@Zatara "Si vous l’admettez, alors la civilisation porte intrinsèquement la marque d’une apocalypse"
Comme je le disais dans mon message initial, les sociétés humaines peuvent générer et reproduire des pathologies qui seraient beaucoup plus rapidement limitées dans la nature. Néanmoins, il faut ajouter que la civilisation peut aussi créer et faire évoluer quelque chose que la nature ne peut pas inventer elle-même (sans passer par l’humain) : la culture (la philosophie, les sciences et les arts). L’humanité n’est donc pas seulement une abomination, car tout en étant vulgaire, malsaine ou carrément infernale par privation de l’innocence et de la grâce naturelle, elle est aussi la promesse d’une surnature, un rêve que ferait la nature de son propre dépassement. La question de savoir si, en nous éloignant du giron de la nature pour construire une culture, nous gagnons ou perdons quelque chose, reste ouverte. Je ne pense pas qu’on puisse y répondre intellectuellement en profondeur. C’est l’existence humaine et l’histoire qui répond.
@Ozi "En gros : Peut on donner une arme à un enfant de cinq ans ?"
La métaphore n’est pas valide car rien ne lui correspond.
Constitutionnellement, le peuple de France est actuellement souverain de la nation (ce n’est pas mon avis personnel, c’est écrit dans la constitution, point barre). Le RIC n’est qu’une modalité de cette souveraineté. La souveraineté, elle, est déjà posée officiellement.
Ensuite, il n’existe en France rien d’autre que le peuple. Personne ne peut donc se séparer a priori de la population pour jouer à l’adulte autoproclamé capable de juger que la population a 5 ans ou qu’elle doit être bien éclairée (par qui ?). On peut seulement réclamer à bon droit que les débats soient objectivement bien organisés, qu’ils ne soient pas truqués.
Il y aurait bien sûr d’autres manières de faire fonctionner politiquement une société que le moteur démocratique, par exemple une royauté absolue, une théocratie, un gouvernement par des ordinateurs, etc. Mais ce serait une toute autre histoire que la nôtre.
Pour un démocrate, le "bon" choix politique est le choix de la population, quel qu’il soit. C’est pourquoi il ne faut pas se dire démocrate à la légère. Et il ne faut pas non plus tenter d’appliquer systématiquement la démocratie en dehors du champ politique, car elle n’y aurait pas forcément de sens. Par exemple, elle n’en aurait pas dans un espace privé tel qu’un restaurant : le patron du restaurant n’a pas besoin d’organiser un vote des habitués pour décider du menu ou de la couleur de la salle. Ou alors c’est une cantine populaire et il n’y a plus le patron. Et il n’est pas certain qu’on y mangerait mieux.
@Zatara "C’est vrai mais c’est une façon réductrice d’appréhender le problème. C’est une vision exclusive qui essentialise la nature (voir la fantasme en tant que déesse toujours positive, allant jusqu’à lui conférer une morale)".
Disons plus simplement que c’est la nature qui a le dernier mot pour tout ce qui touche à la vitalité (impossible d’être vivant en dehors de la nature). Mais il n’y a pas là de moralité. La nature c’est aussi le tigre qui bouffe un enfant ou la tempête qui engloutit un équipage d’honnêtes marins (faut aussi que tigres, requins et crabes puissent se nourrir).