Vous aimez Plotin, il va falloir que je m’y penche... Je m’habitue à l’idée que la matière et l’esprit (l’intelligence...), sont les versants de la même chose. En tout cas, l’idée même de la séparation s’efface et parfois me gène. Je suis relativement basique, je crois que le scénario le plus raisonnable que les astrophysiciens tiennent est celle d’un équivalent de trou noir géant qui a explosé. Ensuite, l’intérieur de cette explosion a fait sa matrice, avec sa lente gestation, avec des "prises" énergie/gravité dans les régions à galaxies. . Je découvre encore l’extrême fertilité du yin yang, le principe d’existence des contraires, mais aussi d’invention de nouveaux contraires. Sans doute que le Wuji a aussi sa fertilité. Si tout ce qui est dans cette matrice vient de la même "boule", d’avant le big bang, à l’inverse, il y avait peut-être dans le big bang vous, moi, nos ordis, en train de s’envoyer des échanges. Bon, c’est trop forcé, ce que j’écris. Mais dans la graine, il y a le séquoia. Et dans le séquoia, il y a la graine, au minimum sa mémoire, l’envers de l’imago dans la graine. Pure spéculation, je m’amuse, mais pour dire que les astrophysiciens sont peut-être à la veille de jeter des grands ponts à l’intérieur de cet univers qui défieraient l’entendement mais suivent une logique de tout est dans tout, du Wuji.
C’est pour cela que l’idée du démiurge n’a pas d’intérêt, pour moi, elle pourrait même gêner cette ouverture d’esprit nécessaire pour trouver ces "ponts", découvrir les principes internes de cette gestation. C’est sur qu’il ne faut pas rester matérialiste pour ce genre d’aventure, mais le trou béant à ce paradigme ouvert par la MQ y invite.
J’ai quand même une question curieuse. Est-ce qu’il y a un an, vous auriez dit que l’intelligence est supérieure à la pensée ? Je me souviens, par exemple, quand je parlais d’intelligence de la matière biologique, vous sembliez surpris.
Je ne vous demande pas de raconter votre vie, ici c’est public. Mais est-ce vous avez changé votre manière de voir les choses ?
En tout cas, pour ma part, je parle de plus en plus de l’intelligence de l’univers, sans l’idée d’un démiurge préalable, mais sous forme d’éveil de celui-ci à lui-même avec l’élaboration de sa complexité. Et je suis surpris comme l’entourage à qui l’en parle est réceptif.
L’inconnu n’est pas du non connu qui sera connu
peut-être un jour, mais ce que la pensée ne peut pas concevoir,
Bon...
Académie Française :
I.Adjectif. Qu’on ne connaît pas, qui n’est pas
connu.
1. Dont on ignore ou dont on ignorait
l’existence. Découvrir une terre, une île inconnue.Une
comète inconnue.Être inconnu à quelqu’un, de quelqu’un.Un
règlement inconnu du grand public.Selon Quintilien, la satire
était un genre inconnu de la littérature grecque.
2. Dont on ne sait rien, dont on n’a aucune expérience,
qu’on n’a jamais rencontré. Un mot d’origine inconnue.Partir
pour une destination inconnue.Cette région, cette ville lui
étaient inconnues.Sur les cartes anciennes, de larges zones
blanches signalaient les terres inconnues, inexplorées. Cette
langue m’est inconnue, je ne l’ai pas étudiée, je ne la comprends
pas. Rencontrer un mot inconnu dans un texte.Ce visage, ce
nom ne m’est point inconnu.Une voix inconnue.Des
températures inconnues sous ces latitudes.Des sensations
inconnues, que l’on n’a jamais éprouvées.
▪ Subst., au masculin. Le connu et l’inconnu.Sauter
dans l’inconnu.
Le dictionnaire définit des mots qu’utilisent les humains pour leurs besoins,
utilités et échanges entre eux.
C’est comme
si j’écrivais à un être non incarné, sans faim, ni soif, ni froid, ni famille à
qui les mots des humains, ne lui sont pas utiles.
La vérité, quoi que ce vocable puisse recouvrir,
ne peut en aucun cas consister en un savoir ultime, cela n’aurait aucun sens,
la vérité est un état d’être et non pas un but à atteindre.
Et c’est pourquoi, j’imagine, que la vérité est
indéfinissable…
Karl Popper a quand même été plus intéressant sur
ce sujet. Entre l’absolu indéfinissable et le relatif indéfini, il a expliqué comment la vérité récupère une connaissance nouvelle, utile à des applications matérielles et conceptuelles, en attendant une autre plus englobante. Cela ne produit pas d’état d’être, mais c’est pragmatique. Et c’est même comme cela
que les humains depuis qu’ils existent, ont pioché progressivement dans l’inconnu pour fournir toute la
provision de connaissances conceptuelles, appliquées, philosophiques,
spirituelles dont vous héritez et de laquelle vous vivez. Je ne suis pas un
adepte de la tabula rasa, reconnaître, ça aussi aide à connaitre. Vous avez peut-être fait des découvertes intéressantes, mais cela ne veut pas dire que toutes les découvertes que d’autres ont faites ne le sont pas.
Bref, je décroche l’échelle, avec peut-être
l’occasion de nous retrouver une autre fois sur un fuseau horaire commun. Je vous laisse terminer avec un
commentaire si vous le voulez.
Les pensées sont les outils de l’intelligence pour agir dans le temps et l’espace, mais ces outils ne sont pas l’intelligence elle-même. Vous pouvez avoir de nombreuses pensées mais vous ne pouvez pas "avoir" de l’intelligence. Vous pouvez "être" intelligent, c’est-à-dire vous ouvrir mentalement à l’intelligence de l’univers sans vous attacher psychologiquement aux pensées qui passent devant l’écran de votre conscience ou qui sont tapies dans l’inconscient.
D’accord. On revient sur votre phrase avec laquelle j’ai entamé la conversation avec vous.
l’intelligence se situe au-delà de la pensée
Posons les sources « d’intelligence » alors.
+ Celle de l’univers, qui a organisé le chaos en cosmos. Et je vous suis : j’ai déjà parlé moi-même d’intelligence de la matière biologique, du théorème de Gaïa, on sait de plus en plus que les atomes ne sont pas tant faits de « boules » mais plutôt de nœuds d’énergies (d’une puissance ahurissante, un électron fait le parcours Milan-Bruxelles A/R en une seconde) pris entre eux selon le principe des contraires (avec des forces qui le sont tout autant) et de toute organisation.
+ L’intelligence humaine, celle que peut produire son âme, entre le cosmos et son corps.
+ L’intelligence simili des programme & machines.
La meilleure intelligence est celle du cosmos, à la nôtre de prendre place parmi celle-ci.
Maintenant, je n’ai pas l’heur d’avoir connu votre expérience de pensée (ou de non-pensée, si je comprends), mais je trouve que vous dédaignez trop facilement celle-ci. A moins d’une révolution mystique (et je veux bien m’y inscrire), on est très loin de ce genre d’informations sur l’intelligence, encore plus par les temps qui courent. Les humains sont envoutés par la simili intelligence des programmes & machines et pas trop dans le fun de celle cosmique.
Je parle souvent d’Umwelt, car je sais, connaissance d’expérience, la plus certaine pour moi, que celui-ci, est l’habitacle de l’âme, sans lequel la conscience ne serait que chaos entre le corps et l’esprit (le cosmos). Et notre Umwelt a été constitué par des expériences de pensée, quelle que soit la nature qu’on lui donne. La notion d’expérience n’est pas d’avoir fait quelque chose, mais d’avoir ressenti ce qu’on a fait : c’est le travail de la pensée. Même l’émotion, qui est un piège de la pensée, est aussi l‘un de ses véhicules. J’ose vous suggérer que votre expérience, même si je ne la connais pas, est un travail de pensée ; pas de production de schémas, mais un travail d’enregistrement par la pensée de quelque chose qui s’est passé.
Je vais jouer avec des transpositions entre pensée-intelligence et main-habileté.
Nos mains servent de moins en moins, surtout avec les populations devenues citadines surtout pour les gens qui "viennent des bureaux", comme j’ai pu l’entendre un jour à un travail passé. L’habileté est prise par les machines & programmes, qui décuplent les capacités manuelles. Ces mains ne servent à rien, on pourrait s’en débarrasser (et, de fait, on se débarrasse progressivement de nos âmes avec la domestication humaine en cours).
Sauf que c’est la main qui fait l’humain. C’est elle qui a "la mesure de toutes choses" et, de fait, la compréhension de ces choses. Et c’est elle qui a la capacité de création, de réenvisager l’intelligence cosmique pour produire d’autres constructions habiles (utiles comme esthétiques). La simili habileté/intelligence des programmes & machines est aveugle à elle-même. Elle n’a plus notre main, plus d’âme pour l’ajuster à l’ordre du monde, ou cosmique, en tout cas celui de Gaïa, où nous habitons.
C’est en ce sens que je hiérarchise différemment que vous : la pensée, traduction de l’âme au dessus de l’intelligence dont l’humain est capable de prendre ou de produire. Le problème n’est pas tant si les programmes & machines sont intelligentes, mais pour qu’elles cessent de nous envoûter, c’est la compréhension de notre âme, ses nécessités et besoins qui est à faire et pourquoi elle doit rester souveraine. Malheureusement, nous ne sommes pas outillés culturellement pour cela, ce qui est la cause de notre perte en cours.
Mais non, les machines ne "développent" pas des "capacités".
D’accord : les programmes et les connexions entre eux génèrent une augmentation de résultats et actions simultanées commandant d’autres résultats et actions simultanées.