Je ne suis pas chagriné du tout, je cherchais à expliquer pourquoi la science physique avait la forme actuelle, et pourquoi le calcul différentiel est adapté à ce cas (cf théorie des automates et langage régulier en théorie mathématique du langage).
Personnellement, il ne me gène pas de considérer une pierre comme quelque chose d’inerte, ça me semble plutôt raisonnable. La mécanique est bien fondée je trouve.
Ce qui me gène surtout, c’est de considérer les hommes comme des pierres en sciences humaines, ceci juste pour pouvoir utiliser les outils développés en sciences physiques. Il me semble que les hommes n’agissent jamais comme des automates : même s’ils sont en effet soumis aux lois physiques, leurs raison d’agir ne sont pas que des forces externes, mais aussi internes, puisque leur intellect génère en eux des buts à atteindre.
C’est d’ailleurs sur ce plan des buts que les acteurs économiques interviennent, puisqu’ils vont chercher à manipuler l’intellect de chacun pour que celui-ci aspire au but de posséder le produit qu’ils vendent.
Comme je l’ai lu plus haut (chez ffi je crois), il disait que les sciences physiques étudiaient l’inerte, mais rien n’est inerte...
Ce serait un long débat, mais toujours est-il qu’aujourd’hui, les objets de la physiques sont pensés inertes (principe d’inertie). Il faut quand-même garder une distinction entre ce qui est vivant de ce qui ne l’est pas.
Quand tu réfléchis sur qui est Dieu, tu réfléchis aussi sur qui tu es... Donc la réflexion sur Dieu, c’est la science de toi-même...
Il y une science des objets, choses inertes et passives... Mais il y a aussi une science des sujets, choses vivantes et actives...
La chose étudiée diffère, donc la forme de la science aussi. En particulier, il n’est pas possible de fonder un langage régulier pour le second cas : le langage régulier ne fonctionne que pour modéliser les automates. C’est pertinent pour les choses inertes et passives, mais pas pour les hommes
Cependant, il est possible de développer un savoir sur l’homme, ceci que des faits soient observables ou non.
Par exemple, je ne peux observer les sentiments d’autrui, mais je sais qu’il en a.
Donc une science de l’homme est possible. Mais il faut garder à l’esprit que l’étude ne porte pas sur une chose inerte comme en physique, donc qu’un calcul automatique tel le calcul différentiel ne fonctionnera pas absolument.
A la base de toute science humaine, il y une conception de l’homme. Or l’homme pour le matérialisme, le libéralisme ou le capitalisme, est vu comme un objet inerte (c’est un pion). Cette conception erronée à la base fait que ces théories, malgré leur aspect similaire aux sciences physiques du fait de l’emploi du même genre de concept de base, l’objet inerte, sont grossièrement fausses.
Evidemment qu’il faille prendre en compte la finalité, cet oubli est tragique dans l’époque moderne puisque l’homme a une finalité, contrairement aux objets inertes de la physiques : sa finalité c’est ce qu’il veut... - s’il n’est qu’égoïste, ce qu’il veut n’est que son désir. - s’il n’est qu’altruiste, ce qu’il veut n’est que son devoir.
La société est une collection d’hommes, donc une collection de finalités diverses. Or, les diverses finalités de cette collection peuvent être contradictoires. D’où certaines tensions sociales. C’est là la nécessité du politique : fédérer les diverses finalités et les harmoniser entre elles pour faire tenir la société ensemble (générer la concorde).
C’est le sens même du mot universel, qui est d’être unisvers. (D’où les universités d’été... qui sont des assemblées)
Sinon, bien-sûr que les sciences humaines sont des sciences : l’on peut connaître l’homme. Mais ce ne sont pas des sciences qui travaillent sur le même type d’objet que les sciences physiques...
Les objets de la physiques sont inertes, il réagissent de manière automatique à une situation donnée. Par conséquent, un langage régulier (au sens de la mathématique du langage), qui permet de générer des automates logiciels (comme en informatique), tel que le calcul différentiel suffit à décrire précisément leur devenir.
Mais, si l’homme a un corps et est donc sujet aux lois physiques, il a en plus un esprit qui l’anime et fait donc qu’il sait décider de ses fins en lui-même, par la raison. En cela l’homme n’est pas un automate.
Bref, les sciences humaines sont des vraies sciences. Mais elles travaillent sur un objet qui non seulement subit les lois physiques, donc est orienté par les causes externes, mais il a encore des causes interne (besoins, désirs) et encore plus, il a des fins rationnelles, pensées en relation avec sa collectivité politique (devoirs envers la famille, le voisinage, les collègues ...etc).
La sociologie moderne ni l’économie ne sait pas penser cela, puisqu’elles sont fascinées par le modèle de la science physique, qui a de belles réussites, il vrai.
Mais l’objet de l’étude n’est pas le même et donc ce modèle n’est pas transposable : l’homme n’est pas inerte, ce n’est pas une marchandise, ce n’est pas un pion.
Cette erreur magistrale vient de la connerie d’Auguste Comte.