Blueman : quand je soulève le conflit d’obligation, devoir secourir la vie d’autrui, et devoir ne pas torturer, la menace de mort que je suppose n’est pas rhétorique, mais concrète et prouvée.
On peut rapprocher ce genre de situation de ce qu’il en est pour la légitime défense, qui entraine un conflit juridique entre le droit de se défendre et le devoir de ne pas tuer.
Il faut que la menace de mort soit prouvée pour que la légitime défense soit reconnue. Reconnaître la légitime défense n’est pas autoriser le meurtre.
Certes, nul n’est censé ignorer la loi, mais la loi n’est pas censée ignorer le bon sens...
Le premier terme n’est possible à remplir que si le second terme l’est également.
La torture doit être pénalisée, mais il faut admettre que secourir des vies en péril de mort imminente, qui est aussi une obligation légale, serait une circonstance atténuante.
Pas forcément. Dans certaines situations, il peut y avoir contradiction entre deux termes de la loi : - l’obligation de porter assistance à personnes en danger de mort. - l’obligation de ne pas torturer.
Si un homme déclare avoir connaissance d’une bombe dans un école, on aurait d’une part l’obligation légale de faire en sorte qu’il donne la localisation de cette bombe, pour écarter la menace de mort sur les personnes, et d’autre part l’obligation légale de ne pas employer les moyens nécessaires, lesquels ne causeraient pourtant pas sa mort, pour le faire parler.
C’est donc un cas de contradiction de la loi. Il faut donc arbitrer entre deux maux, et choisir le moindre.
- Atteindre à l’intégrité physique ou morale de quelqu’un pour sauver les vies d’autres personnes. - Laisser mourir des personnes pour ne pas atteindre à l’intégrité physique ou morale de quelqu’un.
Si c’est pour sauver des vies en péril imminent, alors, torturer, qui n’atteint pas à la vie, me semble de bon sens.
Évidemment, on ne saurait résoudre cette contradiction dans la loi à priori, car tout dépend de la situation effective. Un tel choix, pratiquer la torture pour sauver des vie, s’il est fait, devra toujours être jugé à postériori. Il n’est donc pas question de dépénaliser la torture, mais d’admettre que secourir des vies en péril imminent et factuel (et non un péril potentiel ou éventuel) peut être retenu comme une circonstance atténuante.