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Éric Guéguen

Éric Guéguen

Le monde actuel en 20 penseurs :
 
Platon - Aristote - Lucrèce - Farabi - La Boétie - Montaigne - Spinoza - Rousseau - Hegel - Tocqueville - Nietzsche - Ortega y Gasset - Polanyi - Strauss - Arendt - Vœgelin - Villey - Dumont - MacIntyre - Lasch
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« Le citoyen typique, dès qu’il se mêle de politique, régresse à un niveau inférieur de rendement mental. Il discute et analyse les faits avec une naïveté qu’il qualifierait sans hésiter de puérile si une dialectique analogue lui était opposée dans la sphère de ses intérêts réels. Il redevient un primitif. Sa pensée devient associative et affective. »
(Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, Quatrième partie, XXI, 3 (p.346)).
 
Contact : [email protected]
Le Miroir des Peuples, éditions Perspectives Libres, 2015

Tableau de bord

  • Premier article le 05/12/2012
  • Modérateur depuis le 28/02/2013
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Derniers commentaires




  • 3 votes
    Éric Guéguen Éric Guéguen 1er juillet 2014 12:32

    "Le moins mauvais régime est celui qui dure le plus."
     
    Dans ce cas Mach’, battez-vous pour la monarchie, pas pour la démocratie.



  • 1 vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 1er juillet 2014 12:08

    "Philosophie incarnée" = fait de vivre en philosophe.

    Comme Pierre Rabbhi, pas comme BHL, pour vous donner un exemple familier.

     
    La philosophie politique et morale antique ne se conçoit que dans la mesure où elle induit des comportements réguliers. On n’est pas vertueux parce que l’on sait définir la vertu, on l’est parce qu’on sait ce qu’elle est ET qu’on l’applique au quotidien. Même chez Platon la philosophie s’incarne : c’est parce qu’il sait que le recueillement intellectuel n’est pas à la portée du grand nombre qu’il se montre si dur avec les gouvernements populaires. Il faut beaucoup de courage et de patience pour le détromper sur ce point, et le fait de le traiter d’idéaliste ne change rien à l’affaire : c’est bien lui qui soulève un problème politique de taille, et face à son constat notre époque se paie de mots.



  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 1er juillet 2014 11:33

    Il faut savoir ce que l’on veut et ne pas trop demander à un régime politique - la démocratie - dont la possibilité ne repose que sur la rencontre entre le grand nombre et l’effort quotidien érigé en valeur commune.



  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 1er juillet 2014 11:28

    De "mal" penser si vous préférez Gaspard, ou plus exactement de n’avoir pas le sens des priorités intellectuelles (osons le mot, le simple fait que cette formule dérange est la preuve de ce que je raconte) dans le souci d’éviter la "prise de tête", seule chose pourtant qui nous distingue des autres animaux.

     

    berphi, pas de panique, je plaisantais !! smiley



  • 1 vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 1er juillet 2014 10:42

    Un dernier mot de ma part, pour conclure (en ce qui me concerne) car les mois prochains je n’aurai plus le temps de venir.
     
    Concernant Chouard, peut-être que je me trompe - sûrement même si l’on s’en remet à la ferveur autour de lui, or toute pertinence s’évalue aujourd’hui à la ferveur engendrée.
    Toujours est-il que je rencontre, à mon gout, trop de gens lénifiés par les conférences de Chouard. Ça les sort de leur torpeur, certes, mais pas pour leur dire "bossez de votre côté, tous autant que vous êtes, et partagez le fruit de vos recherches un peu partout". Du moins cette volonté, si elle existe, est-elle noyée dans les sempiternelles références à l’infâme, aux affreux, aux dominés, que les gens retiennent bien mieux, et on comprend aisément pourquoi. Dès que Chouard promeut un livre, celui-ci est dans le top des ventes Amazon, c’est très fort de sa part. Mais c’eût été encore plus fort de promouvoir des livres qui vont à l’encontre des dogmes défendus par Chouard (car il y en a). L’excellent ouvrage Le nombre et la raison de Patrice Gueniffey est de ceux-là.

     

    Ensuite, sur le "réalisme politique" dont il serait le meilleur représentant, à l’encontre de philosophes englués dans des idées vaines, je veux simplement ajouter ceci :

    Toute pensée précède une action responsable. La pensée politique n’est certes pas une page vierge, elle s’appuie sur le réel qui s’offre à l’homme en permanence. Deux tendances s’opposent alors : ceux pour qui le réel se limite à ce que leur main peut effleurer et leurs yeux contempler, et face à eux ceux qui sont convaincus qu’une partie du réel n’est accessible qu’à l’intelligence aguerrie. Peu importe qui a raison, qui a tort. Ce qui est certain, c’est que l’objet d’étude des premiers s’épuise dans la matérialité ; sans ce chien pour aveugle, ils se déclarent inaptes et s’en remettent au cours des choses. À leurs yeux, et fatalement, le possible se limite au déjà existant, au palpable. Tout contrevenant les fait sourire en tant qu’idéaliste, imaginatif, certes, mais doux rêveur en dernière instance, au point de réduire toute influence de type intellectuelle ou morale à un heureux concours de circonstances. Si le soi-disant idéaliste sait où il va sans être certain d’y parvenir, le réaliste revendiqué sait quant à lui qu’il parviendra... sans être certain de savoir où.

     

    Pour finir, je voudrais juste insister sur quelque chose que j’ai dit plus haut et qui ne me semble pas à prendre à la légère car c’est un mal typiquement contemporain et bien plus dangereux et insidieux que les rapports de force. Je veux parler de notre rapport civilisationnel à la liberté de penser. Celle-ci ne peut pas et n’a jamais pu être totalement bridée (contrairement à la liberté d’expression qui en découle). Seuls les moyens de l’exercer correctement étaient manquants dans les siècles passés. Aujourd’hui, les moyens abondent et les élites, soucieux d’un ordre figé au sommet, devraient donc s’inquiéter des effets d’une liberté de penser exercée scrupuleusement, en tous lieux et en tous domaines. Ils n’ont pas souvent à le faire. Et ils n’ont pas souvent à s’en inquiéter parce que la liberté de penser moderne, individualiste, inclut la liberté de ne pas penser qui agit comme un virus spontané et sympathique, bénéficiant potentiellement en chacun de nous du terreau favorable de la paresse mêlée de lâcheté. Au nom de l’égalité que personne ne soupçonnera jamais de double-jeu, tout propos intelligent sera toujours noyé dans un océan de bêtises. Chapeau bas.

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