Il persiste cependant un point de rupture essentiel entre l’universel
grec et l’universel chrétien : l’universel grec est naturaliste,
l’universel chrétien est égalitariste. Donc ce dernier est le marchepied
de nos droits de l’homme.
Je suis sceptique sur cette affirmation. Déjà, je trouve douteux que l’on puisse définir un unique universalisme grec (je suppose donc que vous voulez désigner par là celui d’Aristote). De même, on trouve un peu tout dans le christianisme, mais étant donné que Dieu est l’auteur de la Nature, il l’a fait pour une bonne raison et donc il faut respecter les lois naturelles, qui sont d’origines divines.
De toute façon, je ne critiquais pas l’universalisme d’Aristote, que je trouve très pertinent pour tout ce qui de la recherche des points communs. C’est la base même de toute réflexion logique sur la nature des choses.
Je disais que la politique, si elle reconnaît honnêtement la nature des choses, doit considérer que tout homme a une âme, et qu’il se crée donc des buts, et que ce sont justement ces buts qui ne sont pas égaux en droit du point de vue politique (soit permis, soit interdit). La politique, qui consiste à construire la paix, doit promouvoir le Bien Commun comme But Commun, afin que chacun se tourne vers celui-ci. C’est l’autre forme de l’universel, celui du But Commun à tous : être "unis vers" (un but).
Donc il y a l’universel logique, la "Nature Commune" d’une diversité de choses, unies vers une cause commune dans l’intellect du penseur, qui est idéel et abstrait, et l’universel politique, le "But Commun" d’une diversité d’hommes, unis vers un but commun par les contingences de l’existence, qui est factuel et concret.
Je crains que les droits de l’homme soient très confus au regard de cette distinction : ils affirment fermement que tous les hommes ont la même essence, affirmation qui n’est pas nouvelle dans l’histoire, car déjà prônée par le christianisme. Mais derrière ils imposent aux États, au nom de cette universalité d’essence, de ne plus réguler les buts particuliers.
Une instance politique est légitime à réguler les buts particuliers et à promouvoir des buts communs. Un instance politique est légitime à avoir des préférences et à ne pas tolérer des différences, quand il s’agit d’instaurer la paix.
Désolé, mais quand tu changes la couche d’un bébé, ce n’est pas du conditionnement. C’est même des fois plus le fait d’être responsable d’un enfant qui te conditionne.
Cela dit, ce n’est pas nécessairement un asservissement au sens propre, ne serait-ce parce que généralement les gens aiment leur manière de vivre traditionnelle, qu’ils y consentent et qu’ils la transmettent aux générations suivantes.
Les sociétés ont leurs coutumes propres, il convient de les respecter.
Si une secte menace de déstabiliser une société, ce qui peut dégénérer en guerre civile à terme, alors il me semble tout-à-fait légitime pour l’État de la réprimer. C’est d’abord l’harmonie sociale qui doit primer à mon avis, et cette harmonie suppose la paix. Ce sont des décisions politiques qui doivent être possibles aux gouvernants.
Une idée, c’est comme une sorte de virus qui saute de tête en tête. Une idée folle doit donc pouvoir être combattue pour éviter la contagion de cette folie.