La France n’a pas vraiment de sensibilité et de culture démocratique, c’est un truc de pays protestant, profondément.
Les élites françaises, de droite, de gauche, progressistes, réactionnaires, libérales, conservatrices, ont toujours eu pour point commun la crainte du peuple, les uns ayant la phobie du peuple ethnique, les autres, imbibés de culture aristocratique, ayant en horreur la populace, et puis il y a les libéraux qui se défient de la "volonté générale" dans laquelle ils voient une dangereuse abstraction holiste à l’origine des dictatures modernes. Evidemment, c’est la révolution française qui catalyse toutes ces craintes, même si on pourrait citer d’autres évènements, tant dans l’histoire moderne (commune de Paris) que dans celle de l’Ancien Régime.
C’est la raison pour laquelle un type comme Macron a compris qu’il fallait subtilement se glisser dans la posture un peu mystique du monarque appelé à régner, comme Mitterrand avant lui d’ailleurs, car cette défiance des élites envers la démocratie justifie finalement l’idée monarchique de la communion entre le peuple et son représentant "élu".
Ce n’est pas un programme politique, Juste une énième conférence magistrale du Grand Timonier, de l’homme-miracle.
Un programme politique, ce n’est pas une déclaration d’intentions, déjà c’est beaucoup plus détaillé, ça ne se limite pas à énumérer une série de grands principes sans indiquer comment on obtiendra concrètement ces résultats.
Il n’y a rien de concret dans tout ça, vos deux derniers point le confessent d’ailleurs assez hypocritement en rappelant les deux seuls axes du "programme" d’Asselineau, c’est à dire l’évitement des sujets qui fâchent ("sujets non abordés : fiscalité, emploi, insertion,...") et le bottage en touche ("organiser des référendums sur des sujets clés" on ne peut pas faire plus nébuleux...).
Allez bon dimanche, j’ai pas que ça à foutre de ma taper toutes les groupies asseliniennes d’Ago.
La faute revient à Asselineau qui n’a pas compris pourquoi il était invité chez Ruquier. Il a cru qu’on allait lui offrir une tribune politique en échange de quelques attaques téléguidées contre le FN.
Il n’ a pas compris que Ruquier l’invitait, non pas pour le ridiculiser lui, en tant que François Asselineau, mais pour ridiculiser ses idées souverainistes en le faisant passer pour un ringard passéiste n’assumant pas sa proximité avec l’extrême-droite, et malheureusement Asselineau est tombé en plein dans le panneau.
On ne vient pas chez Ruquier pour développer des idées politiques, mais pour montrer son agressivité politique, sa capacité à répondre du tac-au-tac à des critiques légitimes ou illégitimes, à répondre de manière cinglante à des acteurs bienpensants, à improviser, à faire preuve de souplesse face à l’adversité, à ne pas se mettre sur la défensive mais à passer à l’attaque, bref, on vient montrer que l’on est une bête de plateau TV, comme Le Pen a su le faire à l’époque.
Si Asselineau avait au moins montré qu’il ne se laissait pas impressionner par des chroniqueurs médiocres et de parti pris, s’il avait rendu les coups, s’il n’avait pas cherché à se les mettre dans la poche en critiquant le FN, il serait ensuite revenu dans les médias comme "bon client" car la règle c’est de ne pas ennuyer.
Un jour, vous arriverez peut-être à le comprendre au lieu de vous désigner comme les victimes d’un complot médiatique universel visant à faire taire Asselineau.
De toute façon la manière dont vous revenez toujours à cette entrée ratée dans les grands médias montrent bien que ça n’est pas passé, et illustre les limites de la stratégie d’Asselineau.
Ca serait bien que les sectaires de l’UPR acceptent de temps à autre la logique de l’échange. Vous répondez toujours par un point d’interrogation aux critiques avant de les écarter d’un revers de la main, comme s’il était complètement impensable de critiquer Asselineau.
Stratégie désastreuse : taper complaisamment sur le FN dans le but de lui piquer son électorat tout en faisant mine se de pincer le nez devant les médias, stratégie désastreuse, incohérente et méprisante qui a conduit de nombreuses personnes à se détourner politiquement de l’UPR. L’inverse de la stratégie adoptée par Trump aux Etats-Unis.
Asselineau a d’éminentes qualités mais il est également orgueilleux et hautain. Par ailleurs sa prétention à "instruire les foules" est politiquement désuète mais hélas très révélatrice de cette mentalité de haut-fonctionnaire à la française.
Quant à son programme, il n’en a pas à part la sortie de l’UE.