Fillon a fait preuve de candeur, comme c’est souvent le cas avec les gens issus de sa famille politique (les Barre, Balladur, Léotard, Villiers, et autres cathos/libéraux/conservateurs qui ont tous finis cloués au pilori) qui croient que le fait de porter leurs "valeurs" en bandoulière fait d’eux des hommes d’exception et les dispense de respecter la décence commune des électeurs et des prolétaires.
C’est un biais psychologique très répandu chez les catholiques qui tendent à considérer ou à s’auto-persuader (de manière plus ou moins consciente) que leur foi inébranlable les met à l’abri du monde et agit comme une sorte d’immunité morale ; ce faisant, ils n’ont jamais l’impression d’avoir mal agi - puisqu’ils sont toujours de bonne foi -, ni d’être tenus de bien agir, car ils sont trop peu motivés à commettre les bonnes actions, c’est à dire les actes justifiés par la nécessité politique.
Fillon n’avait qu’une manière de s’en sortir : en faisant hypocritement mea culpa (comme le font les dirigeants américains pris dans un scandale). En se mettant sur la défensive et en se désignant comme la victime d’une vindicte et d’un complot politique, il a fait le plus mauvais choix possible.
C’est la même stratégie que Louis XVI pris dans la tourmente révolutionnaire, qui jusqu’au bout protestait - en toute bonne foi - de son innocence (qui était de l’incompétence) et de son amour sincère du peuple (qui était du paternalisme un peu complaisant) tout en exigeant que l’on respecte son autorité (de droit divin), incapable de comprendre les transformations du monde dans lequel il évoluait.
C’est la raison pour laquelle les catholiques (goyims) finissent toujours par se faire enfler quand ils n’exercent pas un pouvoir autritaire et immanent, et c’est ce qui explique leur faiblesse dans le monde politique moderne ou tout commence par l’acceptation du rapport de force et non par la revendication d’une posture christique et surtout pas d’une supériorité morale comme le fait Fillon. Dire au peuple que l’on est bon même si l’on a fauté, c’est de l’inconscience politique.
On retrouve toujours ce même schéma chez les "cathos libéraux", éternels cocus de la politique, qui finissent systématiquement par vivre un calvaire et par monter en croix sous les huées, victimes expiatoires d’une plèbe frustrée dont les mauvais penchants sont excités par leurs ennemis. Toujours dénonçant des "complots" et cherchant à défendre pathétiquement leur "honneur", la "vérité" tandis que leurs anciens amis attendent le moment le plus opportun pour leur enfoncer un couteau dans le dos, quand c’est sans risque. Toujours victimes de leur naïveté.
Fillon qui exhorte sa "famille politique" et ses "amis" à lui offrir "15 jours" de répit, ça donne une bonne mesure de la solidarité qui règne dans ces milieux de "patriotes" droitards.
Louis XIV a mené une politique de répression de longue date à l’encontre des protestants, il est vraiment difficile d’évacuer sa responsabilité directe et personnelle même s’il a certainement subi l’influence des dévots. Sinon j’ai dit vieillissant, pas vieux... au XVIIème siècle un homme d’une cinquantaine d’années n’était plus un perdreau de l’année...
Je n’évacue pas le problème du "génocide" des Indiens - j’ai rappelé la brutalité des Anglais tout en contextualisant cette violence - mais ce terme pose problème, en tout cas quand on le pose de manière scientifique :
Je ne vois pas non plus le besoin de repeindre en rose la colonisation espagnole sous prétexte de sortir de la "légende noire" peinte par les historiens anglais et protestantes.
L’assimilation que tu décris a été en réalité extrêmement violente et le métissage - le plus souvent forcé - était justement un des marqueurs de cette violence "systémique" et de cette emprise. Tu penses que les Espagnols baisaient les femmes autochtones par antiracisme ? Non, c’est parce qu’il n’y avait pas d’Européennes.
Seuls les Français peuvent revendiquer une relation qui fut relativement harmonieuse et équilibrée avec les Indiens (mais là encore, il faut la contextualiser, car le but était aussi la domination de l’espace...). Les autorités françaises ont d’ailleurs tenté au début d’assimiler les populations indiennes, mais elles ont eu la sagesse de reconnaître assez tôt que ces tentatives étaient vouées à l’échec, les Indiens ne renonçant à leurs anciens usages que de manière superficielle, même s’il y a eu des conversions spectaculaires, certains Indiens étant séduit par la dimension mystique et les réminiscences païennes du catholicisme.
En Nouvelle-France, le métissage n’a jamais été prôné comme valeur "assimilationiste" et toute violence envers les Indiens - comprendre ici les Indiens alliés - était proscrite. Les métissages étaient toujours le résultat de relations "empiriques" entre des coureurs de bois ou des Français indianisés (car il y a eu assimilation réciproque en réalité) qui vivaient parmi les Indiens.
En l’occurrence, tout ce que Klein a pu transmettre positivement sur le plan pédagogique au travers de sa démarche, n’a pas été perdu avec la découverte de ces "emprunts". On peut comprendre à la rigueur que cette infraction à l’éthique créé une gêne par rapport à ses collègues à de vénérables institutions qui se sentent bafouées, mais à notre niveau de lecteur, néophyte, qu’est-ce que cela change ? Où est le mal, sachant en plus qu’il vient d’être châtié ? L’homme est rabaissé, la "morale" est donc sauve, pourquoi en rajouter ?
Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ?
Tiens l’autre jour on m’a dit que je portais des clichés des "médias mainstreams d’inspiration anglosaxonne", maintenant je suis au niveau cours d’histoire du collège (bah voyons, on étudie la notion d’auteur au XVIIIème au collège, les romans de la mer d’Hugo et Alfred Jarry...)
C’est stupéfiant comme les gens ici sont incapables de répondre à des arguments par d’autres arguments.
Le problème n’était pas de savoir si l’on va faire tomber une carrière sur Agoravox (on se doute que non...) mais de s’interroger sur cette notion de "plagiat" et l’hypocrisie vindicative qu’elle semble encourager chez certains individus puritains et médiocres, qui voient sans doute dans la révélation de ces "scandales" une occasion de vidanger leurs aigreurs accumulées contre des gens plus passionnés, plus intelligents, plus talentueux et plus travailleurs qu’eux (pas vrai la mouche ?).