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Morpheus

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  • Premier article le 29/11/2013
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Derniers commentaires




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    Morpheus Morpheus 5 décembre 2013 14:28

    [On détermine que pour continuer à nourrir la communauté, 10 nouveaux cuisiniers suffisent ! Pourtant 25 personnes veulent entrer dans l’école de restauration ! Que faire ? Ne faut-il pas sélectionner les 10 plus talentueux pour leur faire travailler leurs talents et ainsi nourrir la communauté de la façon la plus optimale possible qualitativement ? Ou alors faut-il sacrifier la communauté au nom des 15 individus les moins talentueux en faisant des 25 cadets des cuisiniers ? Pourquoi admet-on les 15 moins talentueux ? Au nom de leur droit individuel à être cuisinier ? Mais n’est ce pas là de l’individualisme ? Ne devraient ils pas ces 15 individus, être heureux que d’autres soient plus talentueux qu’eux si cela bénéficie au groupe auquel ils appartiennent et qui les dépasse ?]
     
    R/ Mon rationalisme ne va pas jusqu’à ces raisonnements extrêmes. Je part plutôt du principe que l’individu, même moins doué qu’un autre, peut exprimer ses qualités dans le domaine de son choix, si c’est ce qui le motive. Mais ton exemple est mauvais, parce qu’il confond travail et poste de travail > c’est l’erreur du rationalisme centralisateur. Je ne suis pas stalinien smiley

    Pour le reste, je ne suis pas en désaccord avec ce que tu dis : les gens peuvent effectivement avoir des prédispositions dans tel ou tel domaine (certains même dans plusieurs), et la pratique, l’expérience, l’entraînement (plutôt que le "travail") permet de développer ces dispositions. Dans ce contexte, celui qui met son talent en pratique et s’entraîne récoltera forcément plus que celui qui paresse : je n’ai pas besoin, moi, de m’immiscer dans cette causalité réciproque pour décider qui mérite quoi : le processus est un bon logarithme, je n’ai pas besoin de m’en mêler. Mais ça, tu vas avoir encore plus de mal à le comprendre que moi je n’ai de mal à l’expliquer smiley
     
    Morpheus



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    Morpheus Morpheus 5 décembre 2013 14:10

    Réponse très facile à fournir (et vous allez sûrement crier au manichéisme smiley ).
     
    De Gaulle avait dit un jour « La France : 50.000 résistants, 50.000 collabos, 50.000.000 de veaux ».

    Dans cette affaire, pour moi les 100.000 qui ne sont pas des veaux sont des "héros". Il y a bien sûr les héros du côté lumineux et les héros du côté obscure (dans la bédé américaine, il y a les "super-héros" et les "anti-héros"). Mais tous sont des "héros" au vrai sens du terme, c’est-à-dire qu’ils prennent parti et de ce fait affrontent leur destin et se confrontent au changement et aux archétypes symboliques qui émaillent le parcours de tout processus d’individuation (attention, "individuation" n’est pas "individualisation" ! cf. C.G. Jung).
     
    Pour faire une autre allégorie, vu que vous connaissez le principe des jeux de rôles, vous allez comprendre celle-ci.
     
    Qu’est-ce que la vie, sinon une sorte d’immense jeu de rôles grandeur nature massivement multi joueur, dont nous, les "vivants", sommes les "avatars" d’un joueur qui est de l’autre côté de l’écran  ? Dans cette image, il y a les "personnages joueur" (ceux qui sont créé et manœuvré par un joueur connecté) et les "personnages non joueur" (ceux qui sont joués par un programme prédéterminé et contrôlés par un algorithme). Dans cette dernière catégorie, il y a les PNJ lambda, qui répètent inlassablement les mêmes actes et n’évoluent pas : ils font partie du décors, et puis ils y a les PNJ antagonistes : ils sont là pour que les PJs les affrontent, et de ces affrontement dépend la progression des PJs. Les antagonistes sont aussi programmés, mais leur algorithme est plus élaboré et ils sont plus puissants.
     
    Là où cette allégorie trouve une limite c’est : l’idée que nous nous en faisons actuellement est déterminée (limitée) par ce qu’en font les programmeurs : dans 99% des jeux édités, il faut toujours tuer les adversaires pour gagner des XPs, et en définitive, cette logique emporte toute une série de présupposés. C’est la logique capitaliste dans toute son horreur qui transparait dans ces jeux.
     
    Mais supposons que nous établissions d’autres règles, fondées sur d’autres prémisses ? Supposons un jeu où la réussite, la progression, ne se fait pas en tuant les adversaires, mais en les sauvant, ou en les faisant progresser, ou en résolvant le conflit pacifiquement ? Ou en tout cas, que le fait de tuer l’adversaire ne fasse pas nécessairement progresser. Pour être plus précis : que chaque action entraîne des conséquences (loi de causalité réciproque). Supposons, par exemple, que dans le principe même du jeu nous intégrions un algorithme de la théorie des jeux, qui a montré que parmi les différentes stratégies, celle qui est la plus performante est "donnant-donnant avec réciprocité" (c’est-à-dire que ce résultat montre la pertinence du principe de causalité réciproque et en est la traduction algorithmique) ?
     
    Voilà le genre de jeu que j’aimerais bien créer smiley
     
    Morpheus



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    Morpheus Morpheus 5 décembre 2013 12:36

    @ machiavel
     
    Il y a un moment déjà que je ne crois plus en l’Homme, comme tu sembles le croire. Je crois dans le potentiel de l’Homme, ce qui est très différent.
     smiley
     
    Raison pour laquelle ma pensée s’oriente vers la conception d’un système qui offre le plus de libertés à ce potentiel de se réaliser. Et cette liberté implique une société symbiotique, inscrite dans les rythmes naturel, et non évoluant à contre-courant de ces rythmes.
     
    Ne restez pas coincé au stade cynique, machiavel, il y a autre chose après ce stade smiley
     
    Morpheus



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    Morpheus Morpheus 5 décembre 2013 12:25

    @ Eric
     
    Je n’ai pas la même conception de la "justice commutative" et de la "justice distributive".
     
    Pour moi, la justice distributive c’est la répartition équitable des richesses. "Équitable" ne signifie pas "strictement égale", mais signifie que chacun doit avoir une part des richesses en fonction de ses besoins. Je distingue "besoins" de "désirs", même si cette distinction n’est pas toujours facile et peut elle aussi mener à des excès dans un sens ou dans l’autre (et c’est toujours dans ce genre de marges de nuances et d’interprétations que les dialecticiens se glissent pour semer doutes et confusions en vue de disqualifier à bon compte toute critique du système). Alors que la question est résolue par une dose - qui me semble être le naturel de l’Homme - de bienveillance et de tolérance. Jusqu’à un certain point.
     
    Sur la question de ce "certain point" - où situer la limite ? - c’est bien sûr toujours le principe homéostatique. Plus un système (en ce compris la conception morale ou éthique individuelle) est restreint et dogmatique, plus les limites hautes et basses sont minces et le système instable et en proie à des tensions de régulation constantes qui stressent constamment le système ; plus les limites hautes et basses du système sont larges, plus le système est homogène et stable - mais jusqu’à un certain point, car au delà, le système devient trop vulnérable aux conditions extérieures.
     
    Un bon système doit donc trouver la bonne dose d’homéostasie à la fois pour permettre d’évoluer en fonction des conditions extérieures, tout en se protégeant de celles-ci pour continuer à fonctionner. Dans ces conditions, le système, quel qu’il soit, à tout intérêt à calquer ses fonctions sur les principes naturels, permettant une symbiose.
     
    En pratique, pour ce qui est de la justice distributive, la valeur basse c’est les point 1, 2, 3 et 4 de ce schéma des besoins fondamentaux ; la limite haute c’est le point 5 dans les limites imposées par la contrainte de renouvellement des ressources (pour ne pas dépasser le seuil de reproductibilité des ressources naturelles et épuiser celles-ci).
     
    Concernant la justice commutative, que vous décrivez par "un homme = une voie", vous vous trompez en réduisant ma pensée à ça. Je rejette les notions de "mérite" et de "meilleur", parce qu’elle repose sur des jugements dénués de repères objectifs. C’est comme la monnaie : il est impossible et invraisemblable de considérer la monnaie comme "un outil de mesure", vu que la valeur d’un bien est sans cesse changeante : c’est complètement abstrait. Ce serait comme utiliser un "mètre" à dimensions variable pour construire un édifice : j’aime bien Numerobis, mais y a des limites smiley C’est pareil pour le "mérite " et "le meilleur" : quel instrument de mesure utilisez-vous pour définir le mérite et "les meilleurs" ?
     
    En général, pour résoudre cette équation impossible, les humains inventent des histoires et des codes moraux, qui changent d’une population à l’autre, d’une zone géographique à l’autre, et qui évoluent dans le temps. La plupart du temps, ces codes moraux sont en opposition avec les principes naturels (le cas des monothéismes est, sur ce point,remarquable). Et l’histoire nous montre que ça ne marche pas. Raison pour laquelle je rejette aussi la "morale".
     
    Ai-je répondu à votre question ? smiley
     
    Morpheus



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    Morpheus Morpheus 5 décembre 2013 00:40

    Eric, en vous lisant, j’ai l’impression que vous commettez les mêmes erreurs de raisonnement que les patriotes du XVIIIe s (je ne parle que de ceux qui étaient sincères dans leur croyance en l’élitisme). Je trouve surprenant de la par d’un homme du peuple d’adopter les vues des hommes de biens.

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