Onfray explique (entre autres) que les "petits candidats" ont contribué à caricaturer et délégitimer les positions souverainistes (Asselineau, Cheminade), sociales (Poutou, Artaud) et les défenseurs de la province (réduits au folklorisme et à amuser la gallerie, cf. Jean Lassalle), savonnant ainsi la planche de MLP et de Mélenchon.
C’est d’ailleurs la raison évidente pour laquelle ils ont obtenu leurs 500 signatures.
C’est ce que j’appelais le grand dîner de con avant l’élection.
Beaucoup... Macron, face à une candidate d’extrême-droite, a recueilli les suffrages de moins de 50% des inscrits sur les listes électorales, sachant qu’une bonne moitié (10 millions) a voté par défaut pour lui, tandis que l’abstention et les suffrages non exprimés dépassent 30% des inscrits. C’est une victoire tactique aux termes d’un scénario ultra-favorable qui a vu l’élimination successive de tous ses concurrents.
Le premier bilan à tirer c’est que MLP n’a pas réussi à incarner une alternative crédible, à la fois pour des raisons structurelles liées à l’histoire de son parti et à la stigmatisation de son nom, mais aussi à une fin de campagne calamiteuse plombée par les conflits internes du FN et par la confusion autour de l’euro qui a démontré les limites du FN sur le plan de la gestion économique. MLP n’a pas réussi à convaincre la petite classe moyenne qui est celle qui a le plus à perdre dans tout changement (car trop riche pour bénéficier de l’Etat-providence et trop pauvre pour échapper à l’angoisse économique).
Il faut se rappeler aussi qu’avant cette élection tout le monde disait que l’élection-clé serait celle de 2022 car les conditions n’étaient pas encore réunies pour un basculement idéologique de la majorité électorale. Le dénouement tend à confirmer que c’était la bonne analyse. Le "système" avait encore une carte à abattre en proposant un renouvellement de la classe politique et de l’institution.
A mon avis il y a aussi un facteur psychologique qui a joué en faveur de Macron qui a pu apparaître opportunément pour un candidat de la positivité face à tous ses adversaires qui ont pris le créneau du catastrophisme (économique ou migratoire), et du déclinisme, de Fillon à Le Pen en passant par Mélenchon. Et là je te rejoins sur le décalage entre la réalité et les discours de malheur plus ou moins crédibles servis à longueur de temps par des gens plus ou moins bien intentionnés. Le Pen a fini par se vautrer dans le dolorisme collectif et le misérabilisme social, NDA surjouait le gaullisme ténébreux, c’était un très mauvais calcul.
Si l’on voit la configuration électorale, il y a quatre éléments qui bloque le souverainisme : le nom Le Pen, le manque criant de cadres compétents (surtout au FN), l’absence de coalition large et, donc, la question de l’euro.
Tout est dit, le problème du manque de compétence est même devenu criant. J’ajouterai seulement ce critère psychologique : il faut produire de la positivité politique, ce que seul Philippot a tenté de faire.
D’accord aussi avec Mollah Homard (?) sur la comparaison avec l’empire libéral de Napoléon III qui a modernisé la France sur le plan économique, c’est d’ailleurs tout ce que j’attends de Macron.
"C’est une claque !", lâche un cadre de la campagne, sous couvert d’anonymat, qui espérait plus. Pour lui, la contre-performance de Marine Le Pen au débat de mercredi dernier a eu un impact décisif sur les électeurs. "Elle a détruit deux ans de travail de terrain en deux heures", déplore-t-il. "On tablait sur au moins 40 %", ajoute un autre, qui prévoit des lendemains difficiles pour le parti. "Des têtes vont sauter, notamment dans l’organisation de la campagne", estime-t-il.
Je ressens un peu la même chose, il y a quelque chose qui est indéchiffrable chez ce type, non révélé pour le moment, qui pourrait être en mal comme en bien d’ailleurs. Etant légitimiste, je souhaite que cela soit en bien.
4. C’est peut-être la mise en scène face à la pyramide du louvre qui vous inspire ce sentiment étrange :