Le modèle gnostique entrevoit toute pluralité en tant que division de l’unité de rang supérieur. En cela, la conséquence est contenue dans la cause. La pluralité hérite une partie des qualités de l’unité supérieure. Satan est alors vu comme une division de Dieu.
En christianisme, la pluralité est conçue comme le fruit d’un acte de création du créateur à l’extérieur de lui-même. En cela la conséquence est hors de sa cause. Elle n’hérite pas des qualités du créateur lui-même, mais elle a ses qualités propres. C’est la causalité moderne. Tout ange a été créé doté de la capacité de comprendre et de vouloir, avec son intelligence et sa volonté propre. Il était donc possible qu’un ange règle sa volonté contre Dieu, mais ce n’était pas nécessaire.
L’univers des créatures gnostiques est un univers de créatures dépendantes de l’unité, une pluralité d’êtres issus de l’unité divisée.
L’univers des créatures chrétien est un univers de créatures indépendantes et autonomes, une pluralité d’êtres juxtaposés (des monades).
Bref, gnose et christianisme ont une conception totalement divergente de la causalité.
Personnellement la conception chrétienne me semble plus sensée : de fait, dans ce monde, chaque homme a sa volonté, sa sensibilité, son intelligence propre à lui-même, chaque petit bout de matière réagit selon les causes qu’il perçoit.
L’idée de se diluer dans l’Un, la conscience universelle, n’y a aucun sens. Cela n’a de sens que dans un contexte gnostique nostalgique de l’unité perdue.
@Gollum : ce n’est pas le fait que vous entriez dans le débat qui me déplait, mais que vous y entriez de manière désordonnée. Ceci fait que le forum devient extraordinairement difficile à Lire. Si vous aviez réagit en m’interpellant plus bas, je pense que cela aurait été mieux.
Micnet : Je ne crois pas que le fils prodigue DEVAIT s’encanailler dans le monde extérieur. Il aurait très bien pu s’en passer, cela ne lui aurait pas nui. Mais à partir du moment où il en avait la volonté, comment son père pouvait-il s’y opposer ? Son père l’a donc laissé faire selon sa volonté au risque qu’il se perde. Mais il faut bien voir que cette volonté de perdition n’est pas celle du père, mais celle du fils.
En revanche, il est vrai que cette volonté fausse dans le fils devait mourir. Cette mort de l’erreur dans sa volonté fut douloureuse pour lui. Mais maintenant que cette volonté erronée est morte, il est revenu avec une volonté vraie et saine, il y a donc d’autant plus de raisons de s’en réjouir.