@maQiavel "C’est ça la gauche : elle suit le mouvement de la " modernité" comme l’eau d’un ruisseau suit la configuration du terrain. Une modernité qui rase tout sur son passage , qui reconstruit du neuf et qui le rasera de nouveau dès qu’il sera perçu comme ancien , toujours et encore le même processus de table rase et de reconstruction dans un mouvement continuel vers l’avant."
Ce dont vous parlez, ça s’appelle le progressisme.
@PumTchak "La gauche telle que l’on m’a racontée, c’est le progrès social."
Je comprends bien et d’ailleurs j’ai hésité à vous demander : pourquoi ne pas vous définir comme "socialiste", tout simplement ? Le concept de "socialisme" me semble déjà beaucoup plus cohérent et défendable, malgré les récupérations et les mauvaises associations dont il a pu être l’objet. Il a du ventre, des racines, une étymologie.
"Moi la question que j’ai posé à Zatara, c’est de savoir si pour lui ce clivage existe ou non."
Mais un clivage peut très bien exister dans les représentations, dans les discours, sans exister toutefois dans la réalité. C’est justement tout le problème que posent les vieilles grilles de lecture (qui persistent dans les têtes) et les nouveaux enjeux (qui exigent la création de nouvelles catégories, de nouveaux concepts, de nouvelles dénominations mieux adaptés aux clivages que l’histoire et l’esprit du temps ont déplacées et reconfigurés). Il n’est pas facile de deviner à quel niveau se situe votre question, mais bien plus haut, Zatara avait déjà répondu :
"Dans tous les cas, il n’y a plus, dans les faits, un clivage gauche/droite de par l’intégration quasi complète de la finance des pays occidentaux, de par le poids des banques centrales, de par les poids des multinationales (mais p.tain, y’a franchement rien de nouveau la dessus). Maintenant,une fois que c’est dit, et intégré, ce clivage gauche droite "existe"(si l’on peut dire ainsi) dorénavant, uniquement dans la tête du consommateur, comme représentation psychique du monde, et fracture idéologique fantasmé."
C’est un sujet délicat qui demande une approche nuancée. Il y a sans doute autant de problème avec les dentistes (par exemple), qui parfois sont brutaux, n’expliquent pas correctement ce qu’ils font, ne donnent pas clairement le choix, et plus généralement n’ont pas conscience de l’impact psychologique de leur intervention ou de leurs propos (sans même parler du coût). Le problème est celui du manque de délicatesse de certains praticiens, sans doute à cause d’une culture médicale qui consiste à ne voir dans le corps humain qu’une sorte de machinerie, selon la représentation cartésienne de l’organisme. Et aussi parfois à cause du manque de temps pouvant être consacré à chaque patient. Si on en fait un problème "féminin" devant être abordé par un point de vue "féministe", on se trompe de sujet et de méthode.