"Exactement, j’ai fait référence à la querelle des universaux plus haut au point 5.
C’est le genre de débat infini dont on ne verra pas le bout dans les cinq millénaires qui vont suivre. Et le pire est que la solution n’apportera strictement rien à la problématique que nous abordons…"
Ah, je n’avais pas vu le point 5 (ce débat est riche en interventions longues) ! Pour prendre un autre exemple, considérons le cas de la longue guerre entre les catholiques et les protestants au sein du christianisme. Il est clair que ce n’est pas du tout une résolution théologique qui a pu y mettre fin. La solution a été politique, pas religieuse. Ils sont toujours en désaccord radicalement sur certains points essentiels mais ils ne se massacrent plus les uns les autres. Le dialogue entre les deux camps (je simplifie) continue, peut-être pour l’éternité, sur le plan culturel. Heureusement qu’on n’a pas attendu la résolution culturelle pour vivre en paix !!
@Qirotatif "L’étude est juste un moyen indispensable, en aucun cas une finalité. Et la finalité est de combattre ce cancer sans pour autant renoncer à ce que nous sommes, mais au contraire en affirmant ce que nous sommes."
Je comprends ça. Mais c’est un combat culturel et non une approche politique du problème. Les deux sont utiles, mais ne peuvent se confondre.
@Qirotatif "En conclusion, je dirais que s’il y a bien des gens qui peuvent étudier cet objet, ces pratiques, ce sont précisément des non-muz : ils sont d’ailleurs ceux qui le font le mieux."
Etudier les pratiques, oui, ce travail sociologique et ethnologique est possible (et souhaitable). Rien à voir avec le fait de partir en quête de la signification ultime d’une message religieux.
@maQiavel "L’idée qu’une idéologie religieuse ou non puisse exister objectivement n’a aucun sens, il n’existe que des interprétations subjectives de ces idéologies, d’où la naissance ce multiples courants en leur sein. Une idéologie est une représentation intellectuelle et lui attribuer le qualificatif d’objet comme si elle pouvait exister indépendamment de celui qui se la représente est un non sens."
C’est même encore plus compliqué que ça car l’idée qu’une idée puisse - ou non - être une entité dotée d’une réalité objective est elle-même débattue depuis des millénaires et a animé les débats scolastiques de l’époque médiévale, en particulier à travers la "querelle des universaux" opposant le réalisme (les idées sont réelles) et le nominalisme (les idées ne sont des mots) ! Bref, vous avez encore plus raison que vous le dites.