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  • vote
    Joe Chip Joe Chip 18 mai 2017 10:11

    @Zatara

    J’ai décrit simplement des réalités complexes. Evidemment, produire du haut de gamme ou du bas du gamme ne se décrète pas du jour au lendemain, c’est une dynamique globale, mais là on joue sur les mots. Il est indéniable que les choix qui ont été effectués en France à de multiples niveaux (Etat, grands groupes, syndicat mais aussi choix électoraux de la population) ont contribué à dégrader la situation de notre économie. On ne peut pas tant reprocher ces choix à nos décideurs que de ne pas les avoir assumer auprès d’une population maintenue dans un certain infantilisme. Au moins, Thatcher a porté des choix clairs devant les électeurs : désindustrialisation assumée, financiarisation, destruction des services publics, etc. 

    En France on est resté dans l’ambiguïté, continuant à cultiver l’image surannée de la grande puissance industrielle des années 70, tout en démontant efficacement l’industrie françaises par des choix concrets ou des stratégies inadaptées.

    Quant à l’investissement dans la recherche, il est étroitement lié à la qualité des processus et de la main d’oeuvre, donc, in fine, à celle des produits. Tous les pays qui veulent élever leur niveau de production investissent massivement dans la recherche et font en sorte d’attirer un maximum de capitaux étrangers.



  • vote
    Joe Chip Joe Chip 18 mai 2017 09:34

    @Zatara

    la compétitivité ne veut rien dire en l’état... tu changes la monnaie en France, et tu fabriques des produits plus abordable que les produits allemands (comme c’était le cas avant).... les allemands sont beaucoup moins compétitifs avec une monnaie forte

    C’est un peu un raisonnement par l’absurde, à ce compte-là les Indiens sont bien plus compétitifs que les Allemands parce qu’ils peuvent exporter des produits bas de gamme grâce à une monnaie beaucoup moins cher que le mark et des salaires très bas... la compétitivité est évidemment une donnée plus complexe, mais la capacité à exporter, et surtout à exporter des produits complexes et chers, dénote de fait la qualité globale d’une économie et de la gestion d’un pays, surtout quand ils sont associés à une monnaie forte.

    Sinon c’est exactement ce choix des "produits plus abordables" qui remonte aux années 70 qui explique en grande partie la panade dans laquelle nous nous trouvons, pour une série de raisons :

    - quand un pays fait le choix de fabriquer des produits plus abordables, donc de gamme inférieure, il tend à dévaluer sa monnaie pour exporter à prix compétitif et à avoir recours à de la main d’oeuvre peu qualifiée, donc immigrée ou sous-payée, c’est ce qu’on appelle la compétitivité prix, choix qui a été effectué en France avec les conséquences susmentionnés (dévaluations à répétition, immigration de travail peu qualifiée et massive dans les grands secteurs de l’économie, nivellement des rémunérations vers le bas)

    - quand un pays développé reste sur du bas et moyen de gamme, il ne modernise pas aussi rapidement ses chaînes de production par rapport à une économie voisine qui s’aligne sur du haut de gamme, investit moins dans la recherche et le développement mais aussi dans la formation : résultat, la France ne peut plus produire à qualité égale des Allemands dans la plupart des secteurs industriels, c’est la fameuse politique de l’offre

    - quand un pays développé ne monte pas en gamme dans un contexte d’abaissement des barrières douanières et d’ouverture à la concurrence mondiale, il se retrouve rapidement concurrencé sur le créneau du bas et moyenne gamme par les pays en voie de développement ; aujourd’hui, la France n’est plus en concurrence avec l’Allemagne mais plutôt avec les pays de l’Europe du Sud et des pays asiatiques comme la Corée du Sud qui sont évidemment plus compétitifs.

    - quand un pays décide de rester sur des produits "abordables" dans un contexte fortement concurrentiel, il ne peut plus compter que sur la demande intérieure : or, l’euro au niveau où il est actuellement bride par définition cette demande intérieure, et l’Etat doit donc alimenter la machine à endettement pour permettre aux gens de continuer à consommer des produits de plus en plus fabriqués à l’étranger... Ceux qui préconisent de sortir de l’euro et de revenir à un franc dévalué confondent la cause et la conséquence car ils voient le problème par le petit bout de la lorgnette. Le problème de fond, c’est bien la sous-compétitivité chronique de l’économie française, dont l’euro fort est devenu le révélateur objectif.

    Malheureusement, le capitalisme de connivence à la française (collusion entre la haute fonction publique, les grandes entreprises et les syndicats) a fait que l’Etat a systématiquement confirmé et validé cette stratégie de compétitivité prix des grands groupes, dont les conséquences désastreuses se traduisent dans la situation actuelle et sont exacerbées par l’euro. La politique d’Hollande visait d’ailleurs à réparer en partie ces erreurs en permettant notamment aux entreprises de s’aligner sur les standards technologiques allemands... aux frais du contribuable évidemment. En Allemagne, le capitalisme familial adossé aux PME a permis une transition beaucoup plus rapide à partir des années 70 vers la politique de l’offre. 

    La preuve de tout ça c’est que les secteurs qui ont effectué cette mise à niveau, notamment dans la très haute technologie (ex : industrie militaire, aéronautique, industries de niche) se portent aujourd’hui très bien et exportent dans le monde entier.



  • 4 votes
    Joe Chip Joe Chip 16 mai 2017 18:01

    Depuis plusieurs décennies, les marchandises, les capitaux ont été massivement mis en circulations et d’une façon ubiquiste et jusqu’à la nausée de la nasoseconde. Seuls les êtres humains n’ont pas eu ce privilège, ni ce droit.

    Beau plaidoyer pour le rétablissement de l’esclavage.

    Il est quand même assez révélateur que vous ne défendiez même pas le droit des hommes à se déplacer et à découvrir le monde mais celui celui d’être passivement "mis en circulation" par d’autres hommes, c’est à dire déplacés tels de vulgaires marchandises en fonction des besoins du marché.



  • 1 vote
    Joe Chip Joe Chip 16 mai 2017 00:43

    Hein ?



  • 3 votes
    Joe Chip Joe Chip 15 mai 2017 21:07

    @Claire29

    Merci pour le lien, c’est également comme ça que j’interprète l’élection de Macron, un coup d’Etat des réseaux de la (très) haute-fonction publique, court-circuitant le système des partis et des hommes politiques discrédités avec l’appui des grands médias.

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