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Je suis allé 1 fois à une réunion, il y a de cela 5 ou 6 ans.
Entre-temps, mon analyse politique m’a mené vers d’autres cieux et je me suis détaché de la vision républicaine et prométhéenne de
Solidarité et Progrès.
Mais il y avait des aspects intéressants, en particulier la notion de crédit publique.
Pour ma part, je n’y ai pas remarqué un fonctionnement sectaire, c’était au contraire assez chaleureux.
J’y n’ai remarqué que des choses que l’on trouve dans tous les partis politiques :
- distinction parmi les ennemis et les amis.
- acceptation de l’obéissance au parti,
- sentiment participer à une bonne oeuvre.
- tendance à parler par slogans
...etc
Quand le parti socialiste fait courir ses militants en agitant le spectre d’un danger fasciste, ou en leur faisant croire qu’ils participent à une bonne oeuvre, ce n’est pas différent. Quant aux groupuscules anarchistes, c’est mille fois pire !
Voyez, ce que j’ai de plus dans mon argumentaire par rapport au vôtre, c’est que je suis allé voir sur place... Et le fait que ma réflexion ait divergé à un moment donné (je trouvais qu’ils s’encombraient trop de détours inutiles dans la réflexion et il y a un aspect prométhéen qui me déplaît) ne m’a nullement empêché d’aller voir ailleurs sans aucune rétorsion de leur part, ce qui ne serait bien évidemment pas le cas avec une véritable secte.
De toute façon, il n’y a pas vraiment de définition juridique de la notion de secte, donc c’est très facile de brocarder n’importe quel groupe humain soudé par des convictions communes comme une secte.
Mais l’idée de crédit publique, je le répète, est intéressante et il me semble que Cheminade a raison sur ce point.
Normal : Le Bien attire et le Mal repousse.
Pour "convaincre", il faut toujours dénoncer un Mal à fuir (diaboliser quelque chose) et proposer un Bien à atteindre (diviniser quelque chose).
Qui pourrait plaider que son But politique est d’engendrer le Mal ?
Personne ! Tout le monde déclare rechercher le Bien.
Cela dit, le Bien de l’un peut être un Mal pour autrui.
Donc la définition du Bien commun n’est pas vraiment une chose partagée (surtout dans les sociétés divisées...), et c’est justement le plus gros des problèmes politiques.
La distinction en terme de Bien et de Mal est consubstantielle à l’homme.
Elle ne peut être niée, il faut faire avec.
L’homme veut avoir du Bien mais ne veut pas avoir du Mal.
L’homme cherche le bonheur, il fuit le malheur.
L’homme aime, l’homme hait.
On peut retrouver ces caractéristiques, à divers degrés, dans tous les partis politiques.
Il ne faudrait pas réduire le "Bien Commun" au service public et encore moins aux services administratifs de l’État.
Le fait est que la notion d’État a beaucoup évolué au cours des temps.
À la base, un état désigne une situation.
Au plan politique, cette situation consiste en un rôle dans la société.
L’organisation féodale a distingué 3 rôles principaux :
- le rôle de produire des Biens marchands/économique (laboratores).
- le rôle de produire des Biens intellectuels (oratores).
- le rôle de produire des Biens sociaux/politiques (bellatores).
[Note : je désigne par Biens sociaux/politiques l’ensemble des décisions politiques qui règlent le vivre ensemble : décisions de justice quant aux droits et devoirs de chacun, arbitrage des conflits sociaux, opérations de maintien de l’ordre, relations diplomatiques avec l’étranger,...etc]
De fait, tout pays a trois type de productions :
L’assemblage des choses construit des Biens matériels (ordre économique, matériel)
L’assemblage des idées construit des Biens intellectuels (ordre intellectuel, idéel)
L’assemblage des gens construit des Biens sociaux (ordre politique, organisation sociale)
Tous les habitants du pays avaient donc un de ces 3 rôles sociaux, et étaient donc dans une de ces 3 situations politiques vis-à-vis de l’ensemble : soit laboratores, soit oratores, soit bellatores. On parlait alors de 3 états.
Puis Philippe le Bel entra en conflit avec le pape Boniface VIII. À l’image de ce qui eut lieu dans le Saint-Empire Germanique (http://fr.wikipedia.org/wiki/Querelle_des_Investitures), ou à la naissance de l’anglicanisme, Philippe Le Bel prétendait pouvoir nommer des évêques sans en référer au pape. Le Pape publia une Bulle pour faire valoir son autorité sur le clergé.
Pour assoir son autorité, Philippe le Bel organisa donc une réunion générale de son royaume. Le territoire était alors sous 3 sortes d’administration : des seigneuries laïques (gérées par un noble, en général rurales), des seigneuries ecclésiastiques (paroisses gérées par un ecclésiastique, souvent le domaine d’une abbaye), des villes franches (zones urbaines, gérée par une municipalité, la commune, dont le bourgmestre, le maire, était élus par les bourgeois).
Philippe Le Bell réunit alors ce qu’on appela les états généraux, qui consistait en l’assemblée des représentants des habitants de tout son domaine, chaque représentant étant répartit selon les divers ordres qui correspondaient au type d’administration du territoire :
- nobles pour représenter les habitants des seigneuries laïques
- clergé pour représenter les habitants des seigneuries ecclésiastiques.
- bourgeois (ou tiers-état) pour représenter les municipalités.
La réunion des états-généraux permit à Philippe-le-Bel de ne pas avoir à tenir compte de la Bulle papale.
l’État est alors conçu comme la réunion de tous les territoires du domaine royal, et sa représentation, les états généraux, est constituée comme la réunion des délégués de ceux qui les administrent.
Avec Jean Bodin (soit dit en passant un enragé de la "chasse aux sorcières"), protestant, l’État se voit peu à peu redéfini. La place du clergé catholique, qui administre encore bon nombre de territoires et qui a donc son mot à dire si l’on considère l’État comme l’agrégat de tous les territoires, doit être remise en cause.
Il faut donc pour Jean Bodin redéfinir l’État : Au lieu de le considérer comme la réunion de tout les territoires, il plaide pour le considérer comme la réunion de tous ses hommes : "il n’y a de richesse que d’hommes". La réunion des états généraux se fera de plus en plus rare.
L’État, ainsi déterritorialisé, se réduit alors au corps des officiers du Roi. C’est l’absolutisme. Louis XIV affirme en effet "l’État, c’est moi", signifiant par là qu’il est le chef (c’est-à-dire la tête) du corps des officiers de l’État. C’est la centralisation monarchique. Elle avait réduit peu-à-peu les responsabilités politiques territoriales de la noblesse et du clergé, en y surajoutant une couche de responsabilité exercée au nom du roi (sénéchal et baillis puis généralités), produisant un mille-feuille administratif où les responsabilités quant à la production de Biens sociaux/politiques étaient réparties entre de nombreux acteurs, ceux, historiques, des territoires locaux (nobles, ecclésiastique ou bourgeois) qui eux-même s’étaient mis à s’imbriquer parfois, plus ceux liés à la centralisation monarchique (généralités).
Puis vint la révolution. L’ultime réunion des états généraux comportait un tiers-états (les représentant des bourgeois organisés en municipalité) en nombre nettement supérieur à ceux des autres ordres, découlant du fait que le nombre de représentant par bailliage fut décidé proportionnel au nombre d’habitant de ce bailliage, augmentant de fait la représentation des zones urbaines.
On peut dire que c’est la commune de Paris, la ville la plus peuplée (640 000 habitants à l’époque), qui a ainsi pris le contrôle de l’administration Royale. Les bourgeois de Paris ayant des prérogatives en matière de défense de Paris, sa milice, une garde bourgeoise. [Notez que wikipédia ici se trompe, les gardes bourgeoises existaient déjà des siècles avant la révolution. Leur fonction était de participer aux défenses des villes - rien à voir donc avec une histoire de complots aristocratiques, et elles étaient gérées par les communes].
Bref, la garde Nationale (dont le commandement fut confié à La Fayette) fut une excroissance de la garde Bourgeoise de Paris. Elle protégea la Révolution naissante et mit en échec toute tentative du Roi pour reprendre le pouvoir sur son administration. Globalement, je suppose que dans les villes de province, les diverses milices bourgeoises se coalisèrent peu à peu à la garde Nationale. La garde Nationale peut donc être vue comme la coalition de toutes les gardes bourgeoises, autour de la milice de Paris. De fait, la Révolution, via le jacobinisme, réorganisera l’État comme la réunion de toutes les communes autour de celle de Paris, en créant des communes là ou elles n’existent pas pour l’occasion.
Mais il faut bien s’entendre ici. Bourgeois ne doit pas être entendu comme l’entend Marx, au sens de détenteur de capitaux. C’est l’habitant d’une ville libre, laquelle a donc donné naissance à un corps municipal et dont la représentation a acquis certaines attributions en matière juridique et économique, en matière de défense et de police.
Nous avons donc l’évolution de la notion d’état dans le domaine politique :
1° : la condition politique d’un individu (en particulier, selon la conception féodale)
2° : la réunion de tout les territoires (Philippe le Bel, états généraux).
3° : l’administration qui gère le territoire, le corps des officiers du Roi (Louis XIV).
4° : l’administration qui gère le territoire, le corps des officiers de la Nation (Révolution).
On voit qu’en France, l’État a finit par se réduire à l’administration politique des territoires.
Du point de vue de la théorie féodale, il s’est donc réduit peu-à-peu aux "bellatores", mais dans une conception renouvelée de ceux-ci (les bourgeois ayant pris ce rôle de bellatores via les milices bourgeoises au moment du coup d’état révolutionnaire), excluant de fait les autres états "laboratores" et "oratores" de toute influence dans l’État.
Le domaine public est ce qui appartient aux administrations sous contrôle de l’État.
Je ne crois pas que l’on puisse réduire le Bien Commun au domaine public.
Il y a maints exemple qu’un homme seul fait souvent beaucoup mieux qu’une multitude d’homme assemblée en troupeau. L’homme en meute est trop sujet au souci des apparences, sa capacité de réflexion en est amoindri, car une bonne quantité de celle-ci est monopolisé par la garde qu’il doit tenir à cause de la présence d’autrui.
Vous êtes adulte... parce que vous avez acquis des habiletés pendant votre enfance qui s’appuient nécessairement sur certaines "définitions" du Bien, données par les parents ou l’école ou autres (modes, pub,...etc).
Maintenant, en tant qu’adulte doté de la possibilité de définir par vous-même le Bien, cela n’empêche pas que lorsque vous définissez ce qui est Bien pour agir à votre guise, tous ceux qui vous observent possèdent eux-même leurs propres possibilité de définir le Bien, en conséquence de quoi, ils jugent de vos actes.
On voit bien que ceux qui ont des définitions divergentes du Bien seront naturellement enclins à une hostilité réciproque, à l’inimitié.
C’est la raison pour laquelle, pour faire une société apaisée et harmonieuse, mieux vaux que les gens y partagent en général les mêmes définition de ce qui est Bien.
C’est une contrainte de la vie collective.
Prenez l’exemple d’un match de foot. Si l’arbitrage était du fait des joueurs eux-mêmes, je ne vous explique pas le résultat.
Personnellement, je suis adulte. Et pourtant je considère que l’obéissance est très souvent un Bien, en conséquence de quoi, il ne me gêne pas d’obéir. Savoir obéir, c’est aussi une question de maturité, une maturité qui voit plus loin que son petit nombril.
En particulier, j’ai compris que je ne dispose pas toujours les éléments pour décider comment agir. Face à quelqu’un qui maîtrise beaucoup mieux un domaine que moi, si je sais qu’il veut mon bien, je lui obéis sans discuter, je me repose entièrement sur son conseil. Avant d’être maître en un domaine, il faut avoir été disciple. J’ai abandonné l’idée d’être le maître absolu : Il y aura toujours plus haut que moi.
Bref, on obéit à ce à quoi l’on se fie.
Vos propos précédents montrent que vous vous fiez à certaines conceptions et que vous êtes donc obéissant de ce point de vue. Vous ne définissez donc pas tout Bien par vous-même. On croit celui auquel on se fie. Cela n’a rien à voir avec une attitude infantile ou adulte, c’est simplement humain.
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