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Éric Guéguen

Éric Guéguen

Le monde actuel en 20 penseurs :
 
Platon - Aristote - Lucrèce - Farabi - La Boétie - Montaigne - Spinoza - Rousseau - Hegel - Tocqueville - Nietzsche - Ortega y Gasset - Polanyi - Strauss - Arendt - Vœgelin - Villey - Dumont - MacIntyre - Lasch
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« Le citoyen typique, dès qu’il se mêle de politique, régresse à un niveau inférieur de rendement mental. Il discute et analyse les faits avec une naïveté qu’il qualifierait sans hésiter de puérile si une dialectique analogue lui était opposée dans la sphère de ses intérêts réels. Il redevient un primitif. Sa pensée devient associative et affective. »
(Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, Quatrième partie, XXI, 3 (p.346)).
 
Contact : [email protected]
Le Miroir des Peuples, éditions Perspectives Libres, 2015

Tableau de bord

  • Premier article le 05/12/2012
  • Modérateur depuis le 28/02/2013
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Derniers commentaires




  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 21 octobre 2014 16:31

    Exact. Pour ma part, à mon humble niveau, j’essaie de refonder une démocratie cohérente, ce qui est déjà pas mal. Tout ne peut pas être "démocratique", comme vous le dites, mais je sais aussi en reconnaître les bienfaits et les vertus.



  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 21 octobre 2014 16:09

    Parvenu au bout de la première vidéo, je la trouve quand même très orientée : certains comprendront à tort que la réussite de l’Occident se résume au capitalisme, et que celui-ci se résume à son tour aux bénéfices de la traite négrière. Un peu dommage. Je vais regarder la suite.



  • 3 votes
    Éric Guéguen Éric Guéguen 21 octobre 2014 15:35

    Avec plaisir. Voici. Et pour ce faire, je me permets de remettre tout ce que j’ai dit, c’est important :

     
    "... dans un panel de plusieurs millions d’habitants, consommateurs invétérés, qui ne se connaissent ni d’Ève ni d’Adam et à qui l’on a désappris la vie en communauté, le principe même d’élection est, selon moi, d’essence marchande."
     
    Ce que je veux dire par là, c’est que ce qui est à la base de tout ça, de cette révolution anthropologique propre à l’Occident chrétien, c’est l’individualisme. Non pas l’individualisme dans son acception courante et moderne, celui dénonçant un égoïsme rampant. Non. L’individualisme que je mentionne est cette conviction, inédite dans l’histoire, que les individus ne sont pas les produits de leur communauté d’appartenance, mais bel et bien ses fondateurs. C’est le mythe de l’état de nature célébré par Hobbes. C’est une aberration totale, une simple fiction à laquelle Hobbes a recours pour aider à mettre fin aux conflits politiques et religieux de son temps, mais qui a fini par percoler dans l’histoire (portée par Locke, puis Rousseau, puis Kant et les droits de l’homme, etc.) et convaincre implicitement tout un chacun qu’il était ayant droit et que l’État n’était là que pour satisfaire ses besoins. La communauté n’ayant plus de réalité à elle, autre que de servir les individus qui la composent, elle devenait de ce fait "société", concept déjà en soi économique et non plus politique, car fondé sur l’idée d’un contrat ("social"), et non plus liée à un statut (notre animalité politique, ou si vous préférez notre réflexe grégaire inné).

     

    Au XIXe siècle, par suite, le gouvernement représentatif s’est mis en place, hybride entre la démocratie grecque mythifiée et l’idée d’une nouvelle aristocratie fondée sur la fortune bourgeoise (s’appuyant sur les fameuses "Lumières"). Il fallait alors à la fois contenter les masses nouvellement émancipées et répondre à l’impératif de gestion. Ce qui a été fait est la chose suivante : une parcellisation du pouvoir formel entre les petites mains (suffrage universel), couplé à une professionnalisation en hautes sphères donnant à quelques nantis les rênes de la société (pouvoir réel) tout en donnant à leurs mandants l’illusion d’une "souveraineté", concept piège par excellence, puisqu’il n’y a pas de pouvoir sans exercice effectif de celui-ci. Néanmoins, la "société civile" y trouvait son compte, car, débarrassée du fardeau politique tout en se préservant par les urnes du risque de tyrannie, chacun pourrait bientôt vaquer à ses petites occupations privées, quitte à devoir se rendre à échéance régulière dans les bureaux de votes pour opter pour un représentant comme l’on choisit un simple produit ménager. Et je conclurais par une citation de Bernays, qui en dit long à ce sujet :

     

    « On peut amener une collectivité à accepter un bon gouvernement comme on la persuade d’accepter n’importe quel produit. C’est tellement vrai que je me demande souvent si les dirigeants politiques de demain, qui auront la responsabilité de perpétuer le prestige et l’efficacité de leurs partis, ne vont pas entreprendre de former des politiciens qui seraient aussi des propagandistes. » (Propaganda., p. 101).

     

    Souhaitant vous avoir répondu,

    EG



  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 21 octobre 2014 14:45

    Merci encore, j’écoute ça en ce moment même.



  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 21 octobre 2014 14:32

    Bonjour et merci pour ce long commentaire, intéressant qui plus est.
    Je vous rejoins assez sur le diagnostic que vous dressez du bipartisme. Vous songez à la corrida, je le comparais ailleurs à un théâtre alternant côté cour et côté jardin.
    Je pense que l’esprit de parti a fait son temps : autant d’individus, autant de partis, chacun avec ses sensibilités et ses certitudes qui toutes ne peuvent être "mises en boîte" sans être profondément dénaturées. La mise en pratique est plus compliquée, ne serait-ce que pour aider à désapprendre ce qui a été malencontreusement appris.
     
    Sur mon "credo vertical", je me sens obligé de préciser quelque peu les choses. La verticalité dont vous faites état avec le "1%" n’est pas celle à laquelle je pense, bien sûr. Lorsque je dis que la politique est d’esprit vertical, je songe surtout au besoin de valeurs communément partagées, des valeurs qui nous font toutes et tous porter notre regard dans la même direction, celle d’un point surplombant. On peut toujours dénoncer le fait qu’une poignée s’arrogent le droit d’accaparer cette position surplombante pour imposer leurs vues, et c’est le risque en effet. Mais ce point d’appui détaché de la masse des individus me semble essentiel à la pratique de la politique. L’économie, elle, est d’essence horizontale, c’est certainement pour cela qu’elle plaît tant aux socialistes comme aux libéraux, ne rêvant tous que d’un dépassement du politique dans la profusion marchande (débridée pour les libéraux, universelle pour les socialistes). Ils en reviennent à présent car le credo horizontal - on le voit aujourd’hui - promeut en retour des verticalités inédites, non plus de sang, mais de fortune.

     

    En définitive, les communautés humaines, populeuses et complexes, ne me semblent pas en mesure de s’épargner la verticalité. En chassant le naturel, il revient au galop sous des formes obscènes. Ce qu’il faut parvenir à faire, c’est saisir la verticalité juste, celle répondant à l’équité. Et ça, Badiou n’en parle pas du tout, bien entendu.

     

    EG

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