Exact. J’adore ce message du cybermilitant UPR Pierreto : "...il faut voir sur le site Agoravox, chaque article de l’UPR est trollé...". Le pauvre. Moi je dirais plutôt qu’au nombre de publications, Agoravox est une base arrière de l’UPR.
Il faut comprendre notre camarade cybermilitant Pierreto. Si nous sommes en droit de débarquer sur des forums en insultant les usagers qui prétendraient nous apporter la contradiction, l’inverse ne saurait être vrai et nous devons absolument imposer le respect sur chaque forum que nous investissons. Il n’est pas démocratique que des gens prétendent nous empêcher de transformer leur lieu d’échanges habituels en vulgaire organe de propagande au service de notre cause - la meilleure d’entre toutes et la seule qui vaille d’ailleurs la peine d’être défendue - et aient recours à des procédés comme l’ironie et la dérision pour se payer la tête de Monsieur Asselineau.
Ces agissements doivent être contrés, c’est pourquoi tout militant de l’UPR ne doit pas hésiter à se plaindre et à se victimiser, même lorsque nous sommes manifestement en supériorité numérique.
Quelle jolie formule ! Il est bien vrai que Monsieur Phillipot est un véritable aspirateur qui a d’ailleurs aspiré toutes les idées fécondes et originales du leader de l’UPR pour les offrir au Front National de Madame Le Pen.
Peut-être cela a-t-il à voir avec le fait que notre leader attaque simultanément Madame Le Pen, Monsieur Mélenchon et Monsieur Dupont-Aignan en les jugeant peu crédibles et/ou dangereux ?
Ou qu’il se désigne dans les médias comme "le plus grand adversaire de l’extrême-droite" ?
Ou encore qu’il rappelle constamment que son parti est essentiellement constitué de "gens venus de l’extrême-gauche" ?
Qu’il se refuse à parler de sujets soi-disant "clivants" comme le terrorisme et l’immigration tout en courtisant sans aucune réserve ni difficulté l’électorat musulman et en allant même jusqu’à affirmer lors de son passage chez Messieurs Zemmour et Naulleau que l’avenir de la France était dans le Maghreb et l’Afrique subsaharienne ?
Monsieur Asselineau ne veut pas qu’on le qualifie de gaulliste mais continue de s’approprier la figure du Général de Gaulle et de l’instrumentaliser à son profit dans les médias, tout en la mettant en distance quand elle devient trop dérangeante pour lui (Vel d’Hiv, Algérie...). On dirait que cette finasserie que d’aucuns qualifieraient d’hypocrisie agace certains de nos amis gaullistes, bien à tort, cela je vous le concède.
Monsieur Asselineau fustige les souveraino-réalistes et diabolise le "camp national" dans le but bien légitime de complaire aux grands médias. Curieusement, ces derniers traitent Monsieur Asselineau en ennemi et s’évertuent dès lors à le ridiculiser sur les forums, c’est absolument incompréhensible.
Votez pour l’UPR, le seul parti du Frexit garanti.
J’ajouterai que l’élitisme et l’égalitarisme vont souvent de pair et ont tendance à s’auto-alimenter, comme on le voit dans la société française notamment au travers de l’évolution de la politique éducative qui exacerbe le fossé entre les élites (reproduction sociale) et la population (nivellement par le bas). De ce point de vue, l’égalitarisme et l’assistanat (social, culturel) contribuent à renforcer l’élitisme au sein d’une société. La société impériale romaine était également construite sur cette dichotomie entre une élite aristocratique et une plèbe devenue oisive et matériellement dépendante de cette dernière.
On voit bien que ce système nourrit l’instabilité sociale et institutionnelle en période de crise car quand l’élite ne peut plus subvenir aux besoins du peuple celui-ci se révolte violemment contre elle. Tout le ressentiment emmagasiné parfois depuis des décennies éclate : c’est le "populisme".
On retrouve aussi ces tendances dans le milieu professionnel qui est resté extrêmement hiérarchique en France. Dans les petites entreprises, il n’est pas rare que règne le paternalisme patronal (peu de syndicats) tandis que le salarié et l’ouvrier sont gentiment invités dans les grandes sociétés et la fonction publique à suivre docilement les directives qui arrivent d’en haut et et, si besoin, de référer au syndicat, qui joue ici le rôle exactement inverse de celui qu’il serait censé jouer (je le sais un de mes amis travaille au siège parisien de la filière énergie d’un grand syndicat et le fonctionnement est hyper-pyramidal, la moindre idée nouvelle ou originale est rejetée par la structure hiérarchique).
En fait on pourrait dire que les tendances élitaires exacerbent naturellement les tendances populistes. Dans ce sens l’élitisme est difficilement compatible avec la méritocratie stricte car il tend vers la reproduction sociale et non vers l’élévation des individus et leur accès à l’autonomie économique et morale.
Pour en venir fascisme, compris ici au sens large du terme, celui-ci arrive précisément quand une société est complètement figée par l’élitisme et la reproduction sociale. Une partie de l’élite entre alors en dissidence contre le système et restaure la légitimité de sa domination en ramenant le peuple à sa dimension organique, afin d’en extirper toutes les contradictions engendrées par l’égalité, l’avachissement, la décadence, la corruption à la manière d’un médecin cherchant à extirper le mal du corps... Les fascistes vont toujours puiser dans le champ lexical de l’hygiénisme pour justifier leur reprise en main : le corps (peuple) est malade, il appartient donc à la tête (élite) de lui administrer un traitement sévère pour le sauver et le revitaliser.
C’est pourquoi le fascisme, qui se présente souvent comme un mouvement qui va donner corps au ressentiment du peuple contre l’élite corrompue, débouche en réalité systématiquement sur la relégitimation des élites sociales, culturelles et économiques. L’Allemagne nazie, en apparence méritocratique (les nazis insistaient particulièrement sur cette dimension), s’appuyait en fait sur la bourgeoisie et la domination verticale des grands conglomérats capitalistes liés à l’Etat.
De ce point de vue, on peut considérer que la société française présente aujourd’hui toutes les caractéristiques du pré-fascisme : une élite délégitimée, un blocage économique et social, un peuple en révolte, une montée apparemment inexorable de la violence, une démoralisation croissante des institutions... reste à savoir quelle sera la nature de la reprise en main. Dans Soumission, Houellebecq explorait non sans ironie le scénario d’une reprise en main par les "élites" islamiques.