut que je m’en tienne à ma règle de ne plus parler d’Asselineau ou de l’UPR, même indirectement.