... Logique que la gauche se soit enfermée dans des formes stéréotypées de langage, vu que les structures politiques pour lesquelles elle a opté sont les sociétés de pensée. . ... Il se trouve que pour parvenir à des postes de décision dans ces structures, il s’agit de tenir le discours qui convient, ou, autrement dit, de dire le mieux possible ce que l’on croit que les autres membres de la société veulent entendre. C’est donc entrer dans un processus sociologique de formatage de sa propre opinion : pour satisfaire sa gloire personnelle, il faut viser à la séduction d’autrui par un discours convenu d’avance, avec l’air sincère. C’est une auto-aliénation par soi-même et pour soi-même. C’est la tartufferie érigée en système. . ... Il me semble que vous n’avez pas bien compris la révolution "française". Il n’y a pas eu de contre-révolution. La bourgeoisie est restée au pouvoir depuis. La révolution "française" est l’évènement politique qui a installé, en France, le capitalisme. Quelques exemples : - Les lois d’Allarde et le Chapelier qui interdisent toute forme d’organisation ouvrière, dissolvent celles qui existent et saisissent leurs biens. - La légalisation de l’usure. - L’abolition des prés communs. . ... La révolution française met donc en place le capitalisme, suite à l’application des principes libéraux : mise en place de la concurrence et abolitions des monopoles ouvriers (corporations), dispositifs historiques de protection du monde ouvrier, soutenus politiquement par la nation. C’est le premier épisode mondialiste moderne. . ... Une fois le pouvoir politique emparé par les bourgeois (en général très mouillés dans les commerces triangulaires atlantique), les protections politiques pour garantir l’activité ouvrière sont abolies (corporations), et donc le capitalisme peut s’étendre : d’où la concentration du capital et généralisation du salariat qui s’opère au XIXème. . ... Vient alors la solution Marxiste, qui propose l’alternative d’une lutte des classes mondiale. Cette solution, de mon point de vue, est fausse, car qui a jamais vu les démunis gagner une guerre face à ceux qui ont tout et qui les nourrissent ? Et si jamais, en un lieu, cela fonctionnait, il y aurait une nouvelle classe dominatrice qui se créerait automatiquement (la nomenklatura). . ... La protection des ouvriers ne peut venir que du pouvoir politique, qui lui accorde des privilèges comme ce fut historiquement le cas. . ... Le marxisme organise, par "la lutte des classes", en liguant les ouvriers entre eux, et par contre-coup, les bourgeois entre eux, la discorde politique suffisant à rendre impossible de mettre en place toute protection politique des travailleurs à un niveau national. . ... Or le pouvoir politique, historiquement, est local. Par conséquent, le marxisme, en voulant s’extraire de la localité du
pouvoir politique, revient à participer à l’élaboration d’un pouvoir
mondial.
... N’empêche que Besancenot dit texto qu’il est pour la mondialisation, ce qui, par définition, s’appelle du mondialisme. . ... De plus, je ne vois pas pour quelle raison le protectionnisme empêcherait une solidarité entre les travailleurs... Par exemple, l’Allemagne, sous Bismark était fortement protectionniste, ce qui ne l’a pas empêché de mettre au point les premières formes de sécurité sociale. . Le protectionnisme ne consiste qu’à mettre fin au libre-échange et au libéralisme. . ... Par conséquent, affirmer que le protectionnisme va à l’encontre des solidarités entre les travailleurs, revient à affirmer que le libre-échange est nécessaire à la solidarité entre les travailleurs, ou encore que la concurrence est nécessaire à la solidarité entre les travailleurs ! . ... De mon point de vue, non seulement la concurrence n’est pas nécessaire, non seulement elle est inutile, mais surtout elle nocive à la solidarité... Un monde en guerre et divisé étant bien moins solide qu’un monde où c’est la concordance des vues qui prévaut.