@Zatara Certes, l’homme de science n’applique pas les mêmes protocoles pour organiser une soirée pizza en famille que pour mettre une hypothèse à l’épreuve dans son labo. Cependant, sur les questions très importantes, par exemple les questions existentielles ou par exemple s’il était appelé comme juré dans un procès, il conserverait sa rigueur intellectuelle, du moins s’il est intègre et cohérent.
"Newton faisait dans l’ésotérisme et l’alchimie.... Il était donc fou ? est ce là votre logique ?"
D’une part, il s’agissait encore de disciplines considérées comme à peu près scientifiques à son époque. Et surtout, il n’y a pas besoin de croyances en alchimie ni en ésotérisme, mais seulement de savoirs et d’expériences.
"Que faites vous des scientifiques qui s’intéressent à toutes les philosophies ou religion du monde ? ou de ceux qui utilisent des drogues ?"
Aucun besoin de croyance non plus ici, on peut étudier la philosophie, les mythes, les symboles et faire des expériences avec des drogues sans aucune croyance et en conservant une méthode de raisonnement rigoureuse et prudente. J’ai moi-même fait de nombreuses expériences (qui seraient jugées très insolites pour l’homme ordinaire) sans cultiver la moindre croyance et même en m’efforçant de n’en entretenir aucune.
@Zatara "et donc la part de subjectivité de chaque scientifique est sa part de folie ?"
La folie, c’est plutôt quand on ne sait plus distinguer la subjectivité de l’objectivité. Le fou croit que ce qui est dans sa tête (une attaque de renards roses) le poursuit dans la rue.
Cela étant, il y a un moment où même l’objectivité de la science touche ses limites et c’est là que le scientifique honnête doit admettre qu’il entre dans un autre champ culturel.
En effet, tout cela est évident. C’est la pensée qui nous sépare les uns des autres dès qu’elle sort du cadre technologique où son rôle est légitime (pour fabriquer des choses utiles à l’existence, il faut une pensée qui discrimine, qui sépare, qui distingue, qui mesure, qui compte, qui pose des frontières, etc.) Devant l’inconnu, la pensée qui a horreur du vide veut emplir l’espace avec une idée. Donc quand l’être humain tente de se percevoir lui-même et que sa pensée se tient devant son propre être inconnu, la pensée confrontée à cette vacuité silencieuse crée une idée de "moi" pour meubler le silence. L’ego se maintient grâce à ce bavardage incessant qui lui donne le sentiment d’exister (un peu comme les pseudos sur ce forum se donnent la sensation d’exister réellement par un perpétuel bavardage en l’absence duquel il n’existe plus du tout ).