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  • vote
    Joe Chip Joe Chip 7 août 2017 13:25

    @yoananda

    Je n’entre pas dans ces considérations biologico-raciales et je ne partage pas tes conclusions. Ce n’est pas une question de pessimisme ou d’optimisme, seulement, il faut poser des constats réalistes.

    Je me contente d’observer la situation autour de moi et on ne peut pas penser pour les moment que les choses vont évoluer positivement en misant sur cette idéologie du retour à la terre qui ne sera jamais une dynamique de masse. 



  • vote
    Joe Chip Joe Chip 7 août 2017 13:21

    @yoananda

    Les "blancs" font construire leur maison la plupart du temps, ils n’ont pas les moyens ou l’envie de retaper des maisons de maçons ou des maisons traditionnelle. Le rêve des petites classes moyennes, c’est un pavillon avec un petit bout de jardin, pour faire des barbecues l’été. 

    Je vais dire un truc cruel mais la seule chose qui pourra sauver les campagnes françaises, ce sont les urbains qualifiés. Les gens qui en ont marre des grandes villes et qui veulent élever leurs enfants dans un environnement sain. Ce sont eux qui les compétences désormais, la plupart des ruraux vivent à la campagne mais ne connaissent rien au cycle naturel et ne sauraient pas faire pousser une tomate. Mon père sait tout faire, il a été élevé comme ça : bricolage, jardin, mécanique... le "rural" de base aujourd’hui se branle la nouille en jouant à la playstation, sur fond de chômage existentiel.

    Mais ce sera un sauvetage a minima qui passera par une augmentation du foncier et une exclusion sociale des "ruraux" qui seront contraints à l’avenir d’aller vivre en ville ou en banlieue pour trouver du boulot et des logements accessibles. L’argument est tout trouvé et imparable : écologiquement, on ne peut plus se permettre d’avoir une population disséminée sur le territoire, c’est ingérable sur le plan budgétaire. 

    A terme, la campagne revivra mais ce sera sans doute sous la forme décrite par Houellebecq.



  • 1 vote
    Joe Chip Joe Chip 7 août 2017 12:58

    C’est pas du pessimisme.

    Le coin où tu vis (Touraine si j’ai bien compris) n’est pas représentatif de la moyenne des campagnes françaises inscrites entre périphérie et zone rurale qui correspond beaucoup plus à ce que j’ai décrit, avec un mode de vie de moins en moins "traditionnel" et calqué de plus en plus sur celui de la banlieue.

    Le village de 2500 habitants à côté de chez moi a son kebab, son groupe de "jeunes en difficulté" qui errent le soir dans les rues, ses balais incessants de deux roues entre minuit et quatre heures du mat’, et des faits divers qui s’accumulent tandis que les habitants à tort ou à raison n’osent plus sortir de chez eux.

    Des villages-dortoirs pour la classe moyenne qui n’a plus les moyens de vivre en ville ou qui fuit la banlieue.

    Les pénuries de médecin et de service médicaux (plus d’un an d’attente chez moi pour avoir un rdv chez l’ophtalmo).

    Et je ne parle même pas de la dégradation des infrastructures, des routes qui ne sont plus refaites, sauf à la va-vite quand une épreuve cycliste passe dans le coin.

    Le centre-ville de l’agglomération la plus proche est en train de péricliter au profit de la zone commerciale qui regroupe tous les supermarchés et chaînes de magasin du coin.

    Et 5 km plus loin tu es au milieu des champs.

    Voilà, c’est ça la campagne française de ce début du XXIème siècle.

    A côté de ça il y a quelques coins préservés grâce au tourisme ou au patrimoine (toutes les régions n’ont pas les châteaux de la Loire...) un peu comme le décrivait Houellebecq dans la carte et le territoire.

    Et évidemment il y a de plus en plus de déserts ruraux, c’est à dire des régions trop éloignés des bassins d’emploi et des infrastructures pour attirer la population active.



  • 5 votes
    Joe Chip Joe Chip 6 août 2017 21:06

    yoananda a raison, vous avez une vision un peu bucolique de la campagne, voire complètement déconnectée pour DJL.

    Hé, tu ne te mets pas à faire du bio comme ça pour le refourguer aux voisins et aux restos du coin (dont la plupart se fournissent au supermarché ou en gros, pas chez les petits producteurs locaux...) pendant que l’un des conjoints gère ses affaires sur internet : ça c’est de la science-fiction rurale, mon pote. 

    Déjà, à la campagne, les relations sociales sont réduites au minimum, voire inexistantes. Les gens se font la gueule, on sait pas trop pourquoi, ils sont rancuniers, sans parler de tous les problèmes de tapage nocturne/chien qui peuvent pourrir l’atmosphère. Parce qu’hormis dans certaines régions touristiques où le prix du m² éloigne les prolos, les villages français sont désormais plein de rurbains et de beaufs emmerdeurs qui polluent le silence avec leur musique de beauf, leur gros chien de beauf qui hurle pour un oui ou pour un non en plein milieu de la nuit, et leurs barbecue de beaufs.

    Les tailles des parcelles se réduisent de plus en plus pour construire des pavillons accessibles à la petite classe moyenne qui veut "son" petit jardin particulier, donc la sociologie a évolué pour se rapprocher de celle des périphéries voire de la banlieue. Il faut vraiment aller s’isoler à la lisière de petits villages pour retrouver la place, le calme et la paix... et les cambrioleurs. 

    Et puis il y a des agriculteurs à la campagne. Pas des petits hipsters barbus qui produisent du bio hors de prix pour la bourgeoisie locale et les parisiens en weekend. Non, des gros cons qui ne pensent qu’à arroser le plus de pesticides sur leurs champs, quitte à éliminer toute la flore et la faune (là où je suis, plus d’oiseaux, de plantes messicoles...) en empuantant régulièrement l’atmosphère des maisons. Et quand je parle de puanteur, je ne parle pas de l’odeur douce et familière du fumier sentant bon le crottin de cheval mélangé à la paille... non, je parle de la pestilence du lisier du porc auquel ils rajoutent un cocktail de produits phytosanitaires sans lequel plus rien ne pousserait sur ces terres lessivées depuis des décennies... à cause de l’agriculture intensive, de l’arrachage des haies liés aux multiples remembrements, de tous les petits rus qui ont été comblés, bétonnés au fil des décennies pour laisser la place à de grosses exploitations. 

    Ils se retrouvent tous malades avant d’avoir atteint la soixantaine (cancer, sclérose en plaques...) mais c’est pas grave, les mecs continuent de pulvériser leur saloperie... rendement, toujours le rendement. 

    On n’est plus chez Zola (cf. le roman "La terre") mais le monde paysan reste très dur. Les petits cultivateurs un peu trop niais ou gentils se font dépouiller la gueule par les autres (les gros qui ne jurent que par la PAC et l’Europe). 

    Alors oui, le trip "retour à la terre" est possible mais comme le souligne yoananda il faut soit avoir la chance d’avoir un bon travail sur place (donc un gros bagage ou un métier très recherché) soit avoir de l’argent. Selon mon expérience, il n’est pas possible de vivre à deux dans une bonne maison où il y a beaucoup de travaux à faire sur un seul salaire. La plupart des couples à la campagne ont deux voitures. Avec une voiture, l’un est pratiquement condamné à rester en permanence sur place, les longs mois d’hiver compris où la vision uniforme des champs dépouillés sous le ciel gris peut très vite attaquer le moral. 



  • 1 vote
    Joe Chip Joe Chip 6 août 2017 16:44

    @Qiroreur

    Oui, et si on a peu de moyens, il vaut mieux se contenter d’un régime relativement spartiate (en quantité et en variété) pour privilégier des aliments de base issus de filière qualitative (pas forcément bio) achetés de préférence en grande quantité pour diminuer le prix : céréales courantes, oeufs (pour ma part je complète mes apports en protéine avec des oeufs bio en poudre que j’achète par paquet de 1 à 4 kgs directement chez le producteur), fruits et légumes de saisons, petits poissons gras... il y a moyen de limiter l’addition tout en restant dans une alimentation saine, à défaut d’être variée et gastronomique. 

    Malheureusement, la génération d’après-guerre reste aussi prisonnière de certains réflexes hygiénistes martelés dans la tête des parents et des enfants à partir des années 50/60 : la peur irrationnelle des bactéries, la peur de consommer certains produits au-delà de la date de péremption, le réflexe de consommer des produits portionnés, conditionnés, emballés... tout cet hygiénisme qui tolère de vaporiser des pesticides sur les oeufs et de la chlorine sur les poulets, mais qui continuer à prétendre que les fromages au lait cru représentent un danger pour la santé smiley 

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