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  • Premier article le 16/05/2015
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  • vote
    ffi 9 décembre 2012 07:45

    Nous ne sommes finalement que des ordinateurs à bonheur, encore faut-il avoir le bon programme pour y parvenir
     
    C’est bien cela : ces postulats initiaux mènent à penser un homme-automate, dans l’espoir de prévoir précisément ; Or, c’est faux, l’homme n’est pas un automate.
    Il n’y a pas de pensée fonctionnelle au bout de cette voie.
    Au pouvoir politique, ce serait manipulation à gogo (reprogrammation) et inhumanité...
     
    Lordon se la pète trop, il semble céder au vertige du gourou persuadé d’avoir la science infuse... C’est du délire. Je le plains de s’être embarqué dans cette voie.



  • vote
    ffi 9 décembre 2012 04:38

    Désir inassouvi chez Spinoza
    ou
    Volonté contrariée chez Saint-Thomas
     
    Je ne dirais pas que Spinoza va plus loin que Saint-Thomas, au contraire, il réduit la portée de sa définition.
     
    En effet, la volonté ne découle pas nécessairement que du désir, mais aussi du devoir (sinon c’est du caprice enfantin) : elle se calcule entre devoirs et désirs.
     
    Prend un amant jaloux qui désire se débarrasser du mari de sa maîtresse.
    S’il assouvit son désir, il le tuera. Cependant, bien qu’il aura assouvi son désir, sa joie ne sera pas parfaite, mais mêlée de tristesse, puisqu’il aura conscience d’avoir agit fors son devoir d’être humain qui est de ne pas tuer.
     
    Prend un matin, où tu ne désires pas aller travailler, mais rester bien au chaud dans ton lit.
    Or ton devoir implique d’y aller, puisque tu as signé le contrat.
    Tu te lèves, tu y vas. A la fin de la journée, tu es content, ceci bien que tu n’aies pas assouvi ton désir matinal, car tu as fait ton devoir : tu te rends compte que ce petit coup de flemme n’était que passager.
     
    Le désir est quelque chose de très évanescent, instable et passager, voire on peut être travaillé par plusieurs désirs contradictoires. Il est donc difficile de s’appuyer sur cette notion.
     
    La volonté, en revanche, on ne peut en avoir qu’une seule à la fois. C’est la vrai cause de nos actes. Parfois elle correspond au désir. Parfois elle correspond au devoir.
     
    Or, réaliser son devoir est source de contentement y compris lorsque c’est contre la réalisation de son désir immédiat. Donc la définition de Spinoza manque une partie de la vérité.
     
    En fait, tout ceci dépend des dispositions d’esprit, des personnalités. Les esprits capricieux et instinctifs, bref pas trop civilisés et un peu barbares, agiront sous l’impérieuse nécessité de leur désir immédiat. D’autres sauront s’en détacher.
     
    D’accord pour "sain", c’est juste mon coté laïc obsessionnel qui ressort désolé
     
    Si tu t’appuies sur Spinoza, tu ne peux pas te dire laïc, puisque celui-ci prend le parti d’un Dieu-monde.
     
    De mon point de vue, cette conception pose problème. En effet, pour expliquer la vie dans le monde et son émergence, il te faut alors penser les êtres vivants et les choses inertes sur le même plan.
     
    Or, comme je l’ai indiqué plus haut, si les choses inertes subissent intégralement des causes externes, si l’être animal agit en plus selon la cause interne de ses besoins, un être vivant rationnel comme l’homme a en plus la faculté d’agir par cette cause interne à lui-même qui est sa volonté, une volonté qui découle de sa raison.
     
    Donc, invariablement, le panthéisme oblige à considérer soit le vivant comme l’inerte (donc les hommes comme des pions, en niant leur volonté), soit l’inerte comme le vivant (donc inventer une volonté à l’univers, à la Terre)...
    D’où justement cette difficulté à distinguer entre sciences physiques et sciences humaines. Une science humaine ne peut que se fonder sur ce qui est propre à l’homme.
     
    Par conséquent, la position la plus équilibrée, d’un point de vue métaphysique, est pour moi celle du Dieu-personne. Cela permet de garantir la perception des différences de fonctionnement entre les choses inertes, les êtres animaux et l’homme.
     
    Ce serait plutôt l’équation de l’âme humaine
    C’est des truc que j’essayais quand j’avais 20 ans... Avant de comprendre que justement, la cause des actes d’un homme étant sa volonté, qui est décidée rationnellement en interne, elle est donc inaccessible à la connaissance d’un observateur (l’homme est une sorte de "boite noire").
     
    L’algorithmique s’inscrit nécessairement dans un langage régulier (du point de vue de la théorie mathématique du Langage), c’est la notion d’automate.
     
    Or, le calcul de la volonté chez l’homme dépend expressément non seulement de l’état de ses affects, mais encore de ses connaissances ou de ses croyances personnelles, le tout modulé par ses dispositions d’esprit, autant de choses auxquelles l’observateur ne peut avoir accès et qui ne sont pas du tout quantifiables.
     
    Donc mieux vaut en rester à une réflexion qualitative que l’on appliquera au cas par cas.
    C’est plus efficace.
     
    Spinoza veut mettre l’homme en équation, cela correspond à une certaine tendance de son époque, marquée par l’invention du calcul différentiel (voir caractéristique de Leibniz). Mais pour ce faire, la condition de réussite implique de produire un langage régulier.
    Par conséquent, il lui faut réduire l’homme à un automate, ce qui n’est pas vrai, car l’homme n’est pas un automate : le désir de Spinoza de mettre l’homme en équation lui fait adopter une fausse conception de l’homme (d’où son faux postulat volonté = assouvir son désir), ce qui aboutit donc à une théorie fausse.
     
    A cette époque, cette tentation était compréhensible : la théorie du langage était encore balbutiante. Mais à la nôtre... Je crains que Lordon ne se décrédibilise totalement dans cette histoire.
     
    C’est bien là qu’on voit les ravages de la perte des humanités dans l’éducation. Les gens se retrouvent dans des culs de sacs intellectuels.



  • vote
    ffi 8 décembre 2012 19:38

    Mettre l’homme en équation...
     
    Je crois avoir tenté, avant d’étudier les mathématiques du langage...
    Le langage mathématique est une réduction du langage parlé : il est basé sur des grammaires régulières. Ses capacités descriptives sont donc plus limitées que celle du langage humain.
     
    La conceptualisation par le langage revient donc à la philosophie. C’est elle qui contient les moyens d’établir les définitions préparatoires à toute mise en équation.
     
    Par exemple, il y a sur le site Lumen Christi, cette bonne définition de la tristesse :
     
    Saint Thomas d’Aquin définit la tristesse comme étant la douleur de l’âme. Cette douleur spirituelle, qui peut accompagner la douleur physique, s’en distingue quant à son mode de perception et quant à son objet. Elle se distingue d’abord de la douleur physique en ce qu’elle est saisie, non par les sens extérieurs, mais par l’imagination et la raison. Appréhendée par l’intelligence, elle consiste en une réaction douloureuse de la volonté vis-à-vis du mal, qui contrarie ce vers quoi elle tend comme vers son bien ; de sorte qu’elle réside proprement dans la volonté qui souffre d’être contrariée.

     
    Esprit saint ou esprit sain ?
    Ma foi, l’étymologie indique une proximité entre ces deux notions.



  • 1 vote
    ffi 8 décembre 2012 18:34

    Comme des hommes me semble plus pertinent...



  • 3 votes
    ffi 8 décembre 2012 18:18

    On ne peut considérer les hommes comme des marchandises...

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