Oui, je sais bien qu’on est en dystopie, avec les portes de sorties de moins en moins nombreuses. En tout cas dans le monde atlantiste.
Une nuance quand même, Ce n’est pas la technologie qui gère les humains d’elle même. Il y a une petite minorité au dessus qui gère cet instrument qui nous gère. Elle se réunit constamment, parfois publiquement et ne cache pas à quoi doit ressembler l’humanité. C’est-à-dire comment elle leur convient.
Et cet instrument (machines numériques et robots) est nouveau. La tyrannie à l’ancienne, c’était encore de l’artisanat, du fastidieux.
Bon, je regarderai... Reste la finalité entre l’humain et le système de machines : lequel sera l’instrument de l’autre à l’avenir ? J’ai quand même ça dans la mire.
Et je vous ai répondu que ChatGPT ne sait pas qu’il vous écrit un texte. On peut même imaginer qu’un super ChatGPT ponde un jour une équation qui explique bien mieux l’univers qu’Einstein, mais toujours sans savoir qu’il a pondu une équation qui explique l’univers. "Savoir avec", n’est pas suffisant, c’est plutôt savoir que, je fais ou je pense, qui caractérise la conscience.
Concernant la perception et la cognition. Nos capteurs sont nos organes des sens. Une machine, un système numérique qui rassemble des machines, peut disposer de bien plus de capteurs qu’un humain, en nombre, en étendue de ce qui peut être capté, et encore en précision. Après, c’est le traitement qui est différent. Le système de machines les reçoit sous forme de données. Il synthétise, aussi bien pour apporter une solution que pour fabriquer un nouveau modèle de traitement, ou programme (il me semble) apportant des solutions plus larges ou pertinentes. L’humain reçoit des impressions, qu’il arrange et ordonne avec l’habitude et les acquisitions. les engrammes, Il élabore des représentations, interprétations avec des ressentis. Un humain ou un animal fait un Umwelt, pas une machine (un monde intérieur en miroir du monde extérieur en fonction des sens, ou capteurs, que l’on a). Un système de machines n’ a pas de monde intérieur, car il n’a pas de ressenti, même s’il capte avec ses capteurs.
Là où sa se complique, en effet c’est sur la rationalité. Un système de machines est capable de produire de la rationalité plus puissante qu’un humain. Vient la question de l’intelligence. Si l’intelligence est la capacité a apporter des solutions (le numérique) et à s’adapter aux situations (le robot domestique ou qui fait la guerre) : alors les machines sont intelligentes. Est-ce que l’intelligence existe sans conscience ? Mmmmh, ça coince. Les automatismes, y compris leur empilement, ce n’est pas de l’intelligence. C’est la limite constatée à l’IA que j’indiquais : les machines et systèmes sont aveugles à eux-mêmes, n’ont pas de conscience, pas de ressentis, pas d’Umwelt, peuvent faire plein de truc en faisant n’importe quoi. Bon, les humains aussi peuvent faire n’importe quoi, on le voit tous les jours, je le sais bien. Mais la perception et la cognition sont des vieux mots, le tri est difficile à faire avec les robots et le numérique qui viennent d’arriver. Hormis la tendance actuelle à prendre des humains pour des machines, viendra sans doute (et je l’espère) le temps pour comprendre les différences fondamentales.
ChatGPT ne sait qu’il vous écrit pour répondre à une question que vous lui posez : il n’est pas conscient. C’est juste une projection qu’un humain peut faire sur une machine, à cause de ses affects.
Par contre cela avance vite du côté des plantes. Le pétales ouvertes microvibrent pour attirer/exciter un insecte pollinisateur qui vole aux alentours. On a mesuré qu’un arbre a refilé à un arbre d’une autre espèce 40% du carbone pour faire le sien. On est fait de même matière biologique, matériau d’où émerge la conscience.
L’idée du cerveau décentralisé, aussi, comme le poulpe. Chaque tentacule agit comme un cerveau indépendant et il centralise les réflexions de chaque cerveau, pour imiter un poissons-pierre, y compris le relief de la peau, pour effrayer un prédateur, pour dévisser un couvercle de bocal, ou parcourir rapidement un labyrinthe à mécanismes très divers en vue d’atteindre la récompense pleine de crevettes.
La phénoménologie, a affaire à un nouvel horizon : on commence à comprendre que la biologie fabrique des états de consciences très vaste et divers. Aussi l’holobionte : un état de conscience émergeant à partir d’états de consciences infras qui se coordonnent. La fameuse phrase d’Aristote qui veut que le somme soit plus que toutes les parties. Raison pour laquelle les barrières de coraux ne meurent pas, mais s’adaptent en dépit du réchauffement climatique et des accumulations de pollutions.
L’Univers est-il conscient ? La néguentropie en est sans doute l’indice le plus probant, de même que la biologie est résiliente, que les créatures vivantes ont l’instinct de conservation.
En machines et systèmes numériques, plus le système est complexe, plus il est susceptible de "déconner". Il faut une externalité, l’humain, pour dépanner, corriger. Mais les implants de correctifs finissent par déranger et détériorer l’intégrité du système. C’est la limite actuelle à l’IA : pas de néguentropie, ni résilience ou homéorhésie, ni instinct de conservation, indices de conscience.
Sinon, merci des infos confirmant que la MQ se fiche des dimensions humaines que sont le temps, l’espace et la causalité, j’ai exploré sur le net des documents qui confirment.