Bien-sûr que la pensée collective n’existe pas. Celui qui perçoit, ressent, pense et calcule est un être vivant. . Une collectivité d’Être n’est pas un être vivant, c’est une pluralité d’être. Une collectivité est le lieu d’une pluralité de perceptions, de ressentis, de pensées et de calculs. . Dans une collectivité, toute une partie des perceptions, des ressentis, des pensées et des calculs, émerge du fait de la collectivité même : rapports de séduction, jalousies, ressentiments, ou comportements imitatifs : c’est la pression sociale. . C’est la raison pour laquelle les foules sont bien souvent irrationnelles, elle ne réagissent pas comme des personnes sensées. Les marchés, composés d’acteurs individuels supposés rationnels, par exemple, sont fortement irrationnels. . Réfléchissez : si les foules agissaient de manière similaires à des êtres individuels, pourquoi la sociologie a-t-elle été inventée ? La psychologie devrait suffire, non ? . Trop de discours abusent de ces concepts d’intelligence collective, de pensée collective,... mais ce sont de pures fictions.
@Isga, Le gros défaut dans les écoles, c’est surtout l’absence totale de philosophie et de littérature. Les étudiants se font bourrer le mou avec des symboles toute la journée, et, sur le coup cela leur semble logique. Mais l’absence de disciplines littéraires fait qu’ils en sortent dénués de capacités d’expressions de leur pensée. . Or, ne pas pouvoir mettre des mots sur les faits, c’est comme ne pas avoir les yeux en face des trous... . L’histoire des sciences aussi est totalement négligée. Ce n’est vraiment pas sérieux. Il y aurait un grand intérêt à mettre dans tous les cursus des cours de philosophie générale et d’histoire des sciences. La philosophie antique regorge de concepts. C’est très formateur pour les scientifiques. . Mais faut croire que le fin du fin c’est de former des crétins juste bon à suivre les procédures : il ne manquerait plus qu’ils aient des capacités d’imagination !
@Rastapopulo, En fait je viens de passer pas mal de temps à étudier les fondements du calcul différentiel. Ce qui apparaît clairement, c’est que c’est Fermat qui invente l’algorithme du calcul différentiel (méthode des minimis et maximis). Il y a eu à ce sujet une querelle avec Descartes, mais Descartes a finit par admettre : " votre méthode est très bonne et si vous l’aviez expliqué ainsi dès le début, je n’aurait rien trouvé à y redire ". (cf le livre "oeuvres de Fermat", dans sa correspondance). Fermat a découvert l’algorithme vers 1638. . En 1669, la méthode n’était pas encore bien comprise, et Huygens donna une conférence à l’académie des sciences pour en expliquer les fondements. . Lorsque Leibniz vint à Paris, pour des raisons diplomatiques, il y rencontra Huygens. . Donc ce ni Leibniz, ni Newton qui inventent l’algorithme. C’est Fermat. Mais c’est un algorithme purement géométrique à la base. . Là où sont intervenus Leibniz et Newton, c’est dans la création du langage symbolique et rationnel permettant de manier cet algorithme sans passer par la géométrie (c’est en fait un des tout premier travail sur les langages). . Le langage qui est passé à la postérité, c’est celui fondé par Leibniz (il était dans une recherche générale sur le langage à travers ce qu’il nommait ’la caractéristique universelle’). . Le langage créé par Newton n’était pas fonctionnel, et les British ont finit par l’abandonner au début du XIXème siècle. . Donc Newton n’invente ni l’algorithme, ni le langage du calcul différentiel. Certes, il s’est évertué, du fait de son amour des symboles, à tenter de fonder un langage symbolique à partir de l’algorithme de Fermat, mais, du fait de son défaut de rationalité (son coté alchimiste), il n’a pas su fonder un langage rationnel.
@ Gaz, En fait je réagissais surtout à des domaines spéculatifs particuliers, comme la théorie des cordes, les trous noirs ou le concept de matière noire : là, peu d’expérimentation pour prouver ces spéculations sont en vue... Ces hypothèses repose entièrement sur la foi portée au crédit des équations symboliques. . Ma remarque généralisait un peu trop, je l’admets. Il me semble néanmoins que, empêcher de manière bureaucratique certaines expérimentation d’avoir lieu, est une pratique qui existe. Voir les affaires Benveniste ou celles sur la fusion froide, par exemple.
Dans cette partie, l’on voit biens les carences philosophiques. Il pose le problème en terme de dominé / dominant. . Il y a ce qui appartient en propre aux êtres : la propriété, ici, toute décision ne dépend que d’un seul, celui qui possède la propriété, car ses choix sur la propriété n’a d’influence sur personne d’autre que lui. . Il y a aussi ce qui est commun à plusieurs êtres : c’est l’Inter-Être (c’est l’étymologie de intérêt). L’Inter-Être est comme une corde, ou comme une membrane, dont les extrémités sont tenues par chacune des personnes qu’il concerne. L’Inter-Être est à l’intersection de plusieurs Êtres, il n’appartient donc à personne en particulier et toute décision à son endroit doit être prise de manière collégiale et concertée. . Supposons qu’une personne soit mise en charge de l’Inte-Être collectif, qu’elle en soit rendue responsable. Cette personne a deux manières discernables de gouverner cette Inter-Être : - La manière tyrannique : Le tyran se sert de l’Inter-Être pour son avantage personnel. - La manière légitime : L’autorité sert le bien commun pour l’avantage de tous. . Dans le premier cas, le tyran n’écoute personne, il fait tout à sa guise, sans tenir compte des opinions des riverains de l’Inter-Être. Il se sert d’autrui pour sa propre fin. . Dans le second cas, l’autorité écoute, donne la parole, met en relation. Elle se voue à servir l’Inter-Être commun et se tient strictement à ce mandat : elle n’a de rôle que vis-à-vis de ce bien commun, dont la pérennité est placée sous sa responsabilité. Elle sert les fins d’autrui en tentant d’harmoniser les diverses fins des riverains de l’Inter-être, de manière à éviter les conflits. . Tout Inter-Être nécessite un responsable : la famille en est un. Cela n’a rien à voir avec un problème de domination : ce responsable n’a d’autorité que pour ce qui concerne son mandat : Faire respecter l’intérêt commun. La pratique de cette responsabilité doit être non tyrannique pour être légitime. . La justesse du gouvernement d’un intérêt collectif repose entièrement sur la philosophie de la responsabilité que tient pour vrai le responsable : elle doit être non tyrannique pour être légitime. Il est inutile d’inventer un nième machin socialisant si les concepts de base concernant la pratique des responsabilité sont ignorés. . Les machins socialisant déresponsabilisent les individus en promettant l’absence de tyrannie par la magie de son fonctionnement intrinsèque. Mais, quelque soit la machine, si les conceptions portées par ses membres sont tyranniques, la machine produira une tyrannie, certes formatée par la machine elle-même. De plus, si les conceptions portées par les membre sont non tyranniques, la tyrannie viendra quand-même, puisque aucun système social mécanique n’a la capacité d’écouter ceux à qui elle s’applique.