« Patrick Clastre, un historien spécialisé dans l’histoire des jeux
indique que le degré de contrôle n’a jamais été aussi fort que pour ces
jeux à Londres, bien plus en fait qu’il ne le fut à Pékin en 2008. Il
ajoute que pour imposer ce type de règles, le CIO a besoin “d’une dictature ou d’un pays ultralibéral“.
Cette phrase est glaçante.
Les règles mises en place par le CIO pour protéger ses droits de
propriété intellectuelle portent gravement atteinte à la sphère publique
et elles aboutissent à la destruction de biens communs essentiels.
Hannah Arendt explique très bien que le totalitarisme opère en
détruisant la distinction entre la sphère publique et la sphère privée.
Dans le cas des fascismes d’entre-deux-guerres ou du stalinisme, c’est
la sphère publique qui a débordé de son lit et qui a englouti la sphère
privée jusqu’à la dévorer entièrement. Les dérives de la propriété
intellectuelle que l’on constate lors de ces jeux olympiques
fonctionnent en sens inverse. C’est cette fois la sphère privée qui
submerge l’espace public et le détruit pour le soumettre à sa logique
exclusive. L’effet désastreux sur les libertés individuelles est
sensiblement identique et c’est précisément ce processus de corruption
qu’avaient anticipé les auteurs du Cyberpunk, avec leurs corporations
souveraines.
D’où l’identité entre ultralibéralisme et dictature »
« On assiste à une prise de contrôle par le CIO et par ses sponsors
des espaces olympiques. Ils créent un système autarcique dans lesquels
s’imposent, pour une durée déterminée, une loi d’exception, à l’image
des lois antiterroristes, avance Patrick Clastres, historien des Jeux olympiques. Le
CIO sécurise l’organisation même des jeux depuis trois olympiades.
McDonalds nourrit les athlètes et les spectateurs, Coca les abreuve et
Visa sécurise les paiements. »
nb. Ce qui était vrai à Londres en 2012 l’est encore plus à Paris en 2024
« L’Europe s’est alignée sur les États-Unis, avec son « capitalisme de connivence » et riposte en ayant recours au moralisme et au gouvernement des juges. Seule une remise en question totale du système capitaliste pourrait y mettre fin. : " Le capitalisme contemporain est devenu par la force de la logique de l’accumulation, un « capitalisme de connivence ’’. Le terme anglais ’’ crony capitalism’’ ne peut plus être réservé aux seules formes « sous-développées et corrompues » de l’Asie du Sud est et de l’Amérique latine que les ’’ vrais économistes ’’ (c’est à dire les croyants sincères et convaincus des vertus du libéralisme) fustigeaient hier. Il s’applique désormais aussi bien au capitalisme contemporain des États-Unis et de l’Europe. ... Dans son comportement courant, (cette classe dirigeante) se rapproche alors de ce qu’on connaît de celui des ’’ mafias ’’, quand bien même le terme paraîtrait insultant et extrême ». (Par Samir Amin, économiste et président du World Forum for Alternatives.)
Il nous faut impérativement désormais boycotter toutes les élections qui n’obligent pas les élus à nous rendre des comptes et aussi longtemps qu’ils accepteront de participer en nos noms à des scrutins à bulletins secrets.
Il n’y a pas d’autres alternative citoyenne hormis la révolution. ou les émeutes.