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Juste une remarque : j’ai rebondi initialement sur une petite partie d’un de tes posts, dans le deuxième message, je m’adressais à Qaspard. Je ne répondais en aucun cas à tes "œuvres complètes", aussi, je suis navré si tu t’es senti personnellement visé par mes propos, mais peut-être es-tu aussi un peu à fleur de peau sur ce sujet, un peu parano.
Pour éviter ces misérables joutes de forum, je te conseille tout simplement d’éviter de me lire à l’avenir, j’en ferai autant avec tes posts.
Voilà, pas de prise de tête, zen
@Zatara
Puisque tu m’insultes et délires gratuitement sans apporter aucun argument intelligible alors que je ne t’ai même pas interpellé ni invectivé, voilà ma réponse : je t’emmerde.
(je me suis arrêté à la huitième ligne de ton post, c’est du vomis)
@Qaspard Delanuit
Merci. Ces relations peuvent remonter très loin, en fait. On retrouve par exemple des thèmes et mêmes des expressions similaires dans le vieux blues du sud des USA et certains textes médiévaux (lais, récits de vie monastique). Présence du Diable à la croisée des chemins, séduction surnaturelle, tentation et pacte satanique, démon de midi, marginalité... l’expérience du moine acédieux (c’est à dire en proie à un tourment métaphysique proche de notre dépression) est très similaire à celle du bluesman.
Ce que beaucoup de conspirationnistes ne comprennent pas, ou plutôt ne veulent pas comprendre, c’est que l’omniprésence du diable est une chose normale, triviale et rassurante dans une société chrétienne, surtout dans le cas des Etats-Unis où la culture majoritaire a subi l’influence de l’animisme africain, via la culture haïtienne. Les maîtres blancs ont souvent repris à leur compte les superstitions des esclaves noirs pour mieux les assujettir. Mais cette imprégnation culturelle se faisant toujours à double sens, des éléments de culture animiste ont peu à peu filtré dans le folklore du vieux sud américain, qui était naturellement plus réceptif que le nord industrialisé et iconoclaste des puritains. En poussant un peu loin, on peut même retrouver cette influence vaudou dans la dégaine "effrayante" et les rituels païens du Ku-Klux-Klan. Mais il vaut mieux ne pas leur dire.
Donc le diable du rock’n’roll correspond exactement au diable de notre Moyen-Age : il est partout, absolument corrupteur et sensuel, il cherche à posséder les femmes et à distraire les hommes en les vidant de leur énergie (acédie).
Jusqu’à récemment, seuls les conservateurs américains les plus durs et les paranos interprétaient tout ça au premier degré. Malheureusement, internet et la mondialisation anglophone nous renvoient aujourd’hui tout ce folklore sous un format pop mal digéré, avec de bons gros grumeaux d’ignorance et de paranoïa collective.
On exhibe en fait le Diable pour le chasser et l’exorciser, pour le fixer dans une forme matérielle que l’on peut tenter de combattre, de conjurer, d’assimiler ou même de séduire (relation sexuelle pour les sorcières) en tentant de lui dérober une partie de son pouvoir magique (pour avoir plus de succès, d’argent, etc.). Ces usages que l’on peut assimiler à de l’exorcisme collectif perdurent en particulier au sein d’une partie des élites américaines - notamment les élites du sud, qui affectionnent les fraternités du style "skulls and bones" où l’on met en scène graphiquement "la crémation des inquiétudes" (cremation of care) en reproduisant un sacrifice humain. Le but de ces rituels est d’exorciser la mauvaise conscience qui va de pair avec l’exercice du pouvoir. Les élites se débarrassent ainsi symboliquement de leur culpabilité et de la responsabilité de leurs actions en assimilant - via la métaphore du rituel - une qualité traditionnellement prêtée à Satan dans le folklore chrétien : celle de ne nourrir aucun remord en vivant exclusivement dans le présent. Certains y verront du satanisme, moi j’y vois une forme théâtralisée d’exorcisme collectif.
Il y a sans aucun doute des dérives proprement "satanistes" qui peuvent se lier ponctuellement aux pratiques de certains groupes animés par une idéologie prométhéenne radicale, mais à mon avis elles ne sont nullement représentatives et concernent plutôt des "officines" de second rang : groupes religieux charismatiques, militants athées, parvenus de la pop et autres vieilles putes comme Madonna...
Mais le vrai Diable, c’est à dire le mal au quotidien, reste celui que l’on ne peut pas matérialiser. D’ailleurs Bernanos l’assimilait à une moiteur, une apathie... perspective autrement plus effrayante que le Diable finalement sympathique, costumé et familier qui accompagnait la vie des hommes du Moyen-Age.
Donc le problème de nos amis complotistes, c’est qu’ils ont en quelque sorte le nez sur le guidon et qu’ils voient les choses par le petit bout de la lorgnette, en tombant très souvent dans un littéralisme désespérant de bêtise.
@Zatara
Cette non-affaire sent à plein nez le fake lancé par de jeunes partisans de Trump qui ont surfé sur la vague "Clinton élite dégénérée".
et c’est moi qui a perdu tout sens avec la réalité ?
Non, l’équipe de Trump a allègrement surfé sur ce genre de "news" propagée par des sites comme infowars d’Alex Jones, qui est une sorte de charlatan charismatique comme seule la culture américaine peut en produire.
Aux USA, ce complotisme débraillé fait depuis longtemps partie de la culture populaire et parle à une partie de l’opinion - naïve et peu éduquée - qui perçoit les agissements réels ou supposés de "l’élite" avec un mélange de dégoût et de fascination inavouée.
Comme je l’expliquais il y a quelques temps, il y a derrière tout ça la volonté de réenchanter le monde et de diviniser les élites en leur prêtant des pouvoirs magiques et mystérieux liés à la sexualité. Une sorte de néo-paganisme 2.0 qui illustre non seulement le recul de la raison au sein de la population mais aussi l’américanisation des catégories populaires, puisque ce folklore est typiquement anglosaxon. La meilleure preuve étant le nombre incroyable d’anglicismes acceptés et digérés par nos conspirationnistes, c’est un peu paradoxal quand on dénonce en permanence l’Amérique et qu’on prétend incarner la France traditionnelle.
Ce phénomène est bien connu en psychologie collective, durant le Moyen-Age et la Renaissance, les femmes célibataires, les veuves et les hystériques ont engendré la figure métaphorique et mythologique de la sorcière qui amalgamait et synthétisait toutes les terreurs populaires associées au mystère du sexe féminin. Là où ça devient intéressant, c’est que certaines femmes ont fini par s’identifier à cette image plus ou moins stéréotypée de la sorcière et à l’assumer socialement puisqu’elle leur conférait un certain pouvoir à la marge de la société.
Aujourd’hui on retrouve un effet un peu similaire avec l’imagerie satano-illuministe qui est fièrement exhibée par les wannabes et les vieilles rombières de la pop culture en mal de publicité. Le mélange pizzeria/pédophilie/FBI me semble s’inscrire complètement dans cette sous-culture complaisamment relayée en France par des complotistes dociles et américanisés "à l’insu de leur plein gré", et qui sont de magnifiques spécimens d’idiots utiles.
Petit repost : anthropologie du droitard, et pourquoi ils finissent toujours par perdre
Fillon a fait preuve de candeur, comme c’est souvent le cas avec les gens issus de sa famille politique (les Barre, Balladur, Léotard, Villiers, et autres cathos/libéraux/conservateurs qui ont tous finis cloués au pilori) qui croient que le fait de porter leurs "valeurs" en bandoulière fait d’eux des hommes d’exception et les dispense de respecter la décence commune des électeurs et des prolétaires.
C’est un biais psychologique très répandu chez les catholiques qui tendent à considérer ou à s’auto-persuader (de manière plus ou moins consciente) que leur foi inébranlable les met à l’abri du monde et agit comme une sorte d’immunité morale ; ce faisant, ils n’ont jamais l’impression d’avoir mal agi - puisqu’ils sont toujours de bonne foi -, ni d’être tenus de bien agir, car ils sont trop peu motivés à commettre les bonnes actions, c’est à dire les actes justifiés par la nécessité politique.
Fillon n’avait qu’une manière de s’en sortir : en faisant hypocritement mea culpa (comme le font les dirigeants américains pris dans un scandale). En se mettant sur la défensive et en se désignant comme la victime d’une vindicte et d’un complot politique, il a fait le plus mauvais choix possible.
C’est la même stratégie que Louis XVI pris dans la tourmente révolutionnaire, qui jusqu’au bout protestait - en toute bonne foi - de son innocence (qui était de l’incompétence) et de son amour sincère du peuple (qui était du paternalisme un peu complaisant) tout en exigeant que l’on respecte son autorité (de droit divin), incapable de comprendre les transformations du monde dans lequel il évoluait.
C’est la raison pour laquelle les catholiques (goyims) finissent toujours par se faire enfler quand ils n’exercent pas un pouvoir autoritaire et immanent, et c’est ce qui explique leur faiblesse dans le monde politique moderne ou tout commence par l’acceptation du rapport de force et non par la revendication d’une posture christique et surtout pas d’une supériorité morale comme le fait Fillon. Dire au peuple que l’on est bon même si l’on a fauté, c’est de l’inconscience politique.
On retrouve toujours ce même schéma chez les "cathos libéraux", éternels cocus de la politique, qui finissent systématiquement par vivre un calvaire et par monter en croix sous les huées, victimes expiatoires d’une plèbe frustrée dont les mauvais penchants sont excités par leurs ennemis. Toujours dénonçant des "complots" et cherchant à défendre pathétiquement leur "honneur", la "vérité" tandis que leurs anciens amis attendent le moment le plus opportun pour leur enfoncer un couteau dans le dos, quand c’est sans risque. Toujours victimes de leur naïveté.
Fillon qui exhorte sa "famille politique" et ses "amis" à lui offrir "15 jours" de répit, ça donne une bonne mesure de la solidarité qui règne dans ces milieux de "patriotes" droitards.
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