Napoléon était franc-maçon, révolutionnaire, royaliste, musulman, etc... cette analyse à rebours n’est absolument pas convaincante.
Les franc-maçons étaient très influents sous le Directoire et il est certain que Napoléon a bénéficié de complicité interne pour réussir son coup d’Etat et connaître une ascension aussi rapide. Il est non moins certain qu’il a mis à profit les réseaux franc-maçons pour renforcer sa main-mise sur l’appareil d’Etat et étendre sa domination supranationale sur l’Europe - ce qui lui permettait en même temps d’exercer une surveillance étroite sur les activités potentiellement subversives de la franc-maçonnerie.
Pour Napoléon, la franc-maçonnerie était à la fois une formidable opportunité d’accroître son pouvoir (grâce à ses puissants réseaux d’influence) et une menace. Et tout laisse accroire que la maçonnerie le percevait en réalité de la même manière.
Excellent article sur le sujet (et sur l’origine de la théorie du complot maçonnique) :
Pour Bonaparte, cette influence de la maçonnerie sur les idées et les décisions politiques constituait une menace. La franc-maçonnerie en 1799 est très dispersée, volatile dirait-on
aujourd’hui, difficile à contrôler, et potentiellement dangereuse, même
si elle sort exsangue de la décennie révolutionnaire. Bonaparte va mener une double politique vis-à-vis de la
maçonnerie : développement, et mise sous contrôle. Pour toutes ces raisons, il a misé sur la franc-maçonnerie, mais avec
une confiance limitée. Le fait qu’il maintienne vis-à-vis d’elle un
réseau étroit de surveillance l’atteste.
Et cet article semble confirmer le caractère très opportuniste des relations entre Bonaparte et la maçonnerie :
Après la première abdication et son exil à l’île d’Elbe,
le Grand Orient apporte aussitôt son soutien à Louis XVIII, affirmant que l’Empire n’était qu’une tyrannie. Cela amène
de nombreux maçons à démissionner, d’autant que le
Grand Orient change à nouveau d’opinion pendant les Cent-Jours. La chute de Napoleon entraîne, dans une grande mesure, celle
de la franc-maçonnerie. Louis
XVIII étant revenu au pouvoir, la "Terreur blanche"
à laquelle participent les Chevaliers de la Foi, dont est
membre le général franc-maçon Amédée
Willot de Gramprez, décime l’armée et les loges. Le duc Elie
Decazes, préfet de police, membre du Suprême Conseil de France,
arrive à peine à limiter les attaques contre les maçons.
Ces derniers vont faire preuve dans les années qui suivent, comme
la plupart des hommes publics, d’opportunisme politique.
En gros, vous reprochez à Chauprade de ne pas se mettre hors jeu au
détour d’une question piège qui ne concerne même pas le sujet
d’actualité développé dans cet entretien à savoir un torrent
ininterrompu de centaines de milliers de migrants que les élites vont
dispatcher "à dessein" dans toute l’Europe. Un véritable ethnocide
programmé.
Mais c’est ce que font tous les dissidents, se mettre hors jeu au nom d’une soi-disant quête de pureté qui les retranche de fait de la politique en leur permettant d’exister dans leur propre idiosyncrasie intellectuelle, tels des adolescents rebelles qui refusent de grandir et ne s’engagent jamais réellement dans un combat politique..
Il ne s’agit pas de construire mais simplement de "d’exister contre" à la manière d’un Soral qui se vante à 58 piges d’être resté un punk qui envoie chier tout le monde et qui refuse tout engagement durable et sérieux, comme l’a découvert Marc Georges, d’où cette instabilité constante : un jour au PCF, le lendemain chez Chevènement, puis avec Le Pen, contre Le Pen, etc...
Laurent Louis, c’est un Peter
Pan de la politique, empli d’une candeur qui
confine à l’imbécilité quand il se retrouve systématiquement trahi, déçu
et abandonné... c’est trop dur le monde...
Dans cette perspective, la quête de la vérité sur le 11 septembre est devenue la Licorne des dissidents, la recherche perpétuelle du Saint Graal qui repousse d’autant plus la perspective de la maturité politique que l’on ne saura probablement jamais la vérité : éternelle adolescence du complot qui permet ainsi de fermer les yeux et de vivre au pays des rêves et du faux-semblant...
Oui, et puis si on commence à regarder les revirements des uns et des autres... la liste promet d’être longue. Si on atteignait des positions de pouvoir en criant la vérité sur tous les toits et en défendant la veuve et l’orphelin, ça se saurait depuis le temps.
Au XIXème siècle, un petit livre, intitulé La girouette, s’amusait à recenser toutes les trahisons politiques et changements d’allégeance survenus entre la révolution et la restauration : certains personnages, comme Talleyrand ou Fouché - donc, pas vraiment des politiciens de troisième zone - collectionnaient une quinzaine de girouettes. Le livre faisait une cinquantaine de page.
Un autre livre est paru, recensant cette fois le nombre d’hommes politiques qui n’avaient jamais changé de camp ou d’opinion durant la même période : le livre faisait trois pages...
Zemmour n’est ni marxiste ni keynésien. Gaspard Koenig dit des choses intéressantes et propose un renouvèlement de certains concepts ("jacobinisme libéral"), en revanche l’autre c’était un véritable robinet d’eau tiède.
"faut changer de société, faut virer le capitalisme, justice climatique pour tous, on est contre le TAFTA, on n’aime pas les Américains booooouuh"
"par contre on veut la PMA-GPA et faire sauter tous les obstacles à l’immigration tant au niveau national qu’européen, et des ipad gratos dans les écoles"
"ouais nous on veut les trucs cool mais on veut pas les trucs pas cool meeeeeeeeerrde"
Quant au pauvre péquin de l’UPR sans doute filmé tout seul à l’écart de la manif pour éviter de se faire virer manu militari par ces gauchistes "tolérants" car immédiatement repéré comme "facho souverainiste", ça fait pitié pour lui...