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Éric Guéguen

Éric Guéguen

Le monde actuel en 20 penseurs :
 
Platon - Aristote - Lucrèce - Farabi - La Boétie - Montaigne - Spinoza - Rousseau - Hegel - Tocqueville - Nietzsche - Ortega y Gasset - Polanyi - Strauss - Arendt - Vœgelin - Villey - Dumont - MacIntyre - Lasch
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« Le citoyen typique, dès qu’il se mêle de politique, régresse à un niveau inférieur de rendement mental. Il discute et analyse les faits avec une naïveté qu’il qualifierait sans hésiter de puérile si une dialectique analogue lui était opposée dans la sphère de ses intérêts réels. Il redevient un primitif. Sa pensée devient associative et affective. »
(Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, Quatrième partie, XXI, 3 (p.346)).
 
Contact : [email protected]
Le Miroir des Peuples, éditions Perspectives Libres, 2015

Tableau de bord

  • Premier article le 05/12/2012
  • Modérateur depuis le 28/02/2013
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Derniers commentaires




  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 12 janvier 2014 21:20

    Si chacun songeait à faire sa part de boulot sans se soucier des manquements du voisin qui, dans une démocratie cardinale, annihilent tout effort que l’on entreprend... ce serait déjà pas si mal.



  • 3 votes
    Éric Guéguen Éric Guéguen 12 janvier 2014 19:17

    Cette "légitimité claire" s’appuie sur l’idée de suffrage qu’il faut aussi abandonner pour repenser les moyens de désignation politique. Le tirage au sort, dans cette perspective, peut être un outil précieux et engendrer, lui aussi, une "légitimité claire". À condition toutefois de l’accompagner d’un appareil de sélection préalable : avoir été sollicité et non être candidat, avoir du temps devant soi à accorder à la chose publique, accepter de ne tirer aucun bénéfice personnel des charges confiées, démontrer un intérêt et des connaissances minimums dans des champs afférents à la direction politique du pays, se soumettre au turn-over et à la reddition de comptes...



  • 3 votes
    Éric Guéguen Éric Guéguen 12 janvier 2014 18:40

    Bonjour Gaspard.
    On ne peut pas trouver un critère aussi évident que le fait de "faire nombre", c’est certain.
    En revanche, on peut s’efforcer de placer les gens mus par une bonne volonté (il en reste) dans des situations qui les obligent à exercer leur raison, non plus en troupeau pour en tirer un avantage personnel, mais de manière responsable et individuelle au service d’un intérêt commun.
    Pour ce faire, il faut commencer par interdire les sondages dans des domaines aussi sérieux que la culture ou la politique. Le sondage est une photographie du nombre et il influe presque nécessairement sur nos jugements. C’est un outil proprement mercantile qui ne peut convenir en démocratie ordinale.
    Ensuite, il faut ménager (sur Internet par exemple) des espaces où auront lieu de véritables débats publics, comme ceux que nous tenons de temps en temps ici. Dans ces rares moments d’intelligence collective, la bonne volonté des participants au service du bien commun serait manifeste pour tous les spectateurs, et en inciterait certainement un bon nombre à l’effort intellectuel, à l’échange dépassionné, à la responsabilité individuelle et à la recherche de valeurs communes.



  • 3 votes
    Éric Guéguen Éric Guéguen 12 janvier 2014 18:10

    @ altekamaraden :
     
    Par bijection :
     
    1. Admettre que tout ne se vaut pas, que certains réflexes culturels sont plus nobles que d’autres dans la mesure où ils permettent la compréhension de la complexité du monde, même si certains ne sont pas capables (par manque de temps, flemme ou limites intellectuelles) de s’y atteler ;
    2. En regard, la liberté d’expression totale doit être admise, non négociable ;
    3. Le principe majoritaire doit être abandonné d’une manière ou d’une autre, c’est-à-dire qu’il faut en finir avec l’idée selon laquelle ce qui agrège le plus d’avis favorables est nécessairement dans le vrai ;
    4. Chacun peut ainsi avoir la possibilité de dire tout haut ce dont il est convaincu sans se voir reprocher la contagion issue d’un "cerveau malade" (sic !) ;
    5. L’opinion doit cesser d’être l’alpha et l’oméga de la démocratie : il y a de bonnes opinions sur le chemin de la connaissance, comme il y en a de mauvaises au nombre desquelles le racisme ou l’antisémitisme (opinions fâcheuses, mais opinions quand même, quoi qu’on en dise) ;
    6. Le jugement de valeur doit être reconnu légitime à partir du moment où nos vies ne sont que le cheminement de discriminations successives, mais il faut bien entendu s’entendre sur des valeurs communes ;
    7. L’égalité doit être enfin vue pour ce qu’elle est : chimérique en-dehors de celle reconnue devant la loi.
    8. La démocratie ne doit plus être "cardinale" (i.e. fondée en nombre, agrégative), mais "ordinale" (i.e. fondée en raison, dialectique). Internet sera-t-il le média de la démocratie ordinale comme la télévision aura été celui de la démocratie cardinale ? J’en laisse chacun juge.
     
    Bien à vous,
    EG



  • 5 votes
    Éric Guéguen Éric Guéguen 12 janvier 2014 17:38

    1. La démocratie moderne table sur l’égale capacité de chacun à comprendre la complexité du monde ;
    2. Elle se targue de promouvoir la liberté d’expression ;
    3. Selon l’égalité des intelligences et des jugements qu’elle promeut, elle ne rend légitime que des opinions ayant l’art de fédérer des majorités, sans le moindre jugement de valeur intrinsèquement anti-libéral ;
    4. Elle constate ensuite que le talent d’orateur de certains les conduit à véhiculer sur la place publique des idées contraires au progrès de commande ;
    5. Ces personnes risquent donc, par leur talent, de fédérer des majorités autour de certaines idées ;
    6. La démocratie a alors recours, en désespoir de cause, au jugement de valeur ("dignité humaine" et autres joyeusetés) auquel elle s’était promis de renoncer, constatant au passage que l’on ne peut y couper ;
    7. Ne pouvant revenir sur l’égalité des intelligences (purement formelle) qu’elle vantait au préalable, la démocratie n’a d’autre choix que d’agir en amont, c’est-à-dire de brider la liberté d’expression des « populistes » (sic) qui « dérapent » (re-sic) ;
    8. Au final, l’illusion de l’égalité est maintenue, le jugement de valeur s’impose coûte que coûte, et c’est la liberté d’expression qui trinque.

     

    Au travers de l’affaire Dieudonné, ce sont les présupposés démocratiques qui sont mis en question. On peut, et on doit rire de tout, mais on ne peut pas rire de tout avec tout le monde, car tout le monde n’est pas équipé de la même manière pour saisir le second degré. La démocratie va mourir de ses chimères, ce que les pseudo-élites feignent d’ignorer, et ce que le bon peuple est à des années-lumières d’appréhender.

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