Je ne vois pas l’intérêt d’en rajouter pour une simple erreur sémantique. Je crois que tout le monde a compris ce que Haze voulait dire - ce qui est l’essentiel - et vous pinaillez par simple esprit de contradiction.
5 millions de bouddhistes en France, ahahah elle est bien bonne celle-là. La plupart optent pour le bouddhisme comme d’autres choisissent le culturisme ou le développement personnel, ce sont de simples choix de consommation et de mode de vie (que je ne critique pas). Je crois d’ailleurs que le terme officiel est "sympathisant", la pratique réelle du bouddhisme étant beaucoup plus limitée. A ce compte-là, il y a encore 30 millions de catholiques en France. J’espère que vous savez encore faire la différence entre 5 millions de "sympathisants spirituels" adepte de la zénitude et d’une version édulcorée du bouddhisme et des millions de croyants qui s’absorbent dans une véritable discipline de vie collective.
Je critique beaucoup Soral mais je crois qu’il a tout dit sur les contradictions de ce "bouddhisme" occidental.
Effectivement, le succès du mouvement évangélique ne doit rien au hasard ou à de simples motivations spirituelles, car il s’appuie sur un réseau d’éducateurs et de professionnels de santé provenant principalement des USA. Le concept de vacances humanitaires est d’ailleurs beaucoup plus développé en Amérique qu’en France. Ce mouvement pastoral et hygiéniste constitue en réalité la pointe avancée de l’influence (ingérence ?) américaine, avant l’arrivée des investisseurs et des institutionnels, en particulier en Afrique, ce qui explique la perte de vitesse du catholicisme dans les pays pauvres.
Les Américains ont d’ailleurs repris ça très habilement aux Français à partir des années 50/60. Tout en dénonçant le colonialisme à travers l’ONU ils ont adapté les méthodes des colons français du XIXème siècle qui arrivaient avec "l’universalisme républicain" dans une main, et la médecine moderne et l’éducation dans l’autre. Aujourd’hui, c’est évangélisme et financiarisation.
Il est donc intéressant d’établir en Afrique un parallèle entre le recul du catholicisme et de la francophonie...
Je ne prétends pas être spécialiste de l’hindouisme, et encore moins des similitudes et différences entre bouddhisme et hindouisme (franchement, je n’y connais rien et je serai incapable de dire en quoi le bouddhisme et l’hindouisme sont plus ou moins apparentés que le christianisme et le judaïsme, d’ailleurs je ne crois pas que cela soit le sujet).
Je voulais simplement signifier, si ce n’était pas clair, que les occidentaux utilisent souvent le terme "bouddhisme" de manière générique pour désigner indistinctement les deux religions. Et donc que notre camarade Haze ne voulait certainement pas énoncer une vérité définitive sur la proportion d’Indiens adepte du bouddhisme. Dans ce sens, votre rectification par ailleurs pertinente transformait le sens de son propos. Le langage (ou si vous préférez la communication) ne se limite pas à la sémantique et au contenu objectif des énoncés.
C’est comme les gens qui sautent au plafond quand on parle de "judéo-christianisme" en disant queça n’a aucun sens sur le plan historique. C’est bien d’être optimiste, mais à mon avis il se sera écoulé quelques siècles avant d’avoir banni cette expression du vocabulaire.
Rappelons aussi que l’Islam conquérant ne faisait pas non plus la différence entre bouddhistes et hindous...
En Occident, le mot bouddhisme est généralement employé par métonymie (contenant l’hindouisme) grâce au succès "spirituel" du bouddhisme depuis les années 60, même s’il s’agit d’une approximation (voire d’un contresens historique), dans la mesure où le bouddhisme est issu de l’hindouisme.