Le terme "convergence" n’a de signification que si l’on précise ce qui converge, et vers quoi. Rassembler pour protester tous azimuts, cela conduit au brouhaha et la confusion. Il faudrait se limiter à 3 ou 4 points clés extrêmement concrets (non un programme à la Prévert de 70 articles), et s’efforcer d’entrainer certains média dans une vaste consultation sur l’approbation de ces points. Cela seul peut constituer une réelle pression. Virer le président ou changer le système, c’est de l’incantation, on l’a vu, et l’aspect "insurrectionnel" a coupé le mouvement d’une grande partie de la population.
@PumTchak On est en désaccord sur l’interprétation, le "mais" n’est pas selon moi "mais au contraire", il me parait plutôt "mais par ailleurs".
Je n’ai pour le reste pas écrit que la démocratie était récente, mais qu’elle n’était pas implicite dans les sociétés primitives, que l’on tend, vu d’aujourd’hui, à idéaliser. Ainsi le texte où il est dit qu’il n’y avait pas de juge ou de prison, alors qu’il y avait un droit coutumier souvent strict et des châtiments immédiats (que ce soit par le chef, le chaman, les sages, ou l’assemblée). Même sans propriété de "biens" il peut exister hiérarchie et privilèges : la meilleure zone de cueillette, la meilleure part de nourriture, l’accès aux provisions, causes aussi de conflit de préséance.
@maQiavel Je reconnais que ma formulation a été plus abrupte qu’elle n’aurait du, mais c’est en réaction justement à cette idéalisation du modèle primitif -il est vrai qu’on la trouve aussi chez Clastres, aussi suis-je un peu iconoclastre Je ne réduis pas l’ensemble de ses propositions au seul tirage au sort, mais de manière générale sa délégitimation de ladémocratie représentative (que l’on peut évidemment améliorer) via une utopie de démocratie directe me parait alimenter un courant que l’on pourrait rapprocher de l’"antiparlementarisme" des années 30, c’est pourquoi il est récupéré par des courants plus proches des "ligues" de cette époque -partisans d’un état fort— que de l’idéal démocratique autogéré auquel, je pense, il croit sincèrement (ou naïvement). Ceci dit, je suis favorable au RIC, sans le considérer comme l’alfa et l’oméga de la gouvernance.
C’est du rousseauisme naïf, l’idéalisation d’une forme d’état de nature et d’un enjolivement du passé. Mais on en revient au fait que ce qui a pu être appliqué (sans généraliser) dans des micro-sociétés ne saurait être directement transposé dans des états de millions d’habitants.