Le problème, c’est que, personnellement, j’ai besoin d’argent maintenant. Alors le temps que tout le monde se mettent d’accord sur le revenu universel, plus le temps qu’il soit mis en place, plus il faut voir comment (je pressens l’usine à gaz), j’ai le temps de mourir plusieurs fois de faim avant que ce temps ne soit venu...
Déjà que la République n’arrive même pas à respecter sa propre constitution et faire en sorte que chacun ait du travail... C’est donc bien beau à discuter, mais en fait, ça n’avance à rien.
Notez que j’ai dit un rôle, mais ce rôle n’est pas le seul pour nous : notre vie ne se réduit pas au travail. Nous avons aussi un rôle dans la famille (père, fils, frère, cousin,...etc), un rôle dans le voisinage (copain, ami, connaissance, ...etc).
Le rôle au travail consiste à participer à l’effort de production des Biens qui nous permettent de survivre collectivement dans la cité, tout en obtenant les revenus nécessaires à notre subsistance propre. C’est important aussi il me semble. La constitution dit d’ailleurs que tout le monde à le droit à un travail. Mais la République semble s’en moquer totalement.
Maintenant, je t’accorde que le travail est devenu particulièrement ingrat. Au lieu d’un temps communautaire et convivial, c’est devenu un lieu de guerre (la faute à la concurrence). Bien loin sont les années 1970 où l’on pouvait sortir la bouteille de vin et le saucisson pour passer un bon moment avec les collègues...
La faute à la Grande industrie, à la grande série, où l’ouvrier, qui faisaient une oeuvre, a été déclassé en opérateur, qui fait donc une opération chronométrée... L’opérateur est depuis longtemps déjà considéré comme un Robot et sa substitution graduelle de l’un par l’autre en est une conséquence logique.
En fait, la chose à laquelle tu omets de penser, est que l’homme est un être empirique : il prend ses petites habitudes. L’inactivité et l’oisiveté peuvent très bien devenir une habitude pour quelqu’un. Pour preuve, les entreprises sont très réticentes à embaucher les chômeurs de longue durée. Forcément que quelqu’un qui a l’habitude d’un travail est plus habile que celui qui ne l’a pas. Le médecin sans expérience soignera moins bien que celui qui en a.
Donc, si nous voulons collectivement survivre dans de bonnes conditions, il est sain que nous ayons de l’entrain au travail.
Si les paysans ne travaillaient pas comme des fous pour nous produire de la nourriture, nous mourrions rapidement de faim.
Donc je ne crois pas que l’humanité puisse survivre sans travail. Cela ne me sembla pas possible. À mon avis, le problème est plutôt d’améliorer la manière dont ce travail s’organise. C’est sûr qu’organiser ce travail comme une lutte de tous contre tous, où chacun est chosifié comme un robot, ce n’est pas acceptable.
Todd en effet s’est bien trompé sur ce coup. C’est qu’il n’avait pas bien saisi le rôle (et la composition) du parti socialiste.
Le secrétariat de l’internationale socialiste est basée à Londres. La gauche socialiste sera toujours, au bout du compte, favorable à l’Empire Anglo-Saxon. Elle est une extension du socialisme Fabien.
Comme quoi, Emmanuel Todd manque encore un peu de culture politique...
Et oui, la connaissance de lois générales ne suffit pas à comprendre l’histoire. Il faut encore considérer les contingences.
Les relations entre personnes, les réunions en petits cénacles,... etc, qu’est-ce que si ce n’est de la contingence ? Pour monsieur Todd : quelques rappels à écouter.
Mr Todd est notre Chomsky à nous : grande connaissance des lois générales de l’humanité, mais méconnaissance complète des ramifications des réseaux de pouvoir... (les contingences)
C’est pour cela qu’il s’est planté en beauté sur le "Hollandisme révolutionnaire". Hollande, ancien de la French American Fondation, Enarque, probablement Franc-maçon, apparatchik de l’internationale socialiste section France, ne peut pas être "révolutionnaire" (au sens de Todd), c’est pas possible.
Cela dit, je ne suis pas sûr qu’il y croyait vraiment, c’était plutôt sa vertu d’espérance qui ressortait.
Démosophy : Oui, j’écoutais encore la vidéo au moment d’écrire mon premier commentaire. Après écoute, je dirais que je crains que vous ne surestimiez les possibilités de la robotisation en matière de remplacement du travail. Je ne vois rien qui permet de prévoir une destinée de l’humanité où les machines font tout le travail à sa place.
Moi si je veux un meuble juste comme il faut, juste où il faut chez moi, je ne vois pas comment un robot peut le faire tout seul...
Je pense que le gros problème dans la direction qui fut prise fut de tout baser sur l’industrialisation en grande série (ex : prêt-à-porter). Cela engendre une quantité colossale de gaspillages. C’est aux artisans d’ajuster la production aux besoins. C’est leur rôle. La grande industrie n’est là que pour faire des grandes productions généralistes, et ce sont justement ces productions-ci qui sont automatisables.
Maintenant, je ne serais pas tout-à-fait opposé, à titre personnel, à un genre de revenu universel. Cependant, il convient d’abord de bien distinguer les deux grands types de production : - Les productions généralistes qui permettent la grande industrie car automatisables. - Les productions à la pièce, qui relèvent de l’artisanat car devant être ajustées aux besoins.
Les grandes industries ne devraient produire que des produits semis-finis, à charge pour les artisans de faire les produits finis, ajustés au besoin réel. Les artisans auraient également en charge le recyclage des produits usagés.
La grande industrie devrait donc avoir un statut différent de celui des artisans, disons de type semi-public. Les artisans, eux, auraient un statut d’entreprise personnelle, avec un nombre de salariés limités. A vrai dire, ils seraient regroupés en fédérations et ces fédérations d’Artisans devraient avoir leur mot à dire dans la grande industrie qui produit les matériaux de base nécessaires à leur Art.
Ainsi, il y aurait les salariés de la grande-industrie, avec un statut protégé, mais dont une part des produits du travail serait versée comme une sorte de "revenu universel" réservé aux artisans, car ceux-ci n’ont que leurs oeuvres réalisées à la pièces pour survivre. De plus, la grande industrie, par sa puissance productive, pourrait avancer les divers matériaux aux artisans, sans que celui n’ait d’argent à débourser, à charge pour l’artisan de payer après avoir réalisé son oeuvre.