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  • 3 votes
    Joe Chip Joe Chip 23 février 2017 20:46

    @maQiavel

    Idem, je le trouve très décevant, surtout après ce qu’il avait démontré l’année dernière dans les médias. Là, c’est tapis rouge dans toutes les émissions, les interviews complaisantes de journalistes qui le trouvent parfait depuis qu’il explique aux Français qu’ils sont foutus en tant que peuple, que Jésus est une invention et qu’Hitler adorait le catholicisme. Aucun contradicteur, rien. Même Zemmour, un décliniste, le trouve défaitiste, c’est dire. 

    Il se met dans la posture confortable du cynique qui est au-dessus de la mêlée et qui peut tout critiquer sans avoir de compte à rendre sur rien, et en même temps on a l’impression qu’il dissimule sa pensée sur certains points. En fait il se cache derrière ce pseudo-concept de décadent de gauche. Selon lui, le décadent réac aspire secrètement à renaître en retrouvant le passé ; par conséquent, le décadent progressiste ne doit plus aspirer à rien. CQFD. 

    Moi, ce monsieur me donne l’impression d’avoir découvert la mort récemment. Elle exerce sur lui une sorte de fascination qui vire à l’obsession, on dirait un enfant qui vient de prendre conscience que tout ce qui naît est destiné à mourir et qui à présent s’amuse intellectuellement avec ce grigri. Son athéisme philosophique a donné naissance à un athéisme social et existentiel.

    Oui, il y a de ça. Je crois effectivement qu’il projette les angoisses liées à sa situation (homme d’un certain âge, seul, sans enfant, ça travaille forcément...) sur l’état du monde, ce qui n’est pas tellement original d’ailleurs pour un intellectuel. Le fait de se dire que tout est voué à disparaître et à se fondre dans la matière indifférenciée doit lui apporter une sorte de réconfort. Selon wikipedia, Onfray a eu plusieurs incidents de santé sérieux, ça peux aussi avoir contribué à forger cet état d’esprit. 



  • 1 vote
    Joe Chip Joe Chip 23 février 2017 18:13

    @maQiavel

    Onfray est un sophiste, au sens originel et "noble" du terme. Zemmour lui fait remarquer à plusieurs reprises qu’il est un relativiste - ce qu’il ne nie pas d’ailleurs - et c’est une des caractéristiques principales du sophiste durant l’antiquité. 

    D’ailleurs le seul fait de dire qu’il faudrait renoncer à exister et à se battre sous prétexte que l’on aurait perdu d’avance est un redoutable sophisme. 



  • 5 votes
    Joe Chip Joe Chip 23 février 2017 16:20

    Onfray semble oublier qu’il y avait des juifs hellénisés - qui parlaient grec et qui avaient intégré l’héritage de la philosophie grecque - bien avant "l’invention" de Jésus Christ (qu’il confond avec Jésus de Nazareth, dont l’existence est bien avérée, mais passons sur ce point). C’est ce groupe qui, sous l’impulsion de Paul, a entrepris la conversion des premiers païens. Les quatre Evangiles sont par ailleurs rédigées en grec, pas en hébreu.
    Après la mort de Jésus, il y avait ainsi deux groupes de chrétiens à la fois complémentaires et antagonistes : le groupe des judéo-chrétiens de Jérusalem constitué autour de Pierre et des apôtres, qui végétaient et se heurtaient à l’indifférence des juifs majoritaires, et le groupe des hélléno-chrétiens qui rassemblait les juifs hellénisés et les païens convertis de l’Empire, et qui était de loin le plus dynamique des deux.
    Des tensions apparaissent rapidement entre ces deux groupes car les judéo-chrétiens - qui ont au départ une légitimité spirituelle que Paul ne peut pas revendiquer, n’ayant pas connu le Christ - développent une expérience de vie communautaire radicale et utopique inspirée par la vie de Jésus (abolition de la propriété privée, partage des biens...) qui est relatée dans les Actes des Apôtres. A l’inverse, les héléno-chrétiens rejettent le sectarisme communautaire des judéo-chrétiens et prônent l’intégration et la participation des croyants à la vie de la cité, sur le modèle civil gréco-romain. 
    Mais il y aussi une crise interne au judéo-christianisme qui peine à convaincre le reste de la société juive du fait de sa radicalité. Pierre n’a pas le charisme ni l’éloquence de Jésus et le groupe assure difficilement sa subsistance matérielle, dépendant de plus en plus des hélléno-chrétiens. Paul organise ainsi une collecte à travers l’Empire pour "renflouer" les chrétiens de Jérusalem et en profite habilement pour prendre le pouvoir et renforcer le caractère autoritaire de l’Eglise naissante. Les chrétiens doivent se soumettre à l’autorité politique. Ils doivent contribuer par leur travail à la prospérité de la communauté. L’idéal évangélique doit être réservé à la vie intime et familiale. 
    Quant au judéo-christianisme historique, il disparaît rapidement après la chute du Temple et la reprise en main du judaïsme par les Rabbins. Le judéo-christianisme civilisationnel revendiqué par Onfray est une notion beaucoup plus tardive qui apparaît durant le Moyen-Age, précisément au moment où l’Islam se répand dans une partie de l’Europe. L’expérience des Croisades matérialise ainsi une volonté générale de renouer avec une identité profonde en retournant au berceau du christianisme. Ce retour aux sources est d’autant plus justifié que l’Islam prétend "corriger" la religion judéo-chrétienne en se présentant comme un monothéisme pur (ce qu’il n’est pas, la tradition musulmane ayant assimilé de nombreux éléments et lieux associés aux cultes pré-islamiques, tout comme le christianisme l’a fait en Europe en absorbant la culture païenne). L’épanouissement de la civilisation monastique marque également une renaissance de l’utopie évangélique des judéo-chrétiens.
    Bref, sans nier la notion de judéo-christianisme, on ne peut pas non plus s’en servir pour contester les racines hélléno-chrétiennes de la civilisation européenne. 

    Par ailleurs, quand il affirme qu’Hitler était catholique et que c’est pour cette raison que l’Eglise a massivement collaboré avec les nazis, c’est un énorme contresens car les chiffres des élections en Allemagne dans les années 20 et 30 montrent exactement l’inverse, à savoir que les catholiques de l’Allemagne rhénane ne votaient pas pour le partir nazi, à la différence des protestants de l’Allemagne prussienne qui soutenaient massivement le parti hitlérien. 
    Par ailleurs, les cadres nazis les plus zélés ont eu des velléités de persécution envers les catholiques qui s’opposaient à la politique sociale du régime, notamment la répression et l’ostracisme des individus "asociaux". 
    Ce qui est vrai, c’est qu’Hitler cherchait à se concilier l’autorité romaine (donc le Pape et les évêques) car il rêvait à une restauration impériale de l’Allemagne, dont le modèle éternel était Rome.


  • 2 votes
    Joe Chip Joe Chip 20 février 2017 22:14

    Pour les droitards, le FN est aujourd’hui un parti crypto-communiste dirigé par une conjuration interne de gays sous la férule de Philipot, le gourou gaullo-chevènementiste qui a ensorcelé Marine avec ses fadaises souverainistes. 

    Non, ils écrivent vraiment des trucs comme ça.



  • 2 votes
    Joe Chip Joe Chip 20 février 2017 20:51

    (c’est Joe Chip, pas Chips)

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ubik

    A mon avis, il y a aussi un racisme sociologique inavoué au sein du FN. Beaucoup ne supportent pas la dimension populiste et ouvriériste de Marine et sa proximité jugée excessive avec les prolos du nord (anciens cocos au chômage qui réclament des aides sociales).

    Effectivement, dans les 60% d’adhésion il y a beaucoup de nuances. Les Français peuvent être racistes, pour des raisons plus ou moins objectives, mais ils sont très rarement racialistes. Je veux dire par là que la race ne structure pas leur vision du monde et de la société. L’insoupçonnable Pierre-André Taguieff notait ainsi, au sujet du nationalisme français :

    "Si le racialisme de Gobineau n’a pas fait école en France, c’est notamment du fait de l’incompatibilité du nationalisme français avec toute forme de matérialisme biologique."

    Le problème, c’est que les antiracistes abordent le racisme exclusivement sous le prisme déformant de la Shoah. En gros tu es déjà potentiellement au niveau d’Hitler si tu as pensé un jour que les racailles faisaient chier le monde. Avec une grille de lecture pareille, forcément tu ne colles plus du tout au réel, car les gens ont des comportements plus nuancés et des opinions plus contradictoires, comme le traduisent les sondages sur Le Pen. 

    Les identitaires se heurteront à la même difficulté si jamais ils deviennent majoritaires au sein du FN. Les électeurs déserteront le parti dès qu’ils entendront des délires sur la remigration et la race blanche. 

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