Je comprends cette position du Conseil scientifique des Académies des sciences européennes. Mais cela ne signifie pas que l’homéopathie ne produit pas de guérison. Il se peut que des guérisons réelles ne soient pas explicables par les concepts établis de la chimie et de la physique. Cela signifierait simplement que les concepts établis de la chimie et de la physique formant un large consensus dans le milieu universitaire à ce jour, donc le 19 juin 2018, ne sont peut-être pas l’ultime description absolue de la totalité de la réalité de ce qui est possible dans l’univers. Et... serait-ce vraiment surprenant. Ou inadmissible ?
"il faut mesurer les choses et (...) nos expériences personnelles ne peuvent suffire"
C’est parfaitement exact. D’un autre côté un certain nombre d’expériences personnelles concordantes peuvent aussi signifier quelque chose même si elles n’entrent pas dans le cadre d’un certain protocole. Car, après tout, la santé, le bien-être et la souffrance sont aussi des critères subjectifs, du moins jusqu’à un certain point. En outre, si vous avez trois maladies successives, apparemment sans rapport, qui vous font souffrir pendant trois ans en continu, dont la dernière seulement s’achève par votre décès, est-ce que cela doit être enregistré comme un score de deux victoires médicales sur trois maladies ? Ou bien est-ce la même maladie qui a vaincu successivement les trois médications, chacune de ces médications ayant en réalité été totalement inopérante sur le fond et finalement seulement capable de déplacer le symptôme ? Pas simple, tout ça... C’est pourquoi il faut tenir compte aussi du ressenti des gens (pas uniquement mais aussi).
Comme la plupart du temps, sur ce genre de sujet, les propos se croisent sans se rencontrer, car les gens ne parlent pas de la même chose. Chacun a souvent raison dans ce qu’il affirme et tort dans ce qu’il nie. D’où vient le problème ? Probablement d’une erreur de base : la médecine n’est pas, n’a jamais été et ne peut pas être une science. Bien entendu, sans être une science elle-même, elle doit s’appuyer sur des recherches scientifique et sur toute la technologie disponible (chirurgie, imagerie,etc.) Mais on ne peut pas exiger de la pratique médicale elle-même qu’elle corresponde, par exemple, au critère de la biologie et de la physique en éprouvette. De fait, il y a un gouffre entre la théorie et l’humain. Pour tenter de camoufler ce décalage épistémologique, on a inventé des mots comme "placebo" ou "psychosomatique", mais cela n’explique rien, c’est seulement des petits mots pour calmer les angoisses des gens qui voudraient que tout soit explicable, par crainte de l’inconnu et de l’indéterminé. Or, le système immunitaire humain (pour ne parler que de l’homme) reste dans sa plus grande partie incompris (plus on le découvre plus on se rend compte qu’il en reste à découvrir). Bref, il faut être prudent dans la négation de la pratique médical des autres. Quant à l’argument selon lequel on éviterait des dépenses inutiles en décourageant l’usage de l’homéopathie, il est très peu convaincant.
@Zatara La loi doit trouver une formulation générale, sinon, ce ne serait évidemment plus une "loi" mais des décisions au cas par cas énoncées par une autorité arbitraire. Mais à supposer qu’il existe un système légal lui servant de référence, tout jugement doit aussi s’appliquer en tenant compte de la particularité de chaque situation. A ces deux niveaux (celui du législateur et celui du juge) il peut exister des imperfections, des biais, des effets pervers partant de bonnes intentions, ou tout simplement des tendances idéologiques inconscientes.