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  • Premier article le 16/05/2015
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  • 3 votes
    ffi 12 mai 2014 16:42

    "On oublie très souvent de parler des rapports de forces engrangés par des réseaux de travailleurs et d’intellectuels, que sont les syndicats."
     
    Je trouve au contraire qu’on en entend incessamment parler depuis longtemps, en particulier dans ta bouche... Mais si on y réfléchit bien, il évident que ceux qui considèrent les relations sociales comme des "rapports de force" ne seront jamais disposés à donner des droits aux autres...
     
    Il n’y a pas d’ailleurs tant de différence avec les libéraux, qui s’imaginent qu’il faut placer les gens en "rapport de concurrence".
     
    On a donc les libéraux, qui placent des individus dans des rapports de concurrence, et les socialiste qui placent des classes dans des rapports de force.
     
    Mais mettez-donc les plus faibles dans un rapport de force face aux plus forts tout en légitimant aux plus forts que la concurrence entre individus est l’idéal...
     
    N’est-ce pas l’assurance que les plus faibles soient écrasés par les plus fort au final ?
     
    Marx, fils de bonne famille, marié à une femme de la haute noblesse Germanique et opérant depuis Londres, a-t-il vraiment rendu service au peuple ? Qui l’a mandaté ?
     
    La bonne interprétation est que les libéraux sont de gauche, une gauche qui est sortie de la Révolution, avec diverses nuances, la droite étant à l’époque légitimiste et catholique : Les royalistes étaient d’ailleurs majoritaires après la guerre de 1870. Ces libéraux étaient des bourgeois, des gens de l’élite. Les bourgs étaient des lieux d’administration, organisées en communes, où les élections municipales récurrentes avaient finit par engendrer une oligarchie de juristes, de professeurs, de notaires, d’avocats, de parlementaire provinciaux ...etc, donc des gens généralement très en cheville avec l’administration (décentralisée) de l’état.
     
    C’est d’ailleurs exactement la faune que l’on retrouve à la révolution dans les rangs du tiers-états à l’assemblée constituante : pas des gens du peuple, mais des gens issus des oligarchies communales, des avocats, des parlementaires provinciaux, des juristes, des receveurs, des procureurs, des fonctionnaires royaux. Et c’est toujours la faune dominante de l’assemblée nationale.
     
    Pour conquérir le pouvoir, ces gens ont promis tout et n’importe quoi au peuple, la Lune, l’impossible, sur base de justifications théoriques très approximatives, peut-être contrôlés en sous-mains par certaines corruptions.
     
    Mais le désastre démographique, économique, social et économique qui a suivi la Révolution, qui a roulé dans la farine le petit peuple, a engendré énormément de mécontentement populaire et les libéraux ont perdu la main. Il y a eu une première restauration, puis beaucoup d’instabilité en Europe, au point que la France était très proche d’une restauration de la monarchie après la guerre de 1870.
     
    Il fallait donc allumer un contre-feu : c’est ici qu’apparaît les délires socialistes et Marxistes, dont l’objet est de vendre en substance le discours déjà vendu aux libéraux (il est juste que les individus soit dans un rapport de concurrence), mais adapté au petit peuple (il est juste que les classes soient dans un rapport de force), ce qui profite évidemment aux détenteurs des moyens de production (voire de paiement), étant donné qu’ils sont les plus fortement armés : ils sont sûr de gagner.
     
    En revanche, les idées sociales de la droite royaliste sont fondés sur le binôme christianisme / Aristotélicisme. La droite royaliste, en principe, conçoit les rapports sociaux habituels non comme des rapports de forces, mais comme des rapports de franchise et de justice.
     
    Ainsi, quand on se place dans un rapport de justice avec autrui, alors on se trouve en disposition morale de lui accorder des droits.
     
    Ceci n’arrivera jamais dans une opposition entre une gauche marxiste et une gauche libérale, car chacune de ces parties ne conçoivent les relations sociales que comme une guerre perpétuelle, une lutte à mort entre des entités soient socialisées, soit individualisée.
     
    La gauche libérale fait en sorte que les chefs s’individualisent et croient légitime la concurrence entre individus, afin qu’ils se dispensent de faire face à leur responsabilité sociale qui est de rendre leur dû à leur subalternes (la part du travail fourni)
     
    La gauche marxiste fait en sorte que les subalternes se socialisent et croient légitime une lutte de classes, afin qu’ils se dispensent de faire face à leur responsabilité sociale qui est de rendre leur dû à leurs supérieurs (l’obéissance aux directives).
     
    Ce binôme idéologique infernal libéralisme/socialisme fut servi de manière ciblée aux publics appropriés, pour engendrer une lutte à mort sociale et économique. Cela permet à certains vautours de dépecer les cadavres qui en résultent et ainsi d’en accumuler les dépouilles à moindre frais.
     
    Mais ceci ne fut qu’un ballon d’essai du XIXème siècle, depuis, cette forme idéologique manichéenne de la guerre de tous contre tous a investi quasiment tous les champs de l’idéologie : lutte des sexes / luttes des genres / lutte des partis / lutte des races,..etc
     
    Or la vraie droite, la droite royaliste, catholique, héritière de l’hellénisme, de la latinité et de la chrétienté n’a pas du tout ce genre de conceptions manichéennes, puisque ses principes s’abreuvent à des sources complètement distinctes : le juste n’est pas quelque chose que l’on choisit, il doit s’imposer à nous, quelles que soient les aspirations personnelles que l’on peut avoir. Une telle pensée dispose donc les élites à donner des droits aux gens du peuple dans la mesure où ceux-ci sont objectivement justes. N’oubliez pas que le Christ, le maître, s’abaisse et lave les pieds de ses disciples.
     
    Les idéologies politique modernes :
    - Libéralisme, lutte au travail, polémergisme,
    - Marxisme, lutte des classes, polémoclaturisme,
    - Lutte des pouvoirs, polémopotentisme,
    - Lutte des partis, polémopolitisme,
    - Lutte des sexes, polémosexisme,
    - Lutte des genres, polémogenrisme,
    ...etc
    [polemos : guerre en grec]
    sont des idéologies qui partagent cette même forme manichéenne et je les désigne donc du nom générique de polémosophie : croyance que c’est la lutte qui permet d’acquérir des biens durablement.
     
    Mais, évidemment, si la lutte a d’abord l’effet de s’accaparer d’un bien par la force, elle a dans un second temps l’effet fatal d’engendrer de la haine entre ses protagonistes.
     
    D’où l’effet pervers fatal : la finalité de ces polémosophies politiques est une société de haine, ce qui est objectivement l’enfer pour tous.

     

    Mais on peut dire que l’idéologie actuelle est plus efficace à son but :

    L’ancien régime voulait produire un ordre social pour cheminer vers un amour universel, ce qu’il n’a réussi qu’imparfaitement à produire.

    Le régime actuel veut produire un chaos social pour cheminer vers une haine universelle et y parvient parfaitement...

     

    Au bout, il y a le paradis, ou l’enfer, à nous de choisir.



  • vote
    ffi 11 mai 2014 00:23

    Mais le réel montre incessamment une certaine appétence des chefs politiques et militaires à recherche assistance dans une forme d’au-delà. Ce n’est donc pas de la théorie, mais du factuel.
     
    Qui peut discuter politique sans prendre en compte le religieux ?
    Ce ne serait pas sérieux.
     
    Ce qui définit une religion, c’est d’abord l’existence de rituels ou de routines. Un athée a une religion comme les autres puisque chaque homme a ses petites habitudes. Maintenant, étant donné cet aspect fatalement routinier de l’homme, comment faire pour qu’il garde la vivacité d’esprit nécessaire pour réagir toujours avec sagacité aux circonstances ?
     
    Ce qui caractérise un bon chef, c’est sa faculté de discipline. Il y a évidemment des religions qui font de très mauvais chefs, si leur spiritualité engendrent des personnalités qui se dissolvent dans le n’importe quoi. Ces religions périclitent d’ailleurs rapidement, mêmes si elles peuvent réapparaître périodiquement dans l’histoire.
     
    Par exemple, si la seule routine du chef est de s’enivrer des plaisirs de la chair (du genre DSK ou Hollande), il ne sera bon à rien, au moindre échec, il se réfugiera sous des jupons... Les sociétés hédonistes ne survivent pas très longtemps en général.

     

    Donc, en effet, Machiavel me semble beaucoup trop négliger cet aspect qu’est la formation des esprits dans une société, chose pourtant essentielle dans son bon fonctionnement. Ce n’est pas du tout un accessoire.

     

    Le chef d’état, s’il ne croit pas qu’une spiritualité soit favorable au Bien Commun, me semble tout-à-fait fondé pour l’entraver et même si c’est la spiritualité de la société toute entière : il ne sert à rien qu’il fasse semblant d’y croire. Si cette spiritualité est mauvaise, elle est donc défavorable au Bien Commun. Le chef d’état est le guide d’un peuple, il lui donne le LA : il doit donc affirmer ce qu’il croit vrai et non pas feindre de croire ce qu’il juge faux, car ce genre de feinte serait fatalement induire en son peuple des comportements faux, ce qui, selon son propre jugement, ne peut que nuire au Bien Commun.

     

    Un chef d’état ainsi empêtré dans ce genre de faux-semblants serait toujours en porte-à-faux avec lui-même, travaillé par la crainte de laisser son peuple s’enfoncer dans l’erreur. Puisqu’il ne fait pas ce que sa volonté bien réglée lui dirait de faire, c’est-à-dire promouvoir une spiritualité favorable au Bien Commun, c’est l’indice qu’il perd sa discipline, c’est-à-dire sa faculté de régler ses actes selon sa volonté : il devient un lâche.

     

    Le machiavélisme aboutit ainsi à la lâcheté.

     

    Quelle merveilleuse démonstration n’en avons nous pas aujourd’hui avec nos politiciens machiavéliques ? Ils n’en peuvent plus de s’aplatir...



  • vote
    ffi 10 mai 2014 16:28

    De fait, Machiavel ne semble voir la religion que d’une manière utilitariste, comme une manière de manipuler le peuple, en tant qu’institution. Il néglige l’idée qu’il puisse y avoir une religion vraie (une seule) parmi toutes les religions fausses.
     
    Cependant, je ne parlais pas de religion en tant qu’institution, mais de religion en tant que spiritualité, c’est-à-dire en tant que discipline de l’esprit qu’un chef politique entretient en lui-même.
     
    S’il existe une vraie religion, admettons-le, c’est-à-dire une discipline spirituelle qui permet, d’une part, de parvenir au perfectionnement maximal de ses vertus propres et, d’autre part, de maximiser l’occurrence des coïncidences heureuses, alors tout chef politique aurait intérêt à l’adopter.
     
    J’ai l’impression que Machiavel a quelque peu manqué ce plan-là.
    Un chef politique ou militaire est en définitive très seul avec ses responsabilités écrasantes, il ne peut pas se permettre d’être hésitant ou de finasser, il a besoin d’une fermeté d’esprit, sinon, il ne serait qu’un lâche [Dieu vomit les tièdes]. Or, toute spiritualité n’est pas égale sur ce plan-là. Donc un chef doit chercher la vérité en matière de spiritualité [et ce n’est certainement pas faire semblant...].
     
    Quand on voit Mitterrand ou Chirac s’en remettre à des voyantes (et je pense que Hollande n’est pas loin derrière), on se dit que la France est tombée bien bas et qu’elle n’en a pas fini de tomber...



  • 3 votes
    ffi 9 mai 2014 21:36

    Actuellement, nous avons de bien piètres politiques et pourtant, ils ne sont pas avars en matière de mensonges... Comme quoi, ce n’est pas la faculté de mentir qui fait le bon politique.
     
    Je préfère autant un mec franc du collier comme Poutine, qui fixe précisément les limites que nos poignées de flottes qui se disent tolérants par devant, mais qui complotent ta mort par derrière...
     
    Tu me dis que Machiavel étant un théoricien politique qui s’appuyait sur le réel ?
     
    Mais tous les empereurs Romains avaient recours aux augures pour deviner l’avenir et les Grecs recourraient régulièrement aux Oracles.
     
    Plus près de nous, Clovis avait prié le Dieu chrétien et lia sa victoire miraculeuse à cette prière, ce qui orienta l’histoire de l’Europe. Il en fut de même pour Constantin, premier empereur Romain Chrétien. Dois-je parler de Jeanne d’Arc ?
     
    Plus près de nous encore, Mitterrand ou Chirac avaient fréquemment recours à la voyance.
     
    Actuellement, par exemple, le président Américain jure sur la Bible, et le Chancelier d’Allemagne demande à Dieu d’épargner les épreuves à son peuple, Poutine va se ressourcer dans les monastères.
     
    Donc tout théoricien politique qui s’intéresse au réel sait bien que pour les chefs des Armées, placés face à la mort, ou pour les grands politiques dont la position de pouvoir est vertigineuse mais instable, le rapport avec le surnaturel est absolument inévitable en pratique, il est constant et incessant comme l’histoire l’a montré à toutes les époques.

     

    Si Machiavel a analysé le réel, il n’a pas pu manquer ces évidences.



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    ffi 9 mai 2014 14:23

    Le conférencier a quelques positions problématiques :
     
    Déjà, il affirme qu’au passage entre les temps médiévaux et la renaissance, les gens s’apperçoivent que les choses sont changeantes. J’ai un petit doute, étant donné les mutations considérables qui eurent lieux entre la fin de l’antiquité et les temps médiévaux. Il suffit même de penser à la guerre de cent ans ou même à l’âge des ténèbres où 20% de la population en Europe décède.
     
    Ensuite, il semble réduire la "fortuna" au hasard.
     
    Or, dans la pensée médiévale, la "fortuna", c’est la chance, le destin, et donc elle doit être reliée à la grâce divine. Dieu, par sa grâce qui vient par l’intermédiaire du Saint-Esprit, nous assiste intellectuellement pour nous aider à prendre la bonne décision, voire éventuelle réalise directement un miracle pour nous aider.
     
    La fortuna doit donc être conçu comme la grâce divine.
    C’est d’ailleurs très proche de la conception de la Vertu chez Platon.
     
    Cette grâce s’obtient lorsque l’homme n’est pas coupé de Dieu, quand il sait l’entendre, sinon, si l’homme est en disgrâce, il n’a plus l’esprit clair et tout s’embrouille en lui : il finira par faire lui-même les erreurs qui vont le perdre.
     
    Bien évidemment, un homme qui agirait contre la Volonté divine irait vers état de disgrâce à terme.
     
    C’est la raison pour laquelle il fut considérés 2 grands volets de la Vertu :
    - Les vertus théologales, liées au rapport à Dieu : espérance, foi et charité. Elles permettent de rester en grâce aux yeux de Dieu.
    - Les vertus cardinale, liées à l’intelligence de l’homme seul sans Dieu : prudence, tempérance, courage/force, justice.
     
    L’approche morale opérée par Machiavel fait l’impasse sur les Vertus théologales, et c’est donc un retour à la vertu de l’homme sans Dieu, qui croit, par ses petits calculs, pouvoir mener le monde à sa guise.
     
    Machiavel ne dit-il pas qu’il est plus important de faire semblant de croire en Dieu en public que d’y croire réellement en public ?
     
    Mais s’il avait été chrétien, comment n’aurait-il pas conçu qu’un roi apostat et incroyant subisse à coup-sûr une disgrâce divine laquelle ne peut que rejaillir sur son peuple et donc sur le Bien Commun ?
    Donc Machiavel était Athée, forcément.
     
    Bien évidemment, l’homme sans Dieu peut croire pouvoir agir en cachette et faire semblant aux yeux de tous, contrairement à l’homme de Dieu qui se sait toujours observé.
     
    Alors, allez savoir ce qui peut déboucher de ce genre de schizophrénie sociale qui se développe chez un homme : agir d’une manière en privé, et faire semblant en public. C’est l’hypocrisie des pharisiens et donc l’assurance de la disgrâce tôt ou tard.

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