La dernière réponse de Gollum est évidente. Vous avez peut-être des raisons à partager un contentieux avec Jean Keim sur la pensée, mais vous tombez dans la même caricature. La pensée n’est pas qu’une machine à débiter du concept, parce que notre égo en a besoin. C’est aussi une fenêtre ouverte sur la première fois, sur la lumière, le spectacle éblouissant de l’inconnu. Et ça je l’atteste avec des expériences que j’en ai faites, sans doute pas les mêmes que les vôtres. C’est comme cela même que fonctionne l’enfant à ses premiers âges. On le voit parfois sur l’intensité de son regard, comme s’il était absorbé par ce qu’il voit, sur son attention particulière dirigée vers quelque chose, cette concentration curieuse qui lui prend soudain. Cette capacité cognitive diminue ensuite, c’est vrai. Et même, elle s’éteint pour certains, hélas. Mais il en reste des réminiscences. Et elle peut être réveillée Quant-on parle de l’adulte qui a encore l’enfant en lui-même, c’est une indication de cette disposition.
Beaucoup de scientifiques sont aveugles à eux même, on en voit le désastre en médecine. Se lancer en biologie, aujourd’hui, c’est se lancer dans les manipulations génétiques, pas dans la compréhension du système immunitaire, de son intelligence naturelle. La science n’a plus guère de boussole. Au moins, les astrophysiciens, dégagés des enjeux humains capturés par les intérêts financiers et politiques, ont gardé l’enfant qui est en eux, la liberté de spéculer. C’est une science qui vit une bonne évolution dans son ensemble, où les confrères savent se respecter entre eux.
La beauté n’est pas faite que pour admirer. Elle est faite surtout pour partager. Quand le sentiment du beau est en soi, elle est utile pour améliorer la sociabilité.
Concernant de sentiment du beau, faites cette expérience. Le Corbusier a eu tous les honneurs académiques d’un grand architecte qui a entrevu une nouvelle esthétique, un maître de l’art. On n’a pas très bien su quoi faire des délires du facteur Cheval. Il est pourtant bien plus populaire que le Corbusier. J’ignore si vous avez visité la Chapelle Notre Dame de Ronchamp et le Palais Idéal. Facile de récupérer des vidéos pour regarder et comparer. Vous aurez vous-même cette expérience : vous vous sentirez éteint à visiter ND de Ronchamp. La plongée dans les façades architecturales du Palais Ideal va vous épater, c’est roboratif. Vous éprouverez cet espèce de sentiment de gratitude communicative, avec le Palais Idéal, alors que la Chapelle, de Ronchamp, heu, bof.
Un Total, pourquoi pas, une chemin vers la connaissance de la totalité de l’Univers, sans doute impossible, mais qui offre à voir, comprendre, contempler, s’en nourrir. .
L’Absolu n’a pas de contraire réel. Certes le relatif semble un opposé mais en réalité l’Absolu intègre le relatif.. En fait l’Absolu intègre tout.
On pourrait utiliser le terme d’infini ou de sans limites aussi. Le célèbre Ayin-Soph de l’arbre des séphiroths.
Je ne capte pas 2ème partie, il faudrait que je me renseigne. Mais je reste rétif à l’Absolu. Un Total, pourquoi, une chemin vers la connaissance de la totalité de l’Univers, sans doute impossible, mais qui offre à voir, comprendre, contempler, s’en nourrir. .
Soit on préfère la voie de la vérité on se dirigera donc plutôt vers une voie philosophique et même scientifique, soit on préfère la beauté et donc l’art, soit on préfère une voie sentimentale et donc le service aux autres, etc...
Bien sûr que non, la beauté n’est pas réservé à l’art. La beauté d’un paysage naturel n’est pas créé par l’art. Déjà, c’est apaisant, oblatif. Et pourquoi c’est beau ? Question intéressante. En Inde, justement, les habitants passent leur temps à colorer, parfumer, décorer. On a parfois l’impression qu’ils n’ont que ça à faire. A quoi ça sert ? A rien. Ca n’a aucune utilité ni scientifique, ni pour la vérité. Mais c’est bien la marque d’une capacité à la spiritualité. Qu’est-ce qui fait une bonne vie ? Trouver des vérités ou créer et partager de des bons moments ? Les photos de l’Univers rapportées par Hubb ou Webbs éveillent plus sûrement la curiosité, l’intérêt pour l’Univers, la science, la recherche, que l’équation d’Einstein (que je ne méprise évidemment pas ici, voir mes anciens messages CQFD). La beauté est un vecteur utile à la science, et justement, si celle-ci savait garder en elle le sentiment du beau, elle ne ferait pas n’importe quoi, comme aujourd’hui.