François Asselineau parle à l’intelligence des français et n’essaie pas de séduire les foules électorales.
La politique ne se réduit pas à des discours pour instruire les intelligences, mais vise aussi beaucoup à des discours pour affermir les volontés. Mais il ne faudrait pas réduire la politique à des discours de toute façon.
Asselineau est intéressant par ses conférences, mais il reste un technocrate qui, ayant tant arpenté les bureaux, en a pris le formatage : caractère lisse, effacé, sans aspérité, tout en rondeur, voire efféminé. Il suffit de voir quand il s’énerve : sa voix monte immédiatement dans les aigus, ça donne plus envie de rire qu’autre chose.
Ce genre de caractère n’a évidemment rien à voir avec celui de l’homme de terrain, de l’ouvrier, du Soldat, qui est franc, anguleux, moins calculateur que celui du bureaucrate.
La sortie de l’UE nécessite des gens de caractère, capables d’aller au clash sans trembler. Je ne vois pas ce caractère chez Asselineau.
Les bureaucrates font à mon avis de mauvais hommes d’états.
Comme quoi, avoir coupé la SNCF en deux, en une partie qui gère les trains (SNCF) et une autre partie qui gère le réseaux (RFF), cela a fini par poser quelques problèmes...
La SNCF qui commande les rames ne sait même plus la largeur des quais où ses rames accostent, puisque c’est une entité extérieure à elle-même, RFF, qui détient désormais cette information...
Paradoxe : les râleurs contre la bureaucratie de la SNCF et qui pour la réduire l’ont coupé en deux, ont multiplié les bureaucraties : d’une seule, il y en a maintenant deux (SNCF et RFF). Pire, l’on s’apperçoit qu’il en faut encore en ajouter deux autres : une à la SNCF pour gérer le contact avec RFF et une à RFF pour gérer le contact avec la SNCF...
Les méfaits de la libéralisation du transport ferroviaire commencent à apparaître.
Si le FN passe constamment à la TV, c’est qu’il est dans le paysage politique depuis 1974, c’est-à-dire 40 ans, et c’est qu’il a fait montre de certaines capacités à prévoir l’avenir comme nul autre parti ne l’a prévu alors que Asselineau arpentait encore les cabinets ministériels. Asselineau se réveille bien tard et encore, pas totalement : mieux vaudrait donc qu’il soit modeste.
Article 50 : Cet argument d’Asselineau est d’un parfaite mauvaise foi (ou incompétence) : Nul traité international n’est pas récusable par ses signataires. L’article 50 est un point de détail technique et accessoire.
Une autre Europe : il faut distinguer entre Europe (le continent) et UE (la structure technocratique). Qu’il y ait de la coopération et de la concertation au Niveau du continent Européen, oui, mais qu’il y ait une administration jacobine pour tout le continent, non.
Enfin, dans la profession de foi : il faudrait avoir de gros problème de compréhension en lecture pour ne pas y voir une sortie de l’UE.
[La France] Soit elle redevient un grand pays libre, indépendant, sûr, prospère, fier de son
histoire et prêt à se battre pour son avenir et celui de ses enfants ;
Soit elle disparaît dans un magma européiste, multiculturel, sans influence ni
pouvoir, minée par la précarité et disloquée par une mondialisation sauvage
dont l’Union Européenne n’est que la première étape.
Asselineau, c’est Pepsi qui veut gagner en part de marché sur un FN Coca.