À moins d’avoir une très longue feuille d’émargement. Mais s’il manque 1 signature, on fait quoi ?
Chouard a certainement plus ou moins conscience du truc, puisqu’il estime que ses délégués tirés au sort doivent pouvoir obliger à certaines décisions.
Montesquieu d’ailleurs évoque ce fait : la forme nécessaire de l’exécutif est la monarchie, puisque s’il y avait un exécutif oligarchique, tout désaccord entre eux serait la guerre civile.
La cinquième République résout le truc par un pouvoir monarchique présidentiel, précédé d’une "guerre civile" dans les urnes (et parfois un peu plus que dans les urnes...).
La cinquième République est une monarchie élective, dont le monarque est choisi par élection suite à une compétition entre oligarchies politiques.
J’ai rapporté une citation d’une femme qui a vécue l’époque, ce qui n’est le cas ni pour vous, ni pour moi.
Comme je vous ai dit, la galanterie ne date pas de la révolution, et elle a même plutôt reflué depuis. Quand on s’intéresse aux arts médiévaux, on connaît l’amour courtois.
Quel contenu donner à ce règne des femmes pour illustrer la citation d’Elisabeth Vigée Le Brun ?
Certes les femmes n’étaient pas régulièrement exposées à des postes sociaux importants, même s’il y en a eu : Aliénor d’Aquitaine, Jeanne d’Arc, catherine de Médicis (régence pour Charles IX), Marguerite de Médicis (régence pour Louis XIII) et à moindre degré, des lois permettaient à toute épouse d’un maître d’un métier d’hériter de cette fonction à la mort de son mari.
Mais je ne pense pas qu’Elisabeth Vigee-Lebrun n’appelle ceci le règne des femmes. Les femmes de l’Ancien-régime étaient très écoutées, et leur influence se faisait par des conciliations, des mises en relation, l’organisation de rencontres.
Faut dire qu’à l’époque la société ne se réduisait pas à l’économie et au monde du travail. Les femmes avaient un monopole sur la mise en relation et la régulation des conflits, ce qui est politiquement une influence considérable.
Une réelle démocratie est impossible : il n’y a qu’un stylo pour signer les lois et autres traités, donc il faut une main et une seule pour le tenir.
Même en Suisse, pays par excellence de la démocratie directe, les référendums d’initiatives populaires ne peuvent faire autre chose que "forcer la main" du conseil national.
La démocratie implique donc d’avoir un souverain disposé à laisser sa main être guidée par le peuple. Or ceci me semble d’autant plus difficile quand le souverain en question est partisan. Quand il se prétend de plus être le reflet exact du peuple, c’est pire : pourquoi écouterait-il le peuple ? Il l’est...
Il s’ensuit qu’un Roi disposé à écouter le peuple et à laisser sa main être guidé par le peuple permettrait d’aboutir à une bien meilleure démocratie que ce que ne peut prétendre une République comme la nôtre, qui s’assoit sur la démocratie à la première occasion.
D’ailleurs, il existait, sous l’ancien-régime, une zone en démocratie directe dans les Alpes, la République des Escartons, qui fut abolie sous la Révolution, pour raison de centralisme Jacobin.
Dans une monarchie, l’administration publique est un corps au service du Roi. Toute corruption dans l’administration est donc un crime envers le Roi : le Roi a tout intérêt à l’endiguer.
En République démocratique, l’administration publique est un corps au service du président, qui est sensé représenter, en CDD, tous les français, bien qu’il ne soit élu que par le moitié d’entre eux. En général, on raccourcit la chose en disant que l’administration est au service du peuple, vu en tant que souverain "collectif" qui délègue sa compétence à un tiers (il n’y a qu’un stylo pour signer, donc une seule main suffit).
Mais si le parti du président corrompt l’administration publique pour servir à ses intérêts électoraux ultérieurs, ce n’est pas dans l’intérêt du souverain de principe (le peuple), mais c’est dans l’intérêt du souverain en pratique (le président).
La République est donc dans l’incapacité de lutter contre la corruption, au contraire, la manière qu’elle a d’organiser l’administration publique est bien souvent ni plus ni moins que de la corruption mise en pratique. C’est la raison pour laquelle les républiques coûtent si cher.
Quand le chat est parti les souris dansent comme on dit.