Déjà présenter la réussite d’une entreprise comme de fruit exclusif une "prise de risque", c’est médiocre : une entreprise réussie, c’est d’abord du travail récompensé. Ensuite affirmer qu’un million d’entrepreneurs font vivre 64 millions de personnes, c’est médiocre : c’est oublier que l’entrepreneur réussi grâce au bon travail de ses salariés.
Une belle illustration du manichéisme médiocre de la lutte des classes, pris en étau que nous sommes entre : - la subversion par l’orgueil venant des libéraux (vice présidé par Lucifer), - la subversion par l’envie venant des marxistes (vice présidé par le Léviathan).
La gauche tolère parfaitement que les travailleurs françaises soient mis en concurrence avec les travailleurs (par exemple) chinois. En effet, elle combat férocement toute idée de protectionnisme qui pourrait faire cesser cette situation.
Or, que peuvent faire les entrepreneurs, soumis ainsi à une concurrence mondiale ? S’ils ne veulent pas faire faillite, il leur faut ou baisser les salaire ici, ou aller s’implanter là-bas...
D’ailleurs, il est vrai que si l’on peut imputer à Bernard Arnaud le démantèlement de Boussac, on ne peut pas lui imputer le démantèlement de toute la filière textile française, car c’est bien l’ensemble de la filière textile française qui a quasiment disparu... Que seul le textile "de luxe" ait subsisté correspond donc à une certaine logique, celle de la mondialisation.
Or, cette mondialisation, la gauche ne la conteste pas, elle est pour.
Sinon, j’aurais quand même moins loin que Gerfaut. Il n’est nul besoin d’avoir des frontières étanches. Il suffit de prélever des taxes aux frontières (une taxe de 10% à l’import rapporterait 60 milliard d’euros par an).
D’autre part, il ne faut pas sous-estimer le problème de la valeur de la monnaie. Un salarié payé en France avec un salaire Chinois ne pourrait tout simplement pas survivre, voire mourrait bientôt de faim (étant donné le prix de nos loyers, par exemple)... Donc l’Euro est manifestement très surévalué par rapport à ce qu’il permet d’obtenir. Déjà que le Franc a été surévalué en entrant dans l’Euro (politique du Franc fort)...
Donc il faudrait que les gens de gauche, avant de chercher des boucs émissaires parmi les élites économiques (les bourgeois sont très très méchant), devraient déjà s’interroger sur le sens des décisions prises par leurs partis politiques, faire la connexion avec les temps présents, puis comprennent que cela sert à rien de chialer d’avoir les conséquences des causes que l’on chérit encore...
Tu crois vraiment que le rejet des conflits exercé par le plus grand nombre va contre l’intérêt
personnel de chacun ?
Mais celui qui veut le conflit, c’est soit qu’il est le plus fort, soit qu’il se surestime en se croyant plus fort qu’il n’est...
Donc, avant d’introduire ce genre de loi dans un peuple, il faut le gonfler d’orgueil, lui faire se prendre pour un Dieu, alors il s’y met en place la loi du plus fort, et les élites prennent plus le melon, écrase le peuple, les inégalités s’accroissent.
Non : "Aimez-vous les uns les autres", c’est la morale optimale de vie en commun.
Cependant, ne tombez pas dans la caricature. Je disais d’ailleurs que l’état avait pour fonction d’organiser la défense commune du peuple par le peuple et pour le peuple ;
Je dis que le principe de civilisation repose d’abord sur la paix, mais que la lutte est légitime, pour se défendre et gagner une guerre, ceci à titre d’exception (et que ceci est organisé par l’état)...
C’est à dire, si je prends les deux modalités logiques en philosophie (nécessité, contingence) : La paix est nécessaire, mais la lutte est contingente (accidentelle). Il faut institutionnaliser la paix (pax de pango "fixer")
En revanche, les polémosophies modernes prônent l’inversion révolutionnaire : La lutte est nécessaire, mais la paix est contingente... Ils institutionnalisent donc la lutte C’est leur principe de civilisation, de société. C’est le vrai fascisme. Mais ce genre de société s’autodétruit.