"Le gros problème avec les partis idéologiques, c’est qu’ils partagent en commun avec les êtres biologiques l’instinct de survie mais sans partager la mort programmée. De telle sorte qu’une idéologie ne meurt que parce qu’une autre a pu la remplacer ou la vaincre (ce qui est la même chose au fond)."
"Et paradoxalement, cette caractéristique fait partie de ce qui permet aux humains de s’inscrire dans la longue durée."
Ce n’est heureusement pas la seule manière. Car la longue durée peut prendre la forme d’un mouvement d’idée qui évolue. Mais généralement, cette possibilité pour un courant d’idée d’évoluer de manière vivante (et non en se transformant en tumeur qui se développe au détriment du corps social) est conditionnée par le fait de n’être pas immobilisé par une institution, mais de s’incarner en plusieurs associations (au sens large) successives et à chaque fois adaptées aux circonstances du moment.
Je le répète : la distinction entre la pensée vivante et la pensée morte est essentielle. Et seule une pensée vivante voit la différence. Pour celui qui est dans une pensée morte, tout est mort, momifié. Parce que la pensée sort déjà morte de son mental. Et donc il demandera avec son penser mort : "Quelle est donc cette pensée vivante, démontrez-moi qu’elle existe, pardi ! Toutes les pensées sont des pensées..."
@maQiavel "Les idéologies survivent aux associations qui les défendent. Donc la dissolution de ces associations ne changera rien à la survie des idéologies."
Je ne pense pas que vous ayez bien compris la partie de mon commentaire à laquelle vous répondez ici. Je dis que "toute association devrait prévoir sa propre disparition pour éviter d’entrer dans un processus tumoral." Je ne parle pas d’une dissolution extérieure mais de couper court au processus de sclérose de l’intérieur et en le prévoyant au départ. C’est ce que font aussi, par exemple, certains auteurs en annonçant publiquement de leur vivant que tous ceux qui se réclameront de leur enseignement et prétendront le poursuivre seront des imposteurs et des escrocs. Ca ne prévient pas toutes les récupérations, mais ça les rend moins faciles quand même ! Beaucoup moins que de créer soi-même une fondation à son nom !! Mais pour cela, il faut accepter de mourir (ce qui est encore moins évident quand on est célèbre). Ensuite, la vie des idées suit naturellement son propre cours, mais c’est autre chose que la sclérose idéologique (comprendre la différence entre les deux est important).
@maQiavel "Est-ce que Gandhi a suivi son propre conseil dans sa lutte indépendantiste ?"
Oui et c’est même un modèle dans le genre. Son style de vie était accordé à ses préconisations. Il n’a pas dit non plus qu’il fallait se contenter de se changer soi-même mais que c’était la première fondation d’une action cohérente (sans quoi on veut brutalement changer le monde sans jamais y parvenir puisqu’on contribue à entretenir la brutalité générale avec sa propre brutalité).